Philippot : « Je ne sais pas ce qu’est ma ligne, je suis fidèle à Marine Le Pen »
Florian Philippot, vice-président du Front national, était ce matin l’invité de Territoires d’Infos, sur Public Sénat et Sud Radio. Dans son viseur le Président élu Emmanuel Macron, dont il redoute le quinquennat. Il compte sur le Front national « première force d’opposition » pour combattre sa politique après les législatives.

Philippot : « Je ne sais pas ce qu’est ma ligne, je suis fidèle à Marine Le Pen »

Florian Philippot, vice-président du Front national, était ce matin l’invité de Territoires d’Infos, sur Public Sénat et Sud Radio. Dans son viseur le Président élu Emmanuel Macron, dont il redoute le quinquennat. Il compte sur le Front national « première force d’opposition » pour combattre sa politique après les législatives.
Public Sénat

Par Alice Bardo

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Au lendemain du second tour de la présidentielle, Florian Philippot et sa « ligne » ont été tenus responsables par certains de la défaite de la candidate FN, dont Marion Maréchal Le Pen. Le vice-président du Front national se défend : « Je ne sais pas ce que c’est que ma ligne. Je suis fidèle à Marine Le Pen. » Il écarte « tout scénario » qui viserait à la remplacer et refuse de se projeter en 2022. Son combat pour l’instant, c’est « le nouveau Président ».

« Macron est la créature de la planète finance »

Philippot : « Macron est la créature de la planète finance »
00:34

« Emmanuel Macron est un homme totalement soumis. Il est dans les mains d’un système, c’est la créature de la planète finance. » Déjà lorsqu’il était candidat, le Président élu était accusé par le Front national d’être la marionnette des banques, soutenue par les médias. Une attaque que formule d’ailleurs Florian Philippot: « Nous avions parfois face à nous non plus des journaux mais des tracts. » Accusé d’avoir relayé un faux texto pour tenir responsables les militants d’En Marche de la visite chahutée de Marine Le Pen à Reims, il botte en touche et s’en prend une fois encore aux médias : « Un faux texto fait le débat journalistique français! ». Il fustige un « système coalisé qui défendait des intérêts qui ne sont pas ceux de la France ».  

Une France qu’Emmanuel Macron n’aime pas d’après les frontistes : « Il a toujours fait passer l’Union européenne avant », estime Florian Philippot. Le vice-président du FN rappelle que le soir de son élection, celui-ci s’est avancé vers l’esplanade du Louvre sur l’hymne européen, « avant La Marseillaise ».

Le FN, « nouvelle force politique »

Pour éviter que la France soit « dépecée, jusque dans son âme », il compte sur la « nouvelle force politique » que sera le Front national après sa refondation, et confirme au passage le changement de nom à venir du parti. Un parti rénové dont il espère qu’il enverra « le maximum » de députés à l’Assemblée nationale en juin prochain.

Afin que les idées portées par le FN soient représentées au Palais Bourbon, des discussions avec Debout la France sont en cours. Une alliance avait déjà été conclue pour le second tour de la présidentielle. Nicolas Dupont-Aignan semble d’ailleurs avoir  perdu au change puisqu’Emmanuel Macron avoisine les 70% de voix dans sa ville de Yerres. « Je ne crois pas du tout que NDA soit en difficulté à Yerres, ce n’est pas un désaveu », tente Florian Philippot.

Philippot : « Je ne crois pas du tout que NDA soit en difficulté à Yerres, ce n’est pas un désaveu »
01:22

« Les LR ne sont pas une force d’opposition digne de ce nom »

Le vice-président du FN confie ne pas croire à une cohabitation. Les Républicains sont le parti qui a le plus de chance d’obtenir une majorité – et donc de cohabiter avec La République En Marche - mais le frontiste estime qu’il ne s’agit pas d’une « force d’opposition digne de ce nom » dans la mesure où « Les LR se sont ralliés à M. Macron à 20h03 le soir du tour du premier tour de la présidentielle ».

Quant à la majorité présidentielle, il considère qu’elle représente tout sauf le renouveau politique : « Vous allez y voir des gens qui ont été sortis par la porte et qui vont revenir par la fenêtre. » Il cite Ségolène Royal, François Bayrou, mais aussi Manuel Valls, qui annoncé ce matin qu’il se portait candidat pour les législatives sous l’étiquette de La République En Marche, s’il est investi.

Philippot : "Je ne crois pas qu'il y aura une cohabitation"
00:36

Le Président élu envisage une réforme pour instaurer « une dose de proportionnelle » à l’Assemblée nationale dès la première année de son mandat.  Une mesure qui pourrait permettre aux partis comme le Front national d’obtenir plus de sièges dans l’hémicycle ». Mais pour Florian Philippot cette réforme « serait probablement des miettes ». « On veut la proportionnelle intégrale avec une prime majoritaire », ajoute t-il.

Partager cet article

Dans la même thématique

Philippe TABAROT visite du technicentre SNCF
6min

Politique

Sénatoriales : candidat dans les Bouches-du-Rhône, Renaud Muselier entend faire une liste commune avec LR

Le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, parti chez Renaissance en 2022, a annoncé par surprise sa candidature aux sénatoriales de septembre prochain, entendant jouer un rôle au plan national, pour la présidentielle. Il veut mener une liste d’union avec la droite. Du côté de la sénatrice LR sortante, Valérie Boyer, on confirme que les discussions sont engagées.

Le

Hungary US Vance
7min

Politique

Elections en Hongrie : « Orban est comblement bousculé dans cette campagne »

Dimanche, les élections législatives en Hongrie s’annoncent à haut risque pour Viktor Orban. Le Premier ministre nationaliste, proche du Kremlin, est distancé dans les sondages par son principal opposant, Péter Magyar. L’eurodéputé a choisi de mener une campagne de terrain sur des thèmes de politique intérieure, en mettant en exergue les dérives du régime en place depuis 16 ans.

Le

illustration: petite Mairie et son drapeau francais.
3min

Politique

Une tribune signée Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christine Taubira appelle les femmes à « prendre le pouvoir » dans les intercommunalités

Avec seulement 12 % de femmes à la tête d’une intercommunalité, ces dernières restent exclues de ces postes clefs, en dépit de la parité. Une tribune, signée par Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christiane Taubira, dénonce la situation et appelle à changer la donne.

Le

L’Assemblée nationale valide la suspension de la réforme des retraites
4min

Politique

Travail le 1er mai : après son rejet à l’Assemblée, le texte file en commission mixte paritaire où députés et sénateurs devront s’accorder

Les députes macronistes ont fait rejeter vendredi à l’Assemblée une proposition de loi sénatoriale qu’ils soutenaient visant à autoriser les salariés des boulangeries et fleuristes à travailler le 1er mai. Une manière de s’éviter des débats tendus face à une gauche vent debout contre la mesure. Les députés de la majorité espèrent s’accorder avec les sénateurs en commission mixte paritaire dans les prochains jours.

Le