Philippot transforme son association « Les Patriotes » en parti
Florian Philippot, ancien vice-président du FN, qui a quitté le parti sur fond de désaccord avec Marine Le Pen au sujet de son...

Philippot transforme son association « Les Patriotes » en parti

Florian Philippot, ancien vice-président du FN, qui a quitté le parti sur fond de désaccord avec Marine Le Pen au sujet de son...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Florian Philippot, ancien vice-président du FN, qui a quitté le parti sur fond de désaccord avec Marine Le Pen au sujet de son association Les Patriotes, a annoncé vendredi que celle-ci devenait "une formation politique".

"C'est une formation politique maintenant Les Patriotes", a déclaré l'ancien numéro 2 du FN sur LCI. "Juridiquement un parti, mais ça n'est pas un parti parce que nous ne voulons pas justement faire comme les partis traditionnels, très hiérarchiques, où tout part d'en haut", a-t-il précisé.

"Il faut que cette formation politique soit un point de ralliement des Patriotes. On met la France avant tout, on n'est pas sectaires donc les Patriotes pourront également adhérer à un parti politique ou à un syndicat à côté, ça ne posera aucun problème", a-t-il également assuré.

Le secrétaire général du FN Nicolas Bay a envoyé vendredi après-midi un courriel interne consulté par l'AFP pour rappeler aux membres du FN qu'adhérer aux "Patriotes" leur vaudrait "radiation immédiate".

L'annonce intervient un peu plus d'une semaine après le départ du Front national de M. Philippot, en conflit avec plusieurs cadres du parti, dont Marine Le Pen, pour avoir refusé de quitter la présidence de son association "Les Patriotes".

"J'ai toujours dit: +Je poursuis mon engagement politique+", a-t-il rappelé, réfutant l'idée d'avoir eu en tête la création de ce nouveau mouvement politique bien en amont: "Il y a encore huit jours je n'aurais pas imaginé cela", a-t-il plaidé.

Il a également expliqué vouloir réunir "les meilleurs de droite et de gauche (...) pour arriver au pouvoir".

Interrogé sur son départ du FN, il a jugé son ancien parti "en perte de repères, (et) en perte de compétence d'ailleurs aussi aujourd'hui", mais a assuré ne pas être "là pour accabler Marine Le Pen".

"Beaucoup de Français pensent qu'on n'y arrivera pas avec cet outil-là, et qu'il faut quelque chose de plus moderne, et de plus large", a-t-il ajouté.

M. Philippot revendique 3.000 adhérents pour son mouvement, créé mi-mai, peu après la défaite de Marine Le Pen au second tour de la présidentielle.

Rencontré par l'AFP et interrogé sur la véracité de ce chiffre, M. Philippot a fait défiler l'écran de son smartphone pour montrer des adhésions via Internet par dizaines lors des derniers jours.

Il y aura, a-t-il annoncé, "un événement fondateur au 1er trimestre 2018" afin de préciser "les statuts, l'organisation".

M. Philippot compte organiser un prochain "tour de France" à raison d'au moins un rendez-vous hebdomadaire pour s'appuyer sur les "initiatives locales (pour) renouveler et faire gagner le patriotisme français".

Le président des Patriotes veut avec son parti "organiser des colloques, des événements de terrain, faire venir des personnalités, des experts".

"Je suis réaliste et lucide, c'est une nouvelle aventure, je n'en sous-estime pas les difficultés", a-t-il aussi reconnu à l'AFP.

"L’enjeu, ce n'est pas d’additionner les boutiques", a réagi Nicolas Dupont-Aignan sur Radio Classique. "Si ça permet à certains de se retrouver, c'est leur choix, moi je n’ai qu'un objectif (...) c'est de parler aux Français", a ajouté le président de Debout la France, qui veut bâtir un "programme commun" des "amoureux de la France".

Partager cet article

Dans la même thématique

Sammy Baloji, Clémentine Samba Mushidi, Kasaji, province du Lualaba, 2018 – Avec l’aimable autorisation de l’artiste et de la galerie Imane Farès, Paris
4min

Politique

« Les festivals de l’été » : Aux rencontres photographiques d’Arles « Nous apportons le doute sur ce qu’on voit » revendique son directeur 

C’est le rendez-vous estival des amateurs de photographie. Pour leur 57ème édition, les Rencontres de la photographie d'Arles mettent à l’honneur le travail de photographes africains. Des nouveaux regards sur un continent central et une invitation renouvelée à une compréhension complexe de la réalité du monde, loin des images et des vérités assénées par les médias sociaux, comme le revendique son directeur Christoph Wiesner.

Le

Philippot transforme son association « Les Patriotes » en parti
4min

Politique

« Dans le monde politique et de l’entreprise, le pouvoir dénature les gens », observe Elisabeth Moreno

Si devenir ministre lui a permis de faire avancer la cause des femmes, elle a aussi, pendant deux ans, découvert l’envers du monde politique. Entre « carriérisme », environnement masculin et manque de soutien pour faire avancer le féminisme, Elisabeth Moreno revient sur ses combats, son expérience gouvernementale et les travers du pouvoir au micro de Rebecca Fitoussi, dans l’émission Un monde, un regard.

Le

Heat Wave in the North
5min

Politique

La justice ordonne le démantèlement de « mégabassines » en Charente-Maritime : les agriculteurs condamnés invoquent la loi d’urgence agricole et font appel

Neuf agriculteurs ont été condamnés par la justice, jeudi 23 juillet, à démanteler quatre retenues d’eau qu’ils utilisent illégalement depuis dix-sept ans. Ils ont annoncé faire appel et se fondent sur le prétendu « décalage » entre cette décision et la loi d’urgence agricole tout juste adoptée, très favorable au développement de ces « bassines ».

Le

PARIS, Conseil constitutionnel, Constitutional Council, Palais Royal
7min

Politique

Le Conseil constitutionnel est-il devenu un arbitre sursollicité ?

Longtemps perçu comme le gardien discret de la Constitution, le Conseil constitutionnel s’impose aujourd’hui comme l’un des acteurs incontournables de la vie politique. Jamais autant saisi sur les lois votées par le Parlement depuis une quinzaine d’années, il est devenu le passage obligé des textes les plus sensibles. Loin d'un dysfonctionnement, cette hyper-activité traduit les nouvelles dynamiques du pouvoir sous l'ère de la « majorité relative ».

Le