Pitié-Salpêtrière : les sénateurs PS veulent auditionner Castaner, Eliane Assassi demande sa démission

Pitié-Salpêtrière : les sénateurs PS veulent auditionner Castaner, Eliane Assassi demande sa démission

Après les événements du 1er mai à La Pitié-Salpêtrière, le président du groupe PS du Sénat, Patrick Kanner, demande l’audition de Christophe Castaner. La présidente du groupe communiste, Eliane Assassi, demande aussi une commission d’enquête et en appelle même à la démission du ministre de l’Intérieur.
Public Sénat

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Mis à jour le

Les sénateurs n’ont jamais autant mis en pratique leur fonction de contrôle. Après les événements de La Pitié-Salpêtrière, plusieurs membres de la Haute assemblée demandent des comptes à Christophe Castaner. Le ministre de l’Intérieur est mis en cause pour la précipitation avec laquelle il a qualifié d’attaque l’entrée sur le site de l’hôpital de manifestants, lors du 1er mai. Après cet emballement politico-médiatique, il s’avérerait que les manifestants auraient en réalité cherché à se réfugier dans l’enceinte de La Pitié-Salpêtrière, face à la charge des forces de l’ordre.

Ce vendredi matin, le ministre de l’Intérieur a commencé à faire son mea culpa. Il affirme qu’il « n’aurait pas dû employer » le terme d’attaque. Mais il ajoute aussitôt qu’« entrer de force dans un hôpital, (…) est un acte inadmissible et un acte très grave ». Il renvoie « à l’enquête pour déterminer précisément les faits et responsabilités ».

« Après l’affaire Benalla il y a un an, maintenant nous avons l’affaire Castaner »

Une partie des sénateurs pensent surtout à la responsabilité du ministre de l’Intérieur. Le président du groupe PS, Patrick Kanner, demande l’audition de Christophe Castaner devant la commission des lois. Après l’affaire Benalla et les violences dans le cadre de la manifestation des gilets jaunes, ce ne serait que la cinquième…

Pitié-Salpêtrière : le président du groupe PS du Sénat, Patrick Kanner, demande l’audition de Christophe Castaner
02:17

« Christophe Castaner est censé être l’homme le mieux informé de France. A-t-il donné de bonnes informations aux Français ? C’est la question qu’on se pose légitimement » soutient Patrick Kanner, interrogé avant les déclarations du ministre ce matin. Selon le sénateur du Nord, « il serait rassurant pour le bon fonctionnement de la République que Christophe Castaner puisse venir devant la commission des lois. J’ai donc écrit il y a quelques minutes à Philippe Bas (président LR de la commission des lois, ndlr) pour lui demander son audition dans les meilleurs délais » (voir la vidéo, images de Samia Dechir). Patrick Kanner ajoute : « Le rôle du ministre de l’intérieur, c’est de prendre son temps avant de s’exprimer. Il y a une forme de mise en scène. (…) Après l’affaire Benalla il y a un an, maintenant nous avons l’affaire Castaner ».

« Il faut que le premier ministre et le Président démettent Christophe Castaner de ses fonctions »

La présidente du groupe CRCE (à majorité communiste), Eliane Assassi, va plus loin. Elle demande carrément l’ouverture d’une commission d’enquête mais aussi la démission du ministre de l’Intérieur. « De façon urgente, je demande que Monsieur Castaner soit auditionné par la commission des lois du Sénat et de l’Assemblée nationale et j’en appelle à la création d’une commission d’enquête afin que toute la lumière soit faite sur ce qui s’est réellement passé le 1er mai dans le cortège des syndicats et à La Pitié Salpêtrière » affirme à publicsenat.fr Eliane Assassi, présidente du groupe CRCE. La sénatrice de Seine-Saint-Denis ajoute : « La crédibilité de Christophe Castaner est posée. Ces derniers mois, il y a eu plusieurs événements. Lors de toutes les manifestations des gilets jaunes, il a misé sur des tensions à chaque fois pour mettre en difficulté ce mouvement, en s’appuyant sur les violences, que je condamne fermement. Mais on voit qu’il s’engage dans des processus de mise en tension, de peur et il en arrive à avoir des propos qui se révèlent non avérés. On a quand même un problème avec ce ministre de l’Intérieur. Sa crédibilité est entachée ».

Appelle-t-elle à sa démission ? La présidente du groupe communiste est claire :

« Tout ce qui se dit sur les faits de La Pitié Salpêtrière ne sont pas ceux portés par Christophe Castaner. Alors oui, à un moment donné, il faut que le premier ministre et le président de la République prennent leur responsabilité et démettent Christophe Castaner de ses fonctions. En soi, je ne crie pas à la démission comme ça. Donc si je crie à la démission, c’est pour de réelles raisons ».

De son côté, le président du groupe PS se limite pour le moment à une demande d’audition. Mais il ne voit pas la demande de son homologue du groupe communiste d’un mauvais œil… « Pour l’instant nous voulons d’abord et avant tout entendre le patron des policiers. Et peut-être que dans la foulée, il y aura la nécessité d’une commission d’enquête. Nos démarches ne sont pas incompatibles, elles sont complémentaires » pour Patrick Kanner.

Reste à voir ce que fera la droite sénatoriale. Le président du groupe LR, Bruno Retailleau, qui demandait hier à Christophe Castaner de « cesser de mettre de l’huile sur le feu », souhaitant le voir « s’expliquer », a pris aujourd’hui « acte de son mea culpa ». Quant à la commission des lois, elle pourrait ne pas suivre la demande du PS et du PCF, préférant convoquer un ministre seulement pour des événements d’une plus grande ampleur, comme après les violences du 16 mars dernier. La droite sénatoriale compte plutôt interroger le ministre lors de la prochaine séance de questions d’actualité au gouvernement, mardi prochain.

Dans la même thématique

Migration Europe
6min

Politique

Pacte européen asile et migration : qu'ont voté les eurodéputés français ?

Soutenu par les sociaux-démocrates et la droite européenne, le pacte asile et migration a été adopté au Parlement européen. Mais, contrairement à leurs collègues des autres États membres, Raphaël Glucksmann et François-Xavier Bellamy – têtes de liste socialiste et Les Républicains – se sont opposés au texte.

Le

Paris: weekly session of questions to the government at the Senate
3min

Politique

RIP sur l’immigration : pour Bruno Retailleau, le Conseil constitutionnel « outrepasse son rôle »

Les Républicains s’en prennent une nouvelle fois au Conseil constitutionnel après avoir vu leur proposition de référendum d’initiative partagée (RIP) sur l’immigration invalidée par les Sages. « Un nouveau tournant » pour le patron de la droite sénatoriale qui avait déjà eu des mots assez durs à l’égard de la plus haute juridiction lors de la large censure de la loi immigration.

Le

Paris: The political party LR Les Republicains organized an economic evening
4min

Politique

RIP sur l’immigration : le Conseil constitutionnel rejette la demande des LR

Les Républicains avaient recueilli le nombre de signatures de parlementaires nécessaires pour lancer un référendum d’initiative partagée sur l’immigration. Leur proposition de loi référendaire visant à conditionner certaines prestations sociales aux étrangers en situation régulière a été jugée non conforme à la Constitution par le Conseil Constitutionnel.

Le