Places de prison : le Sénat vote une promesse de Macron contre l’avis du gouvernement
Le candidat Emmanuel Macron promettait la construction de 15 000 places de prison d’ici 2022. Lors de l’examen du projet de loi sur la réforme de la Justice, les sénateurs ont rappelé cette promesse à Nicole Belloubet en adoptant un amendement en ce sens. Ils ont également voté un budget sensiblement à la hausse.

Places de prison : le Sénat vote une promesse de Macron contre l’avis du gouvernement

Le candidat Emmanuel Macron promettait la construction de 15 000 places de prison d’ici 2022. Lors de l’examen du projet de loi sur la réforme de la Justice, les sénateurs ont rappelé cette promesse à Nicole Belloubet en adoptant un amendement en ce sens. Ils ont également voté un budget sensiblement à la hausse.
Public Sénat

Temps de lecture :

1 min

Publié le

Mis à jour le

Le début de l’examen du projet de loi de programmation et de réforme de la justice porte sur la question des moyens. Et comme nous l’expliquions dans un article précédent, le Sénat avait adopté dans le cadre d’une proposition de loi l’année dernière, « une trajectoire bien plus ambitieuse » en termes « d’augmentation des crédits ». Sur la période 2018-2022, le gouvernement veut faire passer le budget de la justice de 7 milliards à 8,3 milliards, hors dépenses de pensions. Pas assez pour les sénateurs qui ont voté un budget de 8,99 milliards en 2022. L’un des rapporteurs de la commission des lois, Yves Détraigne (UC) a également observé que l’année 2018 étant déjà bien engagée : « voter une programmation pour 2018 est par conséquent inutile ».

« La trajectoire que vous proposez ne me semble pas réaliste puisqu’elle propose entre autres la création et la livraison de 15 000 places de prison d’ici 2022. C’est irréaliste » a objecté Nicole Belloubet qui a indiqué que le texte du gouvernement n’en prévoit que 7 000 d’ici 2022, les 8 000 autres restants en cours de construction.

Budget justice: « La trajectoire que vous proposez ne me semble pas réaliste" affirme Belloubet aux sénateurs
00:32

Le sénateur LR, François Bonhomme a alors sorti de sa poche le programme du candidat de La République En Marche, Emmanuel Macron. « Et je vous confirme bien qu’il y a écrit noir sur blanc : nous construirons 15 000 places de prison. Et non, nous lancerons 15 000 nouvelles places de prison ».

La ministre de la Justice lui a répondu en se livrant à un exercice délicat de sémantique. « Effectivement, le candidat Macron a écrit : nous construirons 15 000 places. Mais, M. le sénateur vous savez bien que l’action de construire consiste à assembler différents éléments. Et donc on peut en être à différents stades de l’assemblage en 2022 (...) Et il n’est pas écrit dans le programme présidentiel : 15 000 places seront livrés ».

Places de prison: 'il n’est pas écrit dans le programme présidentiel : 15 000 places seront livrés » indique Belloubet
00:56

 

Le Sénat a donc adopté son contre budget en amendant sensiblement l'article 1 du projet de loi. Par exemple, en ce qui concerne les emplois, la Haute assemblée a voté la création de 12 629 sur la période 2019-2022, le gouvernement n’en propose que 6 500.

Partager cet article

Dans la même thématique

NANTES:Franco-German summit in Nantes
8min

Politique

« Une épouvantable tragédie » : le tandem Chirac-Jospin face au 11 septembre 2001

Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.

Le

FRA – AN – ASSEMBLEE – COMMISSION AUDITION AURORE BERGE
6min

Politique

« Grand remplacement » : une théorie « raciste », rappellent les historiens à Aurore Bergé

La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a suscité la polémique au sein même de son propre camp, en refusant de qualifier de « raciste » la théorie du grand remplacement conceptualisée par l'essayiste d'extrême droite Renaud Camus. La ministre a néanmoins qualifié la théorie de « mensongère », a affirmé qu'elle entendait la combattre, et estimé que le débat sur ce sujet « faisait partie de la liberté d'expression ». Une position intenable pour l'historien de la colonisation Nicolas Bancel, qui rappelle que « la composante raciale » est au cœur de cette théorie.

Le

Paris : Présidentielle 2027 Bruno Retailleau
2min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : « Coup de poignard », rien ne va plus entre Bruno Retailleau et ses alliés centristes

En choisissant de soutenir Valérie Boyer (LR), candidate à sa réélection dans les Bouches-du-Rhône, le président des Républicains, Bruno Retailleau, s'est attiré les foudres de ses alliés centristes au Sénat qui lui rappellent que la sénatrice Brigitte Devésa conduit une liste d'union de la droite et du centre dans le département. Le choix de Bruno Retailleau est qualifié de « coup de poignard » par le compte X des sénateurs centristes.

Le

Le Sénat
16min

Politique

Recul des LR, arrivée d’un groupe RN et la gauche qui veut limiter la casse : les enjeux des sénatoriales

Le Sénat ne devrait pas connaître de grand bouleversement après les élections sénatoriales du 27 septembre, avec le maintien d’une majorité de droite et du centre pour Gérard Larcher, où le groupe Union centriste pourrait cependant voir son poids renforcé. Mais les sénateurs se préparent à une petite révolution : l’arrivée possible du premier groupe RN. A gauche, PS et Écologistes espèrent limiter la casse par des accords « gagnant-gagnant ».

Le