Plaintes et polémique après la blessure d’une manifestante samedi à Nice
Des plaintes visant la police et le préfet des Alpes-Maritimes ont été déposées lundi après la blessure d'une altermondialiste de...

Plaintes et polémique après la blessure d’une manifestante samedi à Nice

Des plaintes visant la police et le préfet des Alpes-Maritimes ont été déposées lundi après la blessure d'une altermondialiste de...
Public Sénat

Par Vincent-Xavier MORVAN, Claudine RENAUD

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Des plaintes visant la police et le préfet des Alpes-Maritimes ont été déposées lundi après la blessure d'une altermondialiste de 73 ans, qui a violemment chuté samedi à Nice lors d'une charge des forces de l'ordre alors qu'elle manifestait dans un périmètre interdit.

La manifestante, Geneviève Legay, "n'a pas été touchée par les forces de sécurité", a assuré en fin d'après-midi le procureur de la République de Nice, Jean-Michel Prêtre, rendant compte des premiers éléments de l'enquête ouverte dès samedi. Il a également indiqué que Mme Legay avait assuré aux enquêteurs ignorer que la manifestation était interdite sur la place.

Deux jours après les faits, le président de la République a quant à lui suscité la polémique en souhaitant à la septuagénaire un "prompt rétablissement, et peut-être une forme de sagesse": "Quand on est fragile, qu'on peut se faire bousculer, on ne se rend pas dans des lieux qui sont définis comme interdits et on ne se met pas dans des situations comme celle-ci", a estimé Emmanuel Macron dans Nice-Matin.

Il a aussi jugé que la définition de périmètres d'interdiction, "nécessaire", avait "été mise en oeuvre avec professionnalisme et mesure à Nice", ce que conteste l'avocat de la blessée, Me Arié Alimi. Selon ce dernier, "qu'il y ait une interdiction de manifester, que la manifestation soit faite sans déclaration, cela importe peu: du point de vue du droit, la question est de savoir si la charge des forces de l'ordre était proportionnée ou pas".

M. Alimi a porté plainte pour "violence en réunion avec arme par personnes dépositaire de l'autorité publique contre personne vulnérable, une plainte qui vise aussi le préfet en sa qualité de donneur d'ordres". Il a par ailleurs accusé les policiers d'avoir tenté de faire dire à Geneviève Legay, toujours hospitalisée, "qu'elle aurait été poussée par un caméraman".

- "Son état s'améliore" -

Pour le procureur de Nice, "il y avait derrière elle trois personnes, un journaliste qui filmait, une autre manifestante et une personne à la casquette marron". "On ne voit pas qui la pousse", mais "elle n'a pas été touchée par les forces de sécurité", a-t-il assuré. De son côté le préfet des Alpes-Maritimes Georges-François Leclerc a affirmé dans un communiqué son soutien aux forces de l'ordre.

Mme Legay, une porte-parole de l'association Attac dans les Alpes-Maritimes, a été grièvement blessée à la tête lors de la dispersion d'une manifestation de "gilets jaunes" place Garibaldi, dans un périmètre interdit à toute manifestation.

"Son état s'améliore, on a pu avoir une conversation normale avec elle aujourd'hui", a déclaré à l'AFP une de ses filles, Delphine, lors d'une manifestation de soutien qui a rassemblé environ 500 personnes lundi en début de soirée place Garibaldi. "Les médecins ne se prononcent pas encore sur sa date de sortie, elle a encore des problèmes d'équilibre dus à son traumatisme crânien", a-t-elle ajouté.

En fin de semaine dernière, le maire LR de Nice Christian Estrosi avait interpellé le Premier ministre Edouard Philippe et le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner pour faire interdire toute manifestation dans sa ville au cours du week-end, après un appel national des "gilets jaunes" à s'y rendre et en prévision de la venue du président chinois Xi Jinping.

"Ça suffit de taper sur la police! Il y avait une interdiction de manifester. Je souhaite un prompt rétablissement à cette dame qui (...) aurait pu parfaitement manifester à 14H00 là où c'était autorisé", a-t-il réagi lundi. L'élu avait obtenu des renforts de police assurant une impressionnante supériorité numérique aux forces de l'ordre. Les manifestants étaient une cinquantaine samedi matin place Garibaldi avant que les policiers ne décident de les disperser.

"On ne critique pas quelqu'un qui est sur un lit d'hôpital", a contesté Me Alimi, pour qui le président de la République a eu des propos "grossiers et indélicats".

La réaction du chef de l'Etat a également suscité des critiques virulentes dans le monde politique, la France insoumise, le Parti communiste et le Rassemblement national dénonçant notamment son supposé "mépris".

Partager cet article

Dans la même thématique

« On est déjà dans le vide, sans parachute » : la grande inquiétude de la majorité sénatoriale sur le budget 2027
7min

Politique

« On est déjà dans le vide, sans parachute » : la grande inquiétude de la majorité sénatoriale sur le budget 2027

Les groupes engagés dans l’ancien socle commun attendent que le gouvernement sorte du bois, s’agissant des pistes pour les prochains textes budgétaires. Cette année, ils n’ont pas adressé de propositions précises au gouvernement mais des grandes orientations, laissant à Matignon le point de départ des discussions. Alors que l’équation budgétaire se complique avec le ralentissement de la croissance, les rapporteurs généraux craignent le pire dans les prochains mois.

Le

Illustration in India.
2min

Politique

Cabinet de conseils : le parquet national financier annonce une saisie de 65 millions d’euros dans l’enquête pour fraude fiscale autour de McKinsey

Le parquet national financier a annoncé vendredi la saisie, avec la justice belge, d’une somme de 65 millions d’euros dans le cadre de l’enquête pour blanchiment aggravé de fraude fiscale autour du cabinet de conseil McKinsey. L’enquête avait été ouverte en mars 2022 dans le prolongement de la commission d’enquête du Sénat sur l’influence des cabinets de conseil privés sur les politiques publiques depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron en 2017.

Le

FRA – GARCHES – HOPITAL RAYMOND-POINCARRE – PMR
6min

Politique

Fauteuils roulants, prestations sociales, école inclusive, accessibilité : quel est le bilan d’Emmanuel Macron en matière de handicap ?

Après deux quinquennats, la situation pour les personnes handicapées est mitigée. Des progrès sont là, avec le remboursement des fauteuils roulants, une hausse des aides sociales ou une présence accrue des élèves en situation de handicap à l’école. Mais les difficultés d’emploi, le manque de places dans le secteur médico-social ou des problèmes d’accessibilité rendent encore la vie des personnes handicapées difficile.

Le

Drought severely weakens maize crops. A lack of rainfall and high temperatures cause water stress, which can slow plant growth and reduce yields. Faced with these weather conditions, farmers must adapt their practices and optimize water use to safeguard th
7min

Politique

Plan d'aide d'1 milliard pour les agriculteurs : « Le gouvernement doit sortir de la perpétuelle urgence », demande Guillaume Gontard

Après un été de canicules, d'incendies et de sécheresse exceptionnels, le gouvernement a annoncé vendredi plus d'1 milliard d'euros d'aides d'urgence pour soutenir une agriculture française durement éprouvée. Insuffisant pour les syndicats qui réclament au moins le double. Le président du groupe écologiste du Sénat, Guillaume Gontard, demande au gouvernement une réponse structurelle à une crise systémique qui passe par une réduction des émissions et l'adaptation au climat.

Le