Plan automobile : Emmanuel Macron veut faire de la France le « premier producteur de véhicules propres d’Europe »
Prime électrique, prime à la conversion, fonds d’investissement… En consacrant 8 milliards d’euros au secteur automobile en crise, Emmanuel Macron veut faire de la France le premier producteur de véhicules propres en Europe.

Plan automobile : Emmanuel Macron veut faire de la France le « premier producteur de véhicules propres d’Europe »

Prime électrique, prime à la conversion, fonds d’investissement… En consacrant 8 milliards d’euros au secteur automobile en crise, Emmanuel Macron veut faire de la France le premier producteur de véhicules propres en Europe.
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Avec 900 000 emplois directs et indirects, le secteur automobile a été frappé de plein fouet par la crise du coronavirus. « Le secteur a connu une baisse d’activité, en moyenne, de plus de 80%. C’est sans précédent, hors temps de guerre » a rappelé Emmanuel Macron, mardi après-midi, depuis le site de production de l’équipementier automobile, Valeo à Etaples dans les Hauts-de-France.

Le site de Valeo, une usine qui fabrique des moteurs hybrides, n’a pas été choisi au hasard par le chef de l’État pour présenter son plan de soutien à l’industrie automobile de 8 milliards d’euros tourné vers la transition écologique et technologique.

Les élus vexés de ne pas avoir été invités

Sur la forme, ce déplacement a, toutefois, été l’objet de critiques de la part des élus locaux. « Le Président de la République vient d’annoncer aujourd’hui un plan de soutien massif au secteur automobile. Il a choisi de le faire depuis les Hauts-de-France, mais il n’a pas jugé utile d’inviter le Président de la Région Xavier Bertrand, alors que l’industrie automobile y est un sujet stratégique » regrette, dans un communiqué, l’Association des Régions de France qui évoque « un manquement aux règles républicaines ». « C’est à 5 km de chez moi et j’ai appris par mail, que pour des raisons sanitaires, je n’étais pas convié » appuie le sénateur LR du Pas-de-Calais, Jean-François Rapin.

« Mesures exceptionnelles » de soutien à la demande

Après avoir « préservé » les salariés de la filière, par les mesures de chômage partiel, par exemple, (1 500 sites pour 250 000 salariés), Emmanuel Macron entend « transformer » le secteur par des mesures de soutien à la demande. En effet, depuis le début du confinement, « plus de 400 000 véhicules qui auraient dû être vendus et qui ne l’ont pas été sur le marché français » a souligné le chef de l’État. Pour écouler ces stocks, le chef de l’État a annoncé « des mesures exceptionnelles » comme le renforcement de la prime électrique : 7 000 euros pour l'achat d'un véhicule électrique, 5 000 pour les entreprises et les collectivités, 2 000 euros pour les véhicules hybrides rechargeables. En ce qui concerne la prime à la conversion, 3 000 euros à l'achat d'une voiture hybride neuve ou d'occasion, 5 000 euros pour une électrique, à partir du 1er juin et dans la limite de 200 000 véhicules. L’objectif des 100 000 bornes électriques initialement prévues en 2022 est avancé d’un an.

Les constructeurs s’engagent à relocaliser leur production « à valeur ajoutée »

« L’après, dans l’industrie automobile, c’est le monde de la motorisation électrique (…) et les véhicules autonomes » a-t-il mis en avant d’annoncer « un objectif mobilisateur : faire de la France, la première nation de véhicules propres en Europe. En portant à plus d’un million sur cinq ans, la production de véhicules électriques, hybrides rechargeables ou hybrides ». Pour ce faire, Emmanuel Macron a notamment indiqué la mise en place d’un fonds d’investissement de 600 millions d’euros (dont 200 millions abondés par PSA et Renault) et 200 millions d’euros de subventions pour aider les équipementiers. En contrepartie de ce plan de 8 milliards, les constructeurs français s’engagent à relocaliser leur production « à valeur ajoutée », et « à consolider et maintenir la totalité de la production industrielle ». À ce sujet, l’annonce faite par PSA de localiser à Sochaux la production de la 3008 électrique, a été saluée par Emmanuel Macron. « C’est une bonne nouvelle » se félicite également le sénateur PS du Doubs, Martial Bourquin. «Ça assure la pérennité du site sur plus de 10 ans. Mais il faut que les constructeurs français produisent également les petits véhicules chez nous. Ce n’est pas une question de productivité, Toyota fabrique la Yaris en France et fait des bénéfices. Renault ne produit que 11% de ses véhicules sur le territoire national » rappelle-t-il.

Le prêt de Renault toujours sous conditions

La marque au losange a également été citée par Emmanuel Macron. Son prêt garanti par l’État de 5 milliards est encore conditionné à des garanties sur l’emploi « de l’ensemble des salariés et des sous-traitants » des sites de Maubeuge et de Douai. Le constructeur a déjà pris l’engagement de quadrupler sa production de véhicules électriques en France d’ici 2024 pour atteindre 240 000 véhicules. Son nouveau moteur électrique ne sera finalement pas produit en Asie mais à Cléon en Seine-Maritime. Enfin, Renault a finalement décidé de rejoindre le projet franco-allemand de production de batteries électriques. Le site de Douvrin, dans les Hauts-de-France est régulièrement cité pour l’accueillir. « Nous sommes également candidats » rappelle la sénatrice LR des Yvelines et présidente de la commission des affaires économiques, Sophie Primas qui ne veut pas voir la France abandonner « sa vocation industrielle. Ça passera par la production de batteries dernière génération c'est-à-dire recyclables et par la préservation des usines d’assemblages ».

« Il s’agit d’un plan de souveraineté industrielle automobile qui a vocation à relocaliser de la valeur ajoutée et à nous battre pour que les secteurs d’avenir se fassent en France » lui a indirectement répondu Emmanuel Macron.

 

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