Plan fonctionnaires : « Le libéralisme dans toute son idéologie », estime Marie-Noëlle Lienemann
Les invités de l’émission « On va plus loin » débattent du plan de départs volontaires de 120 000 fonctionnaires, annoncé jeudi dernier par le Premier ministre Edouard Philippe et le ministre de l’Action et des comptes publics, Gérald Darmanin.

Plan fonctionnaires : « Le libéralisme dans toute son idéologie », estime Marie-Noëlle Lienemann

Les invités de l’émission « On va plus loin » débattent du plan de départs volontaires de 120 000 fonctionnaires, annoncé jeudi dernier par le Premier ministre Edouard Philippe et le ministre de l’Action et des comptes publics, Gérald Darmanin.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le gouvernement a annoncé jeudi, travailler à un plan de départs pour les fonctionnaires et vouloir étendre « largement » dans la fonction publique, le recours aux contractuels.

Sur le plateau d’ « On va plus loin », Julien Bargeton, sénateur (LREM) de Paris, déroule le raisonnement macroniste : « Il n’y a pas de raison que (…) la fonction publique soit à l’abri des profonds bouleversements que nous traversons. Et donc il faut aussi l’adapter, l’assouplir. Je crois d’ailleurs que les agents publics sont les premiers eux-mêmes intéressés et porteurs de ces transformations et qu’ils en sont les premiers demandeurs (…) Se réfugier dans le conservatisme ou une forme de corporatisme, n’est pas le meilleur service à rendre aux fonctionnaires. »

 

 

Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice (PS) de Paris et vice-présidente du Sénat, est en désaccord sur le fond mais également sur la méthode employée : « Ce qui m’a choquée c’est qu’on commence à dire la solution avant d’avoir engagé la négociation (…) Là, on voit de vieilles lunes qui ressortent (…) soit disant c’est moderne. Ils l’ont déjà fait au Canada, (…) au Royaume-Uni. On nous dit : un, il y a trop de fonctionnaires. Deux, il faut qu’ils soient contractuels parce que le statut, c’est absolument, forcément, négatif. Trois, il faut ressembler absolument à l’entreprise, avec les critères de performance de l’entreprise. Quatre, il faut individualiser parce que cela doit être le mérite. Alors qu’on sait bien que la qualité d’un service, c’est justement l’organisation collective du service qui fait sa performance. Donc toute cette idéologie-là, est dans le même droit fil que ce qu’on a vu dans les discours d’Emmanuel Macron depuis quelque temps. C'est-à-dire le libéralisme dans toute son idéologie. »

 

Benjamin Amar, responsable CGT Val-de-Marne, renchérit : « On applique les règles du secteur privé  dans la fonction publique. Or (…) les deux ne visent pas du tout les mêmes objectifs. Le secteur privé vise la recherche du profit. La fonction publique, elle, ne recherche qu’une chose : l’intérêt général et l’intérêt des usagers. Donc cette façon, de vouloir calquer des règles du privé sur la fonction publique est (…) sidérante. »

 

Face à ces réactions, Julien Bargeton souligne que cette réforme de la fonction publique comporte également des volets pour préparer les évolutions et mutations futures : « Pour la première fois, il y a 700 000 millions d’euros qui accompagnent ce plan pour former aux nouveaux métiers et pour préparer à la transformation. Et c’est justement le projet qu’a Mounir Mahjoubi sur le numérique, de pouvoir avoir des administrations qui passent toutes à la transformation numérique. Notamment, avec toutes les procédures dématérialisées. »

 

En attendant, l’exécutif a annoncé l’ouverture d’une « grande concertation » en février, entre le gouvernement et les syndicats de la fonction publique, qui durerait jusqu’à fin 2018. De leur côté, les syndicats se réuniront ce mardi, en vue d’une éventuelle mobilisation commune dans les prochaines semaines.

 

Vous pouvez regarder le débat en intégralité :

OVPL : "Fonctionnaires : Macron s'inspire-t-il du privé ?"
23:25

Partager cet article

Dans la même thématique

French Prime Minister Sébastien Lecornu Chairs Crisis Cell in Marseille Over Heatwave
6min

Politique

« La chaleur monte encore d’un cran » : la canicule inquiète l’exécutif, entre feux de forêt record et passages aux urgences en hausse

Pour la première fois, le gouvernement a déployé ce vendredi le plan Orsec de lutte contre les catastrophes et accidents pour faire face aux chaleurs extrêmes dans les départements en vigilance rouge canicule. Les températures vont encore grimper ce week-end, renforçant les inquiétudes sur les fronts de l’hôpital et des feux de forêt.

Le

FRA – ASSEMBLEE – QUESTIONS AU GOUVERNEMENT
9min

Politique

Présidentielle 2027 : le PS enterre la primaire ouverte et fragilise Olivier Faure

Après avoir été mis en minorité par les députés socialistes sur la stratégie à adopter lors de la motion de censure déposée par les Écologistes en pleine canicule, Olivier Faure a essuyé un deuxième revers, cette fois devant les militants de son propre parti. En rejetant sa proposition de primaire ouverte, le PS fragilise son premier secrétaire et ouvre une nouvelle phase de la course à la présidentielle. Au centre de toutes les interrogations désormais, la place que choisira d’occuper Raphaël Glucksmann.

Le

Paris: Debat reforme des retraites au Senat
5min

Politique

Sénatoriales : Guillaume Gontard va quitter la présidence du groupe écologiste, après six années passées à sa tête

Après le prochain renouvellement sénatorial du 27 septembre prochain, Guillaume Gontard quittera la présidence du groupe écologiste qu'il occupe depuis 6 ans. L'élu de l'Isère n'est pas renouvelable, mais a décidé de passer la main à la rentrée prochaine. Il se dit fier du travail accompli et « d'avoir pu instaurer une parole écologiste qui compte » au sein de la Haute Assemblée.

Le