Plan migrants: 12.500 places pour les demandeurs d’asile et les réfugiés
Plus de 12.000 places d'hébergement pour les demandeurs d'asile et les réfugiés, des efforts sur l'intégration, mais un...

Plan migrants: 12.500 places pour les demandeurs d’asile et les réfugiés

Plus de 12.000 places d'hébergement pour les demandeurs d'asile et les réfugiés, des efforts sur l'intégration, mais un...
Public Sénat

Par Claire GALLEN

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Plus de 12.000 places d'hébergement pour les demandeurs d'asile et les réfugiés, des efforts sur l'intégration, mais un durcissement des renvois pour les déboutés: le "plan migrants" présenté mercredi par le gouvernement vise à plus d'efficacité, en créant un poste de délégué interministériel.

"Nous ne sommes pas à la hauteur de ce que doit être la France" envers les demandeurs d'asile et les réfugiés, a d'emblée résumé le Premier ministre Édouard Philippe, en dévoilant ce "plan d'action" qui doit s'accompagner, dès septembre 2017, d'un projet de loi.

L'objectif est de "réduire considérablement les délais de procédure de demande", et les ramener à 6 mois contre 14 en 2016, ainsi que l'avait annoncé Emmanuel Macron en déplorant un dispositif "débordé de toutes parts". Une ambition dans le droit fil de la précédente loi de réforme de l'asile, en juillet 2015, qui s'est trouvée sous-dimensionnée avec la crise des migrants.

Cela suppose de réduire les délais d'enregistrement, de convocation à l'entretien et de traitement des dossiers à l'Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides) qui devra boucler l'instruction en deux mois d'ici la fin 2018 (contre 5 actuellement).

A la clé, "une augmentation des moyens" est prévue pour l'Ofpra, la cour d'appel et des guichets en préfecture (là ou commence la procédure). Le Premier ministre n'a pas chiffré ces mesures, ni détaillé le budget de l'ensemble du plan.

Coté associations, la Cimade a regretté un "énième ajustement d'une politique sans cap". C'est une "déception annoncée", pour Thierry Kuhn, le président d'Emmaüs France. Pour la Fnars, le plan "ne répond pas à l'urgente nécessité de redimensionner les capacités d'accueil".

Côté hébergement, "4.000 places seront créées en 2018" pour les demandeurs d'asile "et 3.500 en 2019", soit une hausse de 10% du dispositif existant. Effort également pour aider les réfugiés à accéder au logement autonome: "5.000 places" d'hébergement provisoire seront créées.

Le secrétaire général du Front national Nicolas Bay a dénoncé "une insupportable démonstration de préférence étrangère", en estimant que "les Français ne réclament pas un +plan immigration+ mais un plan ANTI-immigration".

Les places crées ne bénéficieront pas dans l'immédiat aux quelque 550 migrants réinstallés dans le nord de Paris, après l'évacuation géante de vendredi, ni à ceux de Calais: "Je n'ai pas de baguette magique", a affirmé M. Philippe, en précisant que des crédits d'hébergement d'urgence avaient été "préservés".

- Migrants "économiques" -

En ce qui concerne les mineurs non accompagnés, le plan promet un "plan d'action spécifique" à la rentrée 2017.

Côté intégration, dont le candidat Macron avait fait sa "priorité", il s'agit de "refonder la politique": le gouvernement veut mettre l'accent sur la formation et "doubler progressivement" les quotas d'heures de français prévues (200 actuellement, un volume largement jugé insuffisant).

Un délégué interministériel à l'intégration des réfugiés, qui reste encore à désigner, sera nommé, et "un conseil interministériel sur l'intégration se réunira d’ici fin 2017".

Mais le gouvernement enfonce le clou sur la distinction réfugiés/migrants économiques, qui inquiète les associations. Il faut "faire en sorte" que ces arrivants "comprennent qu'il ne sera pas possible d'accueillir la totalité des migrants économiques dans notre pays", a martelé M. Philippe.

Des annonces à forte charge symbolique ont donc été lancées: les personnes déboutées feront "systématiquement l'objet d'une mesure d'éloignement" dès le rejet de leur demande d'asile -- une mesure compliquée, alors que sur 91.000 étrangers en situation irrégulière interpellés en 2016, seuls 25.000 ont quitté le territoire.

Le gouvernement compte aussi "redéfinir le cadre juridique de la rétention" - en clair, allonger la durée actuellement limitée à 45 jours.

En ce qui concerne les migrants ayant laissé leurs empreintes dans un autre pays européen, censément compétent pour traiter leur demande d'asile, et qui se présentent de plus en plus nombreux à Paris ou à Calais, "10 pôles seront institués" en préfecture. Il s'agit d'augmenter le taux de transfert vers le pays européen de première entrée, qui plafonne aujourd'hui à 10% environ.

Partager cet article

Dans la même thématique

EU Summit, Europa-Gebäude, Br%FCssel, Belgium – 15 Oct 2026
7min

Politique

Union européenne : comment est abondé le budget et que finance-t-il ?

Les dirigeants européens ont entamé jeudi à Bruxelles les négociations autour du prochain budget de l’UE sur la période 2028-2034. La Commission aimerait trouver un accord d’ici la fin de l’année, avant la tenue des élections dans plusieurs États membres, dont la France. La favorite des sondages, Marine Le Pen, plaide pour une baisse de la contribution française au budget de l’Union. Comment fonctionne le budget de l’Union européenne ? Explications.

Le

Plan migrants: 12.500 places pour les demandeurs d’asile et les réfugiés
5min

Politique

Désindexation des retraites au-delà de 1260 euros : « Il faut que tout le monde contribue », insiste le ministre Jean-Pierre Farandou

Comme ses collègues de Bercy, le ministre du Travail et des Solidarités a défendu la proposition initiale du budget de la Sécurité sociale de n’indexer sur l’inflation que les petites pensions allant jusqu’à 1260 euros. Il s’agit d’une dérogation à la règle habituelle. Il suggère à l’avenir d’aborder cette question de l’évolution annuelle des retraites, sur le modèle des complémentaires de l’Agirc-Arrco.

Le

Illustrations – SUPERMARCHE – CARREFOUR EXPRESS
7min

Politique

Des produits sains vendus sans marge en grande surface : Que contient la proposition de loi de la sénatrice écologiste Antoinette Guhl ?

Face à la hausse du carburant et de l’inflation, les Français font des économies. Mais « la seule variable d’ajustement est aujourd’hui l’alimentation », alerte la directrice de Famille Rurale, Nadia Ziane. Pour lutter contre la précarité alimentaire, la sénatrice écologiste Antoinette Guhl propose une loi visant à garantir l’accès de denrées alimentaires saines à prix coutant, soit sans marge des distributeurs.

Le

Paris : French far-right Rassemblement National (RN) parliamentary session
3min

Politique

Sondage : Marine Le Pen creuse l'écart et s'installe en grande favorite à quelques mois de la présidentielle

Selon le dernier baromètre Odoxa-Backbone et Public Sénat, la candidate du Rassemblement national recueille 37 % des intentions de vote au premier tour, soit près de deux fois plus que ses deux poursuivants, Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe. Au second tour, elle l’emporterait largement face au leader insoumis (68 %) et plus modestement face à Édouard Philippe (53 %).

Le