PLFR : les changements du Sénat sur le budget
Aide réservée aux allocataires de la prime d’activité plutôt qu’aux bénéficiaires des minimas sociaux, serrage de ceinture pour le gouvernement, carte Vitale biométrique… le Sénat a fini d’amender le projet de loi de finances rectificatif sans grande surprise.

PLFR : les changements du Sénat sur le budget

Aide réservée aux allocataires de la prime d’activité plutôt qu’aux bénéficiaires des minimas sociaux, serrage de ceinture pour le gouvernement, carte Vitale biométrique… le Sénat a fini d’amender le projet de loi de finances rectificatif sans grande surprise.
Public Sénat

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Mis à jour le

Peu d’amendements se seront frayés un chemin vers l’adoption durant l’examen du projet de loi de finances rectificatif. Parmi les heureux élus, on trouve, sans étonnement, les amendements proposés par la droite sénatoriale majoritaire dans l’hémicycle. Pour autant, plusieurs amendements n’ont pas manqué de faire réagir vivement l’opposition.

  • Une aide de rentrée pour les allocataires des minimas sociaux transformée en aide pour les bénéficiaires de la prime d’activité

« C’est l’amendement le plus inique, le plus inadmissible, le plus indécent qui a été voté ce soir. » Voilà comment le sénateur socialiste Jean-Claude Tissot décrit l’amendement 191 du rapporteur général, Jean-François Husson. Cette mesure qui symbolise la volonté de la droite de revaloriser la « valeur travail », a été reçue hostilement par la gauche sénatoriale. Adopté à 195 pour et 145 contre, il prévoit de supprimer l’aide exceptionnelle de rentrée prévue par le gouvernement dans le PLFR pour les allocataires des minimas sociaux comme le RSA mais aussi les APL, et de la remplacer par une aide ponctuelle pour les bénéficiaires de la prime d’activité.

Une disposition à laquelle le gouvernement était défavorable. « J’entends le souhait d’aider les gens qui travaillent dur, a temporisé Gabriel Attal, le ministre des Comptes publics. Mais votre disposition va retirer le bénéfice de l’aide à 4 millions de foyers pauvres. »

« Est-ce que c’est le moment ? interroge le socialiste Rémi Féraud. Nous n’avons pas voté la taxe sur les superprofits, ni une revalorisation du SMIC. Le signal donné n’est pas le bon. En réalité, l’objectif [de cet amendement] est d’opposer les travailleurs pauvres aux bénéficiaires des minimas sociaux. » Les bénéficiaires de l’AAH ont été rescapés de justesse par un sous-amendement et pourront jouir de cette nouvelle aide de 150 euros en septembre.

 
    • Les fondations de la carte Vitale biométrique

    « C’est une aberration », s’est désolée Mélanie Vogel, sénatrice des Français établis hors de France. L’amendement mis en cause par la sénatrice écologiste met en place les premiers crédits pour lancer le chantier de la carte Vitale biométrique afin de « lutter contre la fraude sociale ». Pour financer le projet, il est prévu de prendre 20 millions d’euros sur l’aide médicale d’État. « Justement lutter contre la fraude c’est pour avoir plus de recettes pour l’État afin de pouvoir mieux soigner les gens, continue Mélanie Vogel. Prendre des crédits qui sont faits pour soigner des gens afin de lutter contre la fraude sociale, ça n’a aucun sens. »

    Si la majorité sénatoriale a voté pour, ils sont plusieurs à avoir émis des réserves sur la façon dont sera organisée cette carte biométrique. Nathalie Goulet, sénatrice LR qui a signé un rapport sur la fraude sociale, a rappelé l’importance de la collecte des données et l’état de la fraude en France. « La fraude sociale n’est pas une fraude de pauvres, c’est une fraude de réseau organisé. C’est très important de le savoir. »

     
    • Une réduction de budget pour le gouvernement

    Plusieurs amendements tendaient à refuser de donner un blanc-seing au gouvernement. Ainsi, l’enveloppe supplémentaire en faveur de la dotation pour dépenses accidentelles et imprévisibles demandée par le PLFR a été réduite de 1,5 milliard d’euros. Les sénateurs ont également voté une réduction sur les crédits demandés par le gouvernement pour réaliser des offres publiques d’achat.

    Si Gabriel Attal a plaidé le secret des affaires pour ne pas révéler les prochaines actions qui pourraient être réalisées par le gouvernement, cela n’a pas convaincu le rapporteur général qui a eu à cœur de rappeler au gouvernement la raison d’être du Sénat. « On est dans une opération de transparence, le Parlement est là pour contrôler l’action du gouvernement. Faîtes nous confiance » a invité Jean-François Husson.

    Partager cet article

    Dans la même thématique

    Paris : Debate on no-confidence motions against the 2026 finance bill at National Assembly
    5min

    Politique

    Prix du Trombinoscope : Sébastien Lecornu, Amélie De Montchalin, Olivier Faure parmi les lauréats

    Le jury du Prix du Trombinoscope, dont Public Sénat est partenaire, a dévoilé son palmarès annuel. Plusieurs figures de premier plan ont été distinguées, parmi lesquelles Sébastien Lecornu, Amélie de Montchalin, le duo des sénateurs de la commissions d’enquêtes sur les aides publiques aux entreprises ou Olivier Faure. Des récompenses qui mettent en lumière une année politique marquée par la tension budgétaire, la recherche de compromis et le retour au premier plan du Parlement.

    Le

    PLFR : les changements du Sénat sur le budget
    3min

    Politique

    La nomination d'Amélie de Montchalin à la tête de la Cour des comptes, une décision « aux antipodes de l'éthique », brocarde le sénateur Jean-Raymond Hugonet

    Le sénateur LR Jean-Raymond Hugonet a interpellé le gouvernement sur la nomination d'Amélie de Montchalin, actuelle ministre du Budget, comme présidente de la Cour des comptes. L’élu dénonce un risque de conflit d’intérêts. Maud Bregeon, la porte-parole du gouvernement, accuse les oppositions de cibler la couleur politique d’Amélie de Montchalin.

    Le

    Paris : Proces Joel Guerriau et Sandrine Josso
    2min

    Politique

    Condamnation de Joel Guerriau : Sandrine Josso reçue par Gérard Larcher, ce mercredi à 18h30

    15 jours après la condamnation de l’ex-sénateur Joël Guerriau à quatre ans de prison, dont 18 mois ferme, pour avoir drogué en 2023 la députée Sandrine Josso en vue de la violer, Gérard Larcher va recevoir l’élue, ce mercredi. La députée avait fait part de son regret de ne pas avoir reçu de marque de soutien de la part du président du Sénat.

    Le