Politique
Le président du groupe des sénateurs macronistes (RDPI), François Patriat a plaidé pour un recours aux ordonnances pour faire passer rapidement le budget.
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Par Public Sénat
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Certains verront l’espoir d’une jonction entre les luttes. Le gouvernement pourrait redouter une contagion du mouvement des Gilets jaunes enclenché le 17 novembre dernier. L’apparition de fronts sociaux simultanés a été frappante lundi. Revue des principaux mouvements.
Selon le ministère de l’Éducation nationale, plus d’une centaine de lycées (sur un total de 4.200 établissements) étaient partiellement ou totalement bloqués lundi en France. Christine Castaner a évoqué le chiffre de 188. Outre un soutien aux Gilets jaunes, les lycéens protestent contre les réformes dans l’Éducation. La refonte du bac et du lycée, mais aussi la plateforme d’orientation du supérieur Parcoursup sont dans leur viseur. Des incidents sont à signaler, comme à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) ou Toulouse.
Des gyrophares bleus par dizaines et dizaines sur la place de la Concorde à Paris. La semaine sociale a commencé par ce rassemblement de 200 ambulanciers sur la plus grande place de la capitale. Cela fait plusieurs semaines que la profession est mobilisée. Le 5 novembre, plus de 500 d’entre eux avaient mené une opération escargot sur le périphérique parisien. Ils s’opposent à une mesure du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (article 80) qui introduit un budget transport aux hôpitaux, plutôt que de laisser le choix aux patients. Certains types de déplacements ne seront plus pris en charge, faisant craindre une baisse des missions des ambulanciers.
Leur crise et leur mal-être sont profonds et ne datent pas d’hier, mais ressurgissent à nouveau dans le contexte actuel. Les exploitants agricoles entendent donner de la voix dans les jours à venir sur la question de leurs revenus. Ils « seront dans la rue la semaine prochaine pour dire stop au matraquage », a annoncé la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, qui ajoute que le gouvernement doit « tenir ses promesses » sur la loi Alimentation, votée cet été. La date exacte de la mobilisation sera connue mercredi. À Limoges, par exemple, une convergence entre lycéens et agriculteurs a été observée.
La tension est aussi palpable chez les routiers. Un décret publié la semaine dernière prévoit de limiter la majoration d’heures supplémentaires – un élément important de leurs rémunérations – en mettant fin à des dérogations rendues possibles par la loi Travail de Myriam El Khomri. Le ministère des Transports a essayé d’éteindre l’incendie en expliquant que des mesures seraient prises pour pérenniser le dispositif dans le projet de loi d’orientation des mobilités, qui doit être discuté au Parlement au premier semestre 2019. La CGT a appelé les routiers à manifester et organiser des blocages.
Le secteur du BTP se tient prêt aussi. Le taux réduit sur le diesel utilité pour les engins de chantier fait aussi partie des victimes collatérales du budget 2019. La commission des Finances du Sénat a notamment alerté sur le risque de déstabilisation de ces entreprises.
Avec la fin du gazole non routier (gazole rouge), remplacé par le gazole des particuliers, c’est un alourdissement conséquent des coûts de production qui est attendu. La Fédération nationale des travaux publics estime que l’alignement de la fiscalité du gazole non routier sur le gazole commun engendrera une hausse du prix au litre de 50 centimes. Une facture estimée à 500 millions d’euros, soit 60% de la rentabilité nette du secteur.
À Lorient (Morbihan), par exemple, le dépôt pétrolier est bloqué depuis une semaine par des camions et engins du BTP. D’autres opérations ont eu lieu dans diverses régions.
Cet alignement fiscal fait partie du moratoire de six mois annoncé ce mardi par le Premier ministre. Mais selon l'AFP, le blocage se maintenait ce mardi en début d'après-midi.
La CGT, favorable « à la convergence des luttes », veut organiser une journée d’action à partir du 14 décembre en France.