Plutôt aisés, « macronolâtres », pro-européens: portrait robot des sympathisants LREM
Les sympathisants de La République en Marche sont 14% de la population, plutôt aisés, pro-entreprise, pro-Europe, penchent à...

Plutôt aisés, « macronolâtres », pro-européens: portrait robot des sympathisants LREM

Les sympathisants de La République en Marche sont 14% de la population, plutôt aisés, pro-entreprise, pro-Europe, penchent à...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Les sympathisants de La République en Marche sont 14% de la population, plutôt aisés, pro-entreprise, pro-Europe, penchent à gauche sur les questions sociétales, à droite sur l'économie, et se divisent sur l'immigration, indique une vaste étude de la Fondation Jean-Jaurès.

Cette enquête, menée sur un panel de 12.500 personnes, montre que ceux qui s'estiment proches du parti présidentiel sont un peu surreprésentés chez les seniors et nettement plus diplômés et plus aisés que la moyenne: 38% gagnent plus de 3.500 euros par mois, 12 points au-dessus de la moyenne.

En revanche ils ne sont guère plus nombreux dans les grandes villes, contrairement à une idée reçue. "Leur sociologie est exactement la même que chez les sympathisants LR", explique Gilles Finchelstein, directeur général de la Fondation.

"C'est la France qui va bien et qui se sent bien", souligne-t-il: 58% d'entre eux ont ainsi le sentiment d'avoir "réussi leur vie".

Politiquement, il s'auto-positionnent en moyenne à 5,6 sur une échelle de 0 (très à gauche) à 10 (très à droite) - comme la moyenne des Français. Mais si un quart se situe au centre, 25% se situent juste à droite et 28% nettement à droite. "C'est une France qui penche clairement au centre droit", selon l'analyste.

Ils approuvent massivement Emmanuel Macron, tant pour sa personnalité (91%) que pour son action (90%), selon cette enquête réalisée en juin 2018, avant l'affaire Benalla. Un taux d'adhésion bien supérieur à ceux de Nicolas Sarkozy et François Hollande après un an de mandat auprès de leurs sympathisants.

Les sympathisants LREM partagent les avis de gauche sur les questions sociétales comme l'homosexualité et la peine de mort. Mais ils sont bien plus pro-Europe, jugeant à 59% cette question "importante" et estimant qu'ils auraient "de grands regrets" si l'UE disparaissait, contre seulement 55% des Français.

Et ils pensent à 61% que la démocratie fonctionne bien (contre 28% des Français) .

Plus surprenant, 46% trouvent qu'il faut à la tête du pays "un homme fort qui n'a pas à se préoccuper du parlement ni des élections", contre 42% des Français et moins d'un tiers chez les sympathisants de gauche. Sur cette question ils se situent en 2e place derrière le FN.

Ils sont aussi décalés quand ils classent comme deuxième préoccupation la plus importante, après le chômage, la compétitivité des entreprises, alors que les autres partis citent le pouvoir d'achat ou l'immigration.

Mais les Marcheurs sont divisés sur deux points: l'immigration et la préoccupation sociale. Ils sont 37% à trouver qu'il y a "trop d'immigrés" (contre 52% des Français) et 44% que "l'islam est une menace pour l'Occident" (contre 55% des Français), mais sur ces deux questions ils se divisent nettement entre pour et contre.

Idem pour la nécessité d'une justice sociale redistributive, où ils se divisent entre pro et anti. "Leur famille politique est celle des libéraux, sur la société comme sur l'économie, mais sur ces points le clivage gauche-droite se reconstitue à l'intérieur du parti", conclut la Fondation.

Partager cet article

Dans la même thématique

Déclaration de politique générale et avenir de la Nouvelle Calédonie en séance au Sénat ce 15 octobre
8min

Politique

« Ça fait 135 ans qu’on résiste ! » : pour les sénatoriales, le groupe RDSE vise « la stabilité, voire gagner un petit peu »

Plus vieux groupe de l’histoire du Parlement, le RDSE voit la moitié de ses 16 sièges remis en jeu lors du scrutin de septembre. Mais sa présidente, la sénatrice PRG Maryse Carrère, est confiante. Fort de « ce poids de l’histoire », le groupe, qui mêle radicaux de gauche et de droite, espère la stabilité voire quelques bonnes surprises.

Le

Marseille: Ilustration of a lawyer and judge
5min

Politique

Affaire Lyhanna : face aux critiques des politiques, avocats et magistrats élargissent la thématique de la journée « Justice morte » au manque de moyens

Le pré-rapport de l'inspection générale de la justice et de la gendarmerie sur les failles dans une enquête pour viols visant Jérôme Barella, le principal suspect du meurtre de la jeune Lyhanna, a conduit à une première sanction visant une magistrate d'Auch. Alors que se prépare « une journée Justice morte » lundi 29 juin, le président du Sénat, Gérard Larcher, s'est dit « choqué » par une « réponse » de l'institution judiciaire qu'il juge « corporatiste ». Cette journée n'avait pourtant, à l'origine, rien à voir avec l'affaire Lyhanna.

Le

Info Public Sénat. Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat
5min

Politique

[Info Public Sénat] Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat

Selon nos informations, le gouvernement va retirer le projet de loi « État local » de l’ordre du jour du Sénat. Ces dernières heures, plusieurs groupes du Sénat et les élus locaux, dont l’influente association des maires de France (AMF), dénonçaient les dispositions recentralisatrices de ce texte. Par ricochet, le gouvernement avance l’examen du projet de loi logement.

Le

Elections Municipales depouillement bureau de vote a Nice
8min

Politique

Explosion des micro-partis, formations dans le rouge, aides publiques et surprises… Ce que révèle le rapport de la commission des comptes de campagne

Le rapport 2025 de la CNCCFP, qui porte sur l’année 2024, montre une inflation du nombre de partis, avec 635 mouvements recensés, en vue des municipales et de la présidentielle. Le total des aides publiques s’élève à 66 millions d’euros cette année-là. Le niveau de richesse d’un parti à l’autre varie, avec quelques surprises…

Le