Les députés sont entrés mercredi dans le vif du sujet du projet de loi bioéthique, les premiers amendements sur l'ouverture de la PMA donnant...
PMA pour toutes: les députés dans le vif du sujet, débats passionnés
Les députés sont entrés mercredi dans le vif du sujet du projet de loi bioéthique, les premiers amendements sur l'ouverture de la PMA donnant...
Par Charlotte HILL
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Les députés sont entrés mercredi dans le vif du sujet du projet de loi bioéthique, les premiers amendements sur l'ouverture de la PMA donnant lieu à des débats passionnés sur la place du père ou la situation des femmes seules.
Dans son article premier, le vaste projet de loi prévoit la mesure phare de l'extension de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de lesbiennes et aux femmes célibataires.
Comme la veille à l'ouverture des débats, des voix se sont élevées dans l'hémicycle, principalement à droite et à l'extrême droite, pour dénoncer une "PMA sans père" qui conduirait inéluctablement à la gestation par autrui (GPA), même si le gouvernement ne cesse de répéter que celle-ci reste "un interdit absolu en France".
Une série d'amendements pour supprimer purement et simplement cet article clé ont été rejetés à main levée. Ils émanaient en premier lieu d'élus LR, mais aussi de députés UDI, du RN, ou de l'ex-LREM Agnès Thill.
Au nom de "l'intérêt de l'enfant", la place allouée au père a animé les premiers échanges, restés courtois malgré une tension parfois latente dans la soirée.
La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a rappelé qu'il y a eu "des siècles de croisades, des guerres mondiales, des divorces par milliers" et que "rien n'a jamais démontré que ces enfants-là, entourés de l'amour de leur mère n'ont pas pu grandir".
Un enfant "se construit d'abord dans la sécurité" affective, l'amour, la non-violence, a-t-elle insisté, plusieurs "marcheurs" venant en appui.
A gauche, Jean-Luc Mélenchon (LFI) a évoqué "la fin du patriarcat", et estimé que "la seule chose dont on soit sûr (...), c'est que faute d'amour, (l'enfant) dépérira", tandis qu'Olivier Faure (PS) a reproché aux élus opposés à la PMA pour toutes de "mythifier" la famille hétérosexuelle.
A l'opposé, Annie Genevard (LR) a réitéré sa crainte d'"évincer le père", son collègue Marc Le Fur évoquant une "rupture de civilisation" et le risque du "petit garçon roi" construit sans l'"altérité".
"Vous l'inscrivez dans la loi: exit les pères!", a clamé Emmanuelle Ménard (apparentée RN).
Rare "marcheuse" à aller dans le même sens, Blandine Brocard s'est demandé s'il était opportun de proposer "un environnement familial qui ne prend pas en compte la figure paternelle", en saluant ceux qui "ont le courage de douter".
- Projet "mûri" -
Dans la soirée, la question de l'ouverture de la PMA aux femmes seules a fait longuement débat, montrant des fissures dans la majorité.
Outre des élus LR pointant un "risque de multiplier des situations de vulnérabilité", l'UDI Pascal Brindeau ou Frédérique Dumas (Libertés et Territoires) ont formulé des réticences.
Idem pour plusieurs élus LREM à l'instar d'Annie Vidal ou de Marie Tamarelle-Verhaeghe pour qui "les conditions les plus propices au développement de l'enfant s'inscrivent dans le projet commun de deux personnes". Le MoDem Cyrille Isaac-Sibille s'est aussi inquiété avec une "famille uniparentale" de voir disparaitre la "cellule de solidarité".
La ministre de la Santé a invité les députés à ne pas faire d'amalgame entre familles "devenues seules" et les familles monoparentales "choisies qui auront mûri un projet". La loi permettra de sécuriser le parcours de femmes qui "de toutes façons feront un enfant", a-t-elle aussi affirmé.
Les amendements pour exclure les femmes seules de l'extension de la PMA ont été repoussés par 81 voix contre 39 et 12 abstentions. 16 élus LREM ont voté pour.
Un seul amendement LREM a été adopté dans la soirée, indiquant que la PMA est destinée à "répondre à un projet parental".
Avant de passer au vote sur l'article, les députés devaient encore examiner quelque 500 amendements, sur 2.500 au total sur le texte.
Le laboratoire CECOS, l'unité de procréation médicalement assistée (PMA) de l'Hôpital Tenon (AP-HP), le 24 septembre 2019 à Paris
AFP
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