Polémique Cnews et Europe 1 : Pap Ndiaye déplore être interrogé sur « la dérive extrême droitière d’une chaîne de télévision »

Lors de la dernière séance de questions d’actualité au gouvernement, ce mercredi, le sénateur Bernard Fournier (LR) a attaqué les propos de Pap Ndiaye concernant Cnews et Europe 1. Des « propos inutilement polémiques ». Le ministre de l'Education se défend de toute velléité de « censure »
Thomas Fraisse

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Les parlementaires ne lâchent pas le ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, Pap Ndiaye. Hier interpellé à l’Assemblée nationale au sujet de propos polémiques sur la chaîne de télévision Cnews et la radio Europe 1, le Ministre a une nouvelle fois été attaqué ce mercredi lors de la séance de questions d’actualité au gouvernement. Ce dimanche, sur Radio J répondant à une question sur la grève des journalistes du Journal du Dimanche, Pap Ndiaye s’en est pris à la fois au milliardaire Vincent Bolloré et à son groupe de médias, dont la chaîne de télévision Cnews et la radio Europe 1. « Quand vous regardez Cnews, quand vous regardez ce qu’est devenu Europe 1, la conclusion s’impose. Cnews, c’est très clairement d’extrême droite. Je pense qu’ils font du mal à la démocratie, il n’y a aucun doute. Lutter contre l’extrême droite, je considère que c’est une priorité ».

Pour le sénateur de la Loire Bernard Fournier (LR), « l’heure est grave ! ». Il dénonce une stigmatisation par le Ministre de deux médias, ce qui est – pour le sénateur – contraire aux libertés de la presse et d’expression. « À court d’argument, vous avez brandi l’ultime mise en cause : ces deux médias seraient d’extrême droite la plus radicale », s’est indigné le sénateur. Il regrette : « Comment Monsieur le Ministre avez-vous pu vous laisser aller à une telle facilité ? Comment avez-vous pu fustiger un média parce qu’il ne pense pas comme vous ? Que faites-vous de la liberté des journalistes à s’exprimer ? Que faites-vous de la liberté et de l’indépendance de la presse ? Vous faites preuve d’un terrible mépris vis-à-vis de tous ceux, spectateurs et auditeurs, qui les regardent et les écoutent ! »

Tout comme hier, Pap Ndiaye a tenu a confirmé ses propos. « Il est de mon droit le plus strict de donner un point de vue sur la ligne éditoriale d’une chaîne de télévision, il ne s’agit pas de censurer qui que ce soit ». En clair, le Ministre se sent libre d’évoquer sans détour sa pensée concernant des médias.

Des sujets plus « essentiels »

En fin de prise de parole, le sénateur Bernard Fournier a tenu à rappeler que d’autres sujets mériteraient d’être discutés par le Ministre. « Plutôt que de vous en prendre à la liberté d’expression, il serait plus judicieux que vous apportez de vraies réponses à l’effondrement du niveau scolaire, au déclin de la France dans les classements internationaux, à la flambée des atteintes à la laïcité, aux difficultés de recrutement des enseignants ou encore au sentiment légitime d’abandon qui les anime », énumère-t-il. « Monsieur le Ministre, ne pensez-vous pas que nos enfants et le personnel de l’Éducation nationale que des anathèmes et des propos inutilement polémiques ? »

Toutefois, le Ministre a eu le dernier mot. « Si, Monsieur le Sénateur, vous aviez écouté mon interview dans sa durée sur les grands chantiers de l’Éducation nationale, vous m’auriez interrogé sur la parentalité et l’implication des parents dans la scolarité des enfants, vous m’auriez interrogé sur l’orientation des élèves avec la découverte des métiers, vous m’auriez interrogé sur la réforme du bac et les pistes de travail pour la réforme du troisième trimestre… », assène Pap Ndiaye avant de conclure. « Voilà, Monsieur le Sénateur, les sujets sur lesquels vous auriez pu m’interroger. Des sujets quand même plus essentiels que la dérive extrême-droitière d’une chaîne de télévision ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Polémique Cnews et Europe 1 : Pap Ndiaye déplore être interrogé sur « la dérive extrême droitière d’une chaîne de télévision »
3min

Politique

Crise énergétique : Sébastien Lecornu annonce l’interdiction des chaudières à gaz dans les logements neufs

Quelques jours après le cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l’Iran, Sébastien Lecornu a annoncé, ce vendredi, une série de mesures destinées à tirer les leçons » de la crise énergétique. Afin de dépendre moins des énergies fossiles, l’installation de chauffages au gaz serait interdite « dès la fin de cette année » dans les constructions neuves. Le gouvernement va aussi doubler son soutien à l’électrification des usages de 5,5 milliards à 10 milliards d’euros par an d’ici 2030.

Le

Philippe TABAROT visite du technicentre SNCF
6min

Politique

Sénatoriales : candidat dans les Bouches-du-Rhône, Renaud Muselier entend faire une liste commune avec LR

Le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, parti chez Renaissance en 2022, a annoncé par surprise sa candidature aux sénatoriales de septembre prochain, entendant jouer un rôle au plan national, pour la présidentielle. Il veut mener une liste d’union avec la droite. Du côté de la sénatrice LR sortante, Valérie Boyer, on confirme que les discussions sont engagées.

Le

Hungary US Vance
7min

Politique

Elections en Hongrie : « Orban est comblement bousculé dans cette campagne »

Dimanche, les élections législatives en Hongrie s’annoncent à haut risque pour Viktor Orban. Le Premier ministre nationaliste, proche du Kremlin, est distancé dans les sondages par son principal opposant, Péter Magyar. L’eurodéputé a choisi de mener une campagne de terrain sur des thèmes de politique intérieure, en mettant en exergue les dérives du régime en place depuis 16 ans.

Le

illustration: petite Mairie et son drapeau francais.
3min

Politique

Une tribune signée Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christine Taubira appelle les femmes à « prendre le pouvoir » dans les intercommunalités

Avec seulement 12 % de femmes à la tête d’une intercommunalité, ces dernières restent exclues de ces postes clefs, en dépit de la parité. Une tribune, signée par Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christiane Taubira, dénonce la situation et appelle à changer la donne.

Le