Polémique sur la présence de François Bayrou à Pau : « Je suis un défenseur du cumul des mandats », assure Hervé Marseille 

Invité de la matinale de Public Sénat, Hervé Marseille, président de l’UDI et de l’Union centriste est revenu sur le déplacement du Premier ministre à Pau, pour présider le conseil municipal. Le centriste défend la position du Premier ministre de rester maire de Pau et se positionne en faveur du cumul des mandats.
Henri Clavier

Temps de lecture :

3 min

Publié le

« Il avait un conseil municipal, il a fait ce qu’il devait faire » commente Hervé Marseille, président de l’UDI et du groupe Union centriste au Sénat à propos du déplacement du Premier ministre à Pau. En effet, tout juste nommé à Matignon, François Bayrou qui a décidé de rester maire de Pau a présidé le conseil municipal de la ville, hier soir. Un cumul des fonctions vivement critiqué, notamment à gauche, alors même que la situation à Mayotte après le passage du cyclone Chido est dramatique.  « Il avait une réunion avec le président de la République et les services de l’Etat sur Mayotte », défend Hervé Marseille, soutien du nouveau Premier ministre. Une réunion à laquelle François Bayrou a assisté en visioconférence depuis Pau. «Tout le monde ne va pas débarquer à Mayotte […] Ce qui est anormal c’est qu’on fait polémique de tout », ajoute le sénateur centriste soulignant la présence de Bruno Retailleau et la visite prochaine d’Emmanuel Macron.  

« La loi le permet, rien ne s’y oppose »  

Hervé Marseille a tenu à soutenir le Premier ministre, rappelant qu’il est « un défenseur du cumul des mandats ». Ce dernier ajoute d’ailleurs que pour les ministres, « la loi le permet, rien ne s’y oppose ». Par ailleurs, le président de l’Union centriste avait déposé, en 2021, une proposition de loi sur le cumul des mandats. Un texte adopté par le Sénat en première lecture.  

Malgré cela, la position divise au sein même du bloc central et la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet a rappelé son opposition au cumul des mandats.  

« On s’est trompés en (rendant) incompatibles les responsabilités locales et nationales, c’est une erreur […] Pour les membres du gouvernement, c’est autorisé, pour les parlementaires, non. Je pense qu’il faut que ce débat soit repris », s’est défendu François Bayrou, précisant qu’il poserait cette question dans son discours de politique générale. Le sujet pourrait donc rapidement revenir au Parlement.  

« Le premier chantier qui va se présenter à nous, c’est le budget »  

Hervé Marseille pourrait évoquer le sujet du cumul des mandats et éventuellement de la proportionnelle, dès ce soir puisqu’il sera reçu par François Bayrou à 20 h 30.  « Le premier chantier qui va se présenter à nous, c’est le budget », tempère néanmoins Hervé Marseille qui espère encore reprendre le projet de loi de finances là où il a été arrêté, suite à la chute du gouvernement. Ce dernier souhaite surtout que les consultations permettent de trouver des « points de compromis » entre la droite et la gauche. Pour cela, le président de l’Union centriste veut d’abord s’atteler à certaines priorités : « Le budget et l’agriculture ». Quitte à laisser certains sujets de côté. « On peut mettre de côté ce qui fâche, l’abrogation de la réforme des retraites ou une loi immigration », assure Hervé Marseille. 

Partager cet article

Dans la même thématique

Elections Legislatives bureau de vote a Nice
9min

Politique

68 % des communes n’ont qu’une liste pour les municipales : « Démocratie confisquée » ou « illusion d’optique » liée au nouveau mode de scrutin ?

Pour les élections municipales, les deux tiers des communes connaissent déjà le nom de leur maire, car une seule liste a été déposée en préfecture. « C’est à cause de la transformation du mode de scrutin », qui généralise les listes paritaires pour les communes de moins de 1000 habitants, explique le sénateur PS Eric Kerrouche. Ne pas avoir le choix « n’est pas bon pour la démocratie », pointe le sénateur Horizons Franck Dhersin. Mais pour le socialiste, « ça systématise quelque chose qui était là auparavant ».

Le

President Donald Trump Delivers Joint Address To Congress in Washington
6min

Politique

Guerre en Iran : Donald Trump peut-il se passer de l’accord du Congrès américain ?

Après un week-end de tâtonnements, l’administration américaine et Donald Trump a finalement employé le terme de « guerre » pour qualifier l’intervention américaine en Iran. Une loi de 1973, permet certes au Président américain de déclencher une intervention militaire limitée, mais selon la Constitution, seul le Congrès a le pouvoir de déclarer la guerre. Deux résolutions vont être examinées au Congrès cette semaine pour tenter de limiter les pouvoirs de l’exécutif. Sans chances de succès, pour le moment. Explications.

Le