Auditionné par les sénateurs, suite à la nomination par Emmanuel Macron pour devenir PDG de la RATP, Jean Castex assure que les réserves de la Haute Autorité pour la transparence ne posent pas de problème. La question de la « continuité de service » des bus et des métros est « le premier sur la table », assure l’ancien premier ministre. Il veut aussi « généraliser l’automatisation du métro, petit à petit ».
Polémique sur sa nomination, dossiers chauds de la RATP : ce qu’a dit Jean Castex aux sénateurs
Auditionné par les sénateurs, suite à la nomination par Emmanuel Macron pour devenir PDG de la RATP, Jean Castex assure que les réserves de la Haute Autorité pour la transparence ne posent pas de problème. La question de la « continuité de service » des bus et des métros est « le premier sur la table », assure l’ancien premier ministre. Il veut aussi « généraliser l’automatisation du métro, petit à petit ».
[ Mise à jour le 9 novembre à 12h15 ] Le Parlement a donné son feu vert à la nomination de Jean Castex à la tête de la RATP. Au Sénat au sein de la commission de l’Aménagement du territoire, 18 ont voté pour, 8 contre. A l’Assemblée nationale, 34 voix pour, 19 contre.
C’est deux jours avant une grève à la RATP pour les salaires, qui s’annonce largement suivie, que Jean Castex a été auditionné par les sénateurs de la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable, avant un passage devant les députés, mercredi matin. Choisi par Emmanuel Macron pour prendre la tête de l’entreprise, sa nomination doit encore être validée par le Parlement. Il faut 3/5 des votes contre, au sein des commissions des deux assemblées, pour être rejetée.
« Une grève vous est offerte dans un climat de bienvenue »
Une audition avant donc « une grève qui vous est offerte dans un climat de bienvenue », a lancé avec le sourire le sénateur LR Philippe Tabarot, rapporteur du jour, qui l’a vite mis à l’aise. Malgré l’avis favorable, mais avec réserves, de la HATVP (Haute Autorité pour la transparence de la vie publique) sur cette nomination, il a prévenu d’emblée qu’il voterait en faveur de son arrivée à la tête de la RATP, rassuré par l’échange qu’il a pu avoir avec Didier Migaud, le président de la HATVP. Le premier ministre doit pourtant « s’abstenir de toute démarche », auprès de son ancienne équipe gouvernementale pendant trois ans, dont la première ministre, Elisabeth Borne, ou le ministre des Transports Clément Beaune, ministre délégué chargé de l’Europe dans le gouvernement Castex, selon l’avis de l’autorité sur la transparence.
Pour le groupe PS, le sénateur Joël Bigot a annoncé lui son refus de valider cette nomination. « Comment envisager que le nouveau président de la RATP ne puisse, de sa propre initiative, contacter les ministres, comme le ministre des Transports ou la première ministre ? » s’étonne le sénateur du Maine-et-Loire, « cet avis compliquera grandement votre tâche » et « de nombreux candidats étaient en cours d’audition », relève le socialiste. « L’avis de la HATVP n’a manifestement pas été limpide du premier coup pour tout le monde », soulève le sénateur EELV Jacques Fernique, « même s’il conclut, c’est vrai, qu’il n’y a pas d’incompatibilité ».
« Didier Migaud l’a dit lui-même, les restrictions ne s’appliquent que sur l’ouverture à la concurrence »
Jean Castex a tenté de lever les interrogations, renvoyant aux précisions qu’il a obtenu du président de la HATVP. « Didier Migaud l’a dit lui-même, les restrictions ne s’appliquent que […] sur l’ouverture à la concurrence », souligne le candidat au poste de PDG de la RATP, qui peut donc prendre contact « avec le ministre de l’Intérieur » ou celui « de l’Economie » pour parler énergie. « Je suis tout à fait conforme à l’avis de la HATVP, d’autant que les questions d’ouverture à la concurrence sont organisées par Ile-de-France Mobilité. Ce n’est pas le gouvernement qui fait les lots, ni lui qui choisit les lauréats », explique Jean Castex (voir la première vidéo). Et d’insister : « Ce ne sont pas mes anciens collègues qui feront ce choix ».
Au passage, selon le probable futur PDG de la RATP, « sur l’ouverture à la concurrence, il faut être vigilant. Ce n’est pas une religion l’ouverture à la concurrence ». Il entend avoir « une sorte d’observatoire » sur le sujet. « Est-ce que le prix baisse ? Est-ce que la qualité du service ne se retrouve pas dégradée ? » Si l’ouverture a déjà commencé à la marge, c’est surtout en 2025, pour les bus, que le processus va s’amplifier, puis en 2030 pour les trams et enfin en 2040 pour le métro.
Se concentrer sur « le cœur de métier »
Les dossiers qui attendent Jean Castex sont nombreux, à commencer par le plus brûlant, celui de la « continuité de service » des bus et des métros. Il est « le premier sur la table », assure-t-il. Malgré les problèmes depuis la rentrée, surtout pour les bus, moins nombreux, liés à « des difficultés à recruter » ou à l’absentéisme, « je ne voudrais pas qu’on tombe dans le RATP bashing », demande l’ancien maire de Prades. Regardez :
Il entend se concentrer sur « le cœur de métier » de la Régie, visant la ponctualité, la régularité, la propreté, la sécurité, la lutte contre la fraude, ou la qualité de l’information donnée aux voyageurs. Il veut aussi renforcer la présence humaine au contact des voyageurs pour « humaniser au maximum (le) service ».
Changement climatique : « Le grand défi de la RATP, c’est de conquérir des clients »
Autre dossier : une facture énergétique qui s’envole, passant de 265 millions d’euros en 2022 à des prévisions comprises « entre 480 et 550 millions d’euros » en 2023, liées à la hausse du coût de l’électricité.
Sur la question des salaires, sujet de la grève jeudi, il souligne que « l’augmentation moyenne des rémunérations à la RATP a été de +5,2 % en 2022 », entre « effet du point d’indice et toute une série de primes », surtout « pour les bas salaires » ou le travail de nuit. Il voit aussi dans « les défis de demain la réforme des retraites de la RATP », sans en dire plus sur ce sujet sensible. Sans oublier la Coupe du monde de rugby et les Jeux olympiques de 2024, synonymes « certains jours d’un million de voyageurs supplémentaires », avec « un enjeu billettique considérable ». Ou encore « l’enjeu du changement climatique », avec « l’ambition de gagner des parts de marché » pour réduire l’impact écologique des transports. « A distance égale en Ile-de-France, on consomme 50 fois moins de CO2 en métro, RER ou Tram qu’en voiture. Donc le grand défi de la RATP, c’est de conquérir des clients », dit-il. Encore faut-il avoir assez de métros ou de bus…
« Il faut généraliser l’automatisation du métro, petit à petit »
Interrogé sur la possibilité de porter le Pass navigo à 100 euros, évoqué par Valérie Pécresse, sa réponse est prudente : « Il faudra accroître le panier de recettes. Un peu de tout, j’ai envie de dire ». Mais des revenus supplémentaires « sont absolument indispensables ».
Autre chantier, qui n’est pas mince, évoqué par Jean Castex : le métro automatique. « Regardez l’automatisation de la ligne 1, qui fonctionne bien. Si vous regardez la ponctualité, la sécurité, le nombre des incidents, ça s’est considérablement amélioré. Il faut généraliser ça, petit à petit, à la mesure de nos moyens », lance le futur patron de la RATP. Ce que devraient apprécier les conducteurs qui s’apprêtent à faire grève jeudi…
« Copains à recaser »
Si aucun sénateur ne doute des qualités de Jean Castex pour présider la régie, il s’étonne quand même de la dimension « recasage » de cette nomination, surtout que les mêmes sénateurs avaient déjà validé, il y a trois mois, la nomination de l’ancien premier ministre à la tête de l’AFIP (Agence de financement des infrastructures de France), qu’il quittera une fois à la tête de la RATP. Philippe Tabarot évoque la série de nominations voulue par Emmanuel Macron, avec des élus qu’on fait « revenir par les fenêtres du copinage ».
Didier Mandelli, sénateur LR de Vendée, a prévenu lui qui ne voterait pas pour sa nomination. Il explique pourquoi : « Le Président avait dit qu’il ferait autrement. On parlait de l’ancien monde avec des copains à recaser. Je n’ai pas vu de rupture. Et je pense même que les choses se sont accélérées ». Comme dit le lapin de la RATP, attention à ne pas « se faire pincer très fort ».
À Paris, la fusion des listes entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel relève davantage du réalisme politique face à l’avance de la gauche que d’un rapprochement sincère et naturel. Il a fallu surmonter « une forme d’inimitié » entre les deux candidats, reconnait la vice-présidente de LR et sénatrice de la capitale Agnès Evren, qui compte aussi sur les reports de voix des électeurs de Sarah Knafo.
A Montpellier, c’est une triangulaire qui opposera, dimanche prochain, le maire sortant socialiste Michaël Delafosse, en tête avec 33,41 % au premier tour, la candidate LFI, Nathalie Oziol, deuxième avec 15,36 % et le candidat indépendant, Mohed Altrad (11,31 % des voix). Si dans de nombreuses grandes villes de France, comme Lyon, Toulouse, Nantes… LFI et le reste de la gauche se sont unis au deuxième tour des élections municipales, dans l’Hérault, il n’en a pas été question, tant les deux gauches semblent irréconciliables. Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. L’homme d’affaires, milliardaire, propriétaire du club de rugby local, Mohed Altrad qui, contrairement à 2020, n’a pas fait d’alliance pour le second tour avec l’humoriste Rémi Gaillard et une autre candidate de gauche Alenka Doulain, s’est présenté comme un homme qui n’était pas politique mais qu’il s’éloignerait « le plus possible » de son entreprise s’il était élu. Transports Michael Delafausse a défendu la mesure phare de son mandat, la gratuité des transports, financée par le versement mobilité, même si un rapport de la Cour des comptes a jugé la mesure coûteuse et peu efficace pour inciter les Montpelliérains à ne pas prendre leur voiture. Nathalie Oziol soutient la mesure mais la considère mal appliquée. « Des trams et des bus ont diminué en fréquence. Nous n’avons pas vérifié si le maillage territorial était suffisant », a-t-elle reproché. Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». Prenant l’exemple de la ville de Béziers, la mesure phare de Mohed Altrad est celle d’un couvre-feu au moins de 16 ans à partir de 22h, mais aussi doubler les effectifs de la police municipale et renforcer la vidéoprotection. Le maire sortant a défendu l’armement de la police municipale, la création d’une police des transports, le recrutement de 100 agents supplémentaires et le doublement des caméras de surveillance. Traitement des déchets La validation par le conseil de la Métropole de Montpellier d’une unité de valorisation énergétique par combustibles solides de récupération (CSR) est l’autre dossier chaud de l’élection. « C’est de la folie, c’est la pollution, c’est le cancer […] C’est une technologie expérimentale. Comme toute technologie récente, on a besoin de temps pour l’expérimenter », a dénoncé Mohed Altrad. Nathalie Oziol regrette qu’il n’y ait pas d’autres solutions envisagées. « Ce que nous proposons, c’est une convention populaire sur toute la gestion des déchets. L’objectif que nous devons viser, c’est l’objectif zéro déchet ». Michaël Delafosse a rappelé que le CSR était une solution préconisée par l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie). « Il nous faut continuer à mieux collecter les biodéchets comme le verre », a-t-il ajouté. Pour conclure sur les défis de la nouvelle mandature, comme l’augmentation de la population dans la ville, en moyenne 8 000 habitants par an, Nathalie Oziol a estimé que rien n’a été fait pour accueillir les gens ». Mohed Altrad a aussi jugé que la ville n’était pas à la hauteur des autres villes de taille similaire. Il propose de mieux gérer l’argent public en économisant 25 % de ce qu’il considère comme du « gaspillage ». Mickaël Delafosse s’engage à construire 1 000 nouveaux logements étudiants dans le secteur d’Agropolis et des logements pour seniors mais aussi le développement des BRS (bail réel et solidaire) qui ne permette à personne en logement sociaux d’accéder à la propriété ou encore poursuivre l’encadrement des loyers et la lutte contre Airbnb.
À quelques jours du second tour des municipales à Nice, Bruno Retailleau, le patron des LR, a déclenché une crise ouverte au sein de sa propre famille politique et du bloc central, en refusant de soutenir le maire sortant Christian Estrosi face à Éric Ciotti, allié du RN. Plus largement, le psychodrame azuréen fragilise l'accord national passé avec Horizons, mais révèle aussi les fractures d’une droite à la recherche de sa boussole stratégique pour 2027.
Qualifiée de justesse pour le second tour des municipales parisiennes avec 10,4 % des voix, la candidate Reconquête, Sarah Knafo, a finalement choisi de se retirer « pour Paris », sans toutefois donner de consigne de vote, mais « pour battre la gauche ». Une décision présentée comme un « choix de responsabilité », mais qui soulève autant de questions stratégiques que politiques.