Policiers à l’école : « Ça rappelle Sarkozy : un fait divers, une loi », cingle Rachid Temal
Violences à l’école. La déclaration de Christophe Castaner, qui évoque une possible présence des forces de l’ordre dans certains établissements, est accueillie diversement au Sénat. Si la droite sénatoriale approuve, la gauche et les centristes s’insurgent.

Policiers à l’école : « Ça rappelle Sarkozy : un fait divers, une loi », cingle Rachid Temal

Violences à l’école. La déclaration de Christophe Castaner, qui évoque une possible présence des forces de l’ordre dans certains établissements, est accueillie diversement au Sénat. Si la droite sénatoriale approuve, la gauche et les centristes s’insurgent.
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Par Helena Berkaoui

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Le ministre de l’Intérieur a évoqué ce vendredi la possibilité que des policiers soient mobilisés dans les établissements scolaires les plus difficiles « à des moments de tension particulière dans la journée » et « évidemment avec l’accord du chef d’établissement » (lire notre article). Cette annonce fait suite à la diffusion d’images choquantes, celles d’une arme braquée sur une enseignante. La vidéo a fait le tour du web déclenchant une foule de témoignages sur les violences à l’école sous le hashtag #PasDeVague.  

« Le populisme n’est pas une réponse éducative »

La déclaration de Christophe Castaner est accueillie de manière mitigée au Sénat. Pour le sénateur socialiste, Rachid Temal, cette annonce « rappelle Sarkozy : un fait divers, une loi », « le populisme n’est pas une réponse éducative », renchérit-il. Pour le socialiste, les réponses aux violences à l’école sont à chercher ailleurs. Le sénateur communiste, Fabien Gay ne dit pas autre chose, pour lui « la solution est à construire avec le monde éducatif qui demande plus de moyens. Ça passe par plus de professeurs et aussi plus de personnels éducatifs ».   

Le centriste Claude Kern, professeur de formation, qualifie cette annonce de « démagogique ». Le fait de mobiliser des policiers dans les établissements scolaires nous ferait glisser vers un « système américanisé », selon le sénateur. Pour lui, il faut agir au niveau préventif et ce dès le plus jeune âge avec un « personnel éducatif plus nombreux » et mieux formé. La question des moyens est aussi évoquée par le sénateur de Seine-Saint-Denis, Fabien Gay : « Au Blanc-Mesnil, on manque de tout, d’enseignants, de personnels éducatifs et de policiers ». Et de souligner que la baisse du nombre de fonctionnaires mise en œuvre par le gouvernement entre en contradiction avec une telle mesure.

« C’est tant mieux si le ministre brise ce tabou »

Finalement, seul le sénateur Les Républicains, François Grosdidier, se réjouit de l’annonce de Christophe Castaner. Les violences à l’école ne doivent « plus être un tabou et c’est tant mieux si le ministre brise ce tabou ». Il regrette seulement « qu’il ait fallu qu’on en arrive là » tout en rappelant que les mesures similaires qu’il avait proposées avaient suscité « des réactions très défavorables » de la part de la majorité. Seul bémol : pour le moment François Grosdidier juge que le temps de travail que les forces de l’ordre consacrent aux procédures est trop important pour qu’ils dégagent du temps pour un tel dispositif.

Les annonces de Christophe Castaner, élaborées avec les ministres de l’Éducation et de la Justice, pour lutter contre la violence à l’école seront présentées en Conseil des ministres mardi prochain.

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