Porno : « La moitié des vidéos sont en infraction au code pénal » alerte Laurence Rossignol
Aux questions d’actualité au gouvernement, la sénatrice socialiste Laurence Rossignol a interpellé le gouvernement sur l’accessibilité des vidéos pornographiques à caractère criminel sur le net. L’ancienne ministre des droits des femmes s’est agacée de la réaction de Jean Castex.

Porno : « La moitié des vidéos sont en infraction au code pénal » alerte Laurence Rossignol

Aux questions d’actualité au gouvernement, la sénatrice socialiste Laurence Rossignol a interpellé le gouvernement sur l’accessibilité des vidéos pornographiques à caractère criminel sur le net. L’ancienne ministre des droits des femmes s’est agacée de la réaction de Jean Castex.
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Objet de la mission d’information de la délégation aux droits des femmes du Sénat, les dérives de l’industrie pornographique se sont invitées aux questions d’actualité au gouvernement du Sénat.

« Toutes ces vidéos sont des infractions au code pénal »

La sénatrice socialiste et ancienne ministre du droit des Femmes, Laurence Rossignol a relayé les signalements de l’association « Osez le féminisme » de milliers de vidéos pornographique « dont la moitié sont en infraction au code pénal ».

Citant les titres explicites des vidéos tels que « beurettes des cités prises dans une cave » ou encore « viol collectif d’ado enceinte », la sénatrice rappelle que « les viols sont de vrais viols, les tortures sont de vraies tortures, toutes ces vidéos sont des infractions au code pénal, viols en réunion, appel à la haine, proxénétisme, homophobie… »

Illustrant son incompréhension de voir ces vidéos toujours en ligne, Laurence Rossignol se lance dans une comparaison provocante. « Si une vidéo montrait un violeur en train de sodomiser une femme en criant Allah Albar, à mort les Kouffar, je n’ai pas de doute. Elle serait retirée. Mais s’il viole une femme en criant juste salope, alors elle reste indéfiniment sur le net ».

Lire notre article. Porno : « C’est du proxénétisme à l’échelle industrielle », dénoncent les associations féministes auditionnées au Sénat

« Je comprends que vous ne connaissiez pas bien le dossier. Je ne vous en veux pas »

Hors micro, on comprend à la réaction de la sénatrice, que cette comparaison n’a pas été du goût de Jean Castex. Laurence Rossignol qui avait terminé sa question, reprend alors le micro pour interpeller Jean Castex. « M. le Premier ministre, ce n’est pas n’importe quoi. Je comprends que vous ne connaissiez pas bien le dossier. Je ne vous en veux pas. Il y a un tel tabou là-dessus. Mais ne dites que je dis n’importe quoi. Ce que je dis est la triste réalité ».

CyberGend : « Je veux leur rendre hommage car ils prennent en pleine figure ces images toute la journée »

C’est la ministre en charge de la Citoyenneté qui sera en charge de lui répondre. S’inscrivant en faux « sur le deux poids deux mesures qui existerait », Marlène Schiappa rappelle que le gouvernement a renforcé la coordination entre justice, police et gendarmerie. « Nous avons créé un réseau d’enquêteur qui s’appelle CyberGend. Je veux leur rendre hommage car ils prennent en pleine figure ces images toute la journée […] Par ailleurs, nous avons mis en place la cellule nationale de lutte contre les images de pédopornographiques […] Nous avons reçu en 2021, 20 000 signalements relatifs à des contenus pédopornographiques adressés à Pharos », a-t-elle notamment listé.

« Bien sûr que c’est traumatisant de traquer ces vidéos. C’est tellement traumatisant que ce sont des citoyens et des citoyennes qui le font […] Pourquoi malgré tout ce que vous nous décrivez, ces signalements ne sont pas suivis par une fermeture de ces sites et des retraits de ces vidéos ? », a-t-elle répliqué.

 

 

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