Port du masque obligatoire : les maires en première ligne
C’était une volonté du « Monsieur déconfinement » du gouvernement, Jean Castex. Le nouveau Premier ministre met aujourd’hui en avant le « couple maire-préfet » dans la gestion de la crise du Covid-19.

Port du masque obligatoire : les maires en première ligne

C’était une volonté du « Monsieur déconfinement » du gouvernement, Jean Castex. Le nouveau Premier ministre met aujourd’hui en avant le « couple maire-préfet » dans la gestion de la crise du Covid-19.
Public Sénat

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Mis à jour le

Après Nice, Tours ou encore Lille, Paris annonce que le port du masque sera désormais obligatoire dans certaines zones de la capitale. L'arrêté sera publié « en début de semaine prochaine », a appris franceinfo.

Le texte précisera la liste des lieux concernés par cette mesure. Il pourrait notamment s’agir des quais de Seine, des parcs, de certaines rues commerçantes ou encore des marchés découverts.

La maire de Paris, Anne Hildago, avait adressé une demande au préfet de police de Paris, Didier Lallement, ce mardi. Une illustration du fameux « couple maire-préfet », voulu par le nouveau Premier ministre, Jean Castex, du temps où il endossait encore ses habits du « Monsieur déconfinement du gouvernement ».

Plus de 1200 communes concernées

Mais un rapide coup d’œil à la carte de France suffit à mesurer les disparités entre les territoires. D’après un décompte – non exhaustif – réalisé par Le Monde, « au moins 1233 communes » étaient concernées par des obligations de porter un masque en extérieur.

Parmi elles, on dénombre notamment 69 villes de Mayenne, où le virus circule activement. Mais également d’autres agglomérations, pour l’heure relativement épargnées par l’épidémie, comme Orléans.

« Nous avons pris un arrêté rendant obligatoire le port du masque dans les endroits où il y a peu de distanciation physique possible », explique Florent Montillot, premier maire adjoint d’Orléans, en charge de la santé et de la sécurité, citant notamment « la douzaine de marchés » découverts et les « bords de Loire, qui sont très prisés de 21 heures au petit matin par les jeunes ».

« On voit bien que l’État refile le bébé aux collectivités locales »

« Fruit d’une connaissance de terrain », cet arrêté relève tout autant, pour l’élu, d’une « mesure de prévention et de précaution que d'une mesure pédagogique ». Le nombre de touristes a explosé en juillet, +100% par rapport à l’an passé, tandis que le taux de reproduction (le nombre de nouveaux cas qu’une seule personne contagieuse va générer en moyenne) est passé de 1 à la sortie du confinement à 2,3 aujourd’hui. « On essaie de bien expliquer qu’il y a une nécessité de bien se protéger et de protéger les autres », déclare Florent Montillot.

Pour la première fois depuis le début de l’épidémie de Covid-19, les mairies se retrouvent officiellement en première ligne. Tandis que certains arrêtés municipaux avaient été retoqués durant la période du confinement, le gouvernement fait aujourd’hui des collectivités territoriales les vedettes de la sortie de crise… quitte à se « défausser » sur les élus locaux, estime le sénateur (LR), Jean-François Husson. 

« Ce n’est pas idiot de se dire qu’il faut être plus draconien dans les zones avec clusters », admet le parlementaire de Meurthe-et-Moselle. « Mais on voit bien que l’État refile le bébé aux collectivités locales qui se retrouvent avec des dépenses supplémentaires ».

« Le gouvernement a beaucoup appris de ses erreurs »

Critiqué en raison de la pénurie de masques et sa gestion jacobine de la crise, le gouvernement verrait d’un très bon œil ces maires qui souhaitent incarner l’après confinement. « Il ne faudrait pas que cela se retourne contre les maires, en termes financier, et de désamour de la part de leurs administrés », prévient cependant Jean-François Husson.

« La pire des erreurs serait d’avoir des affrontements politiques ou politiciens sur ce sujet », analyse l’adjoint au maire d’Orléans, Florent Montillot. Mais « le gouvernement a beaucoup appris de ses erreurs et de ses échecs », estime-t-il évoquant la « guerre des masques » et de nombreux « revirements » dans la communication gouvernementale.

« On commence enfin à comprendre que des initiatives peuvent être prises beaucoup plus rapidement par les collectivités locales », se réjouit-il, soulignant la qualité de ses relations avec la préfecture.

Les « recommandations » du chef de l’Etat

Le gouvernement pourra-t-il rester sur cette ligne de crête très longtemps ? Le Premier ministre, en déplacement à Lille, ce lundi, a soigneusement évité les questions des journalistes concernant une éventuelle généralisation du port du masque.

Emmanuel Macron a quant à lui déclaré, ce vendredi, depuis Beyrouth sur BFM TV : « Je crois que maintenant il faut prendre l’habitude de porter ce masque. […] Et je recommanderai à chacun, quand on ne peut pas respecter les distances de sécurité, de mettre un masque par précaution. »

Des « recommandations » au niveau national et des « obligations » au niveau local… peut-être a-t-il inventé là le nouveau « en même temps » de son quinquennat ? « La semaine prochaine, nous tiendrons un Conseil de Défense. Je recommande la plus grande vigilance », a conclu le chef de l’Etat.

Partager cet article

Dans la même thématique

Assemblee Nationale – Questions au Gouvernement
4min

Politique

Sénatoriales 2026 : La France insoumise lance ses troupes à l’assaut d’un Sénat qui lui échappe encore

À deux mois des élections sénatoriales du 27 septembre, La France insoumise dévoile ses 90 têtes de liste dans les départements concernés par le renouvellement de la moitié de la Haute Assemblée. Sans aucun sénateur à ce jour, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon espère transformer sa percée aux municipales en premiers sièges au Palais du Luxembourg.

Le

L Assemblee adopte l’interdiction des reseaux sociaux aux moins de 15 ans
5min

Politique

Réseaux sociaux : députés et sénateurs s’accordent sur une interdiction totale aux moins de 15 ans

Réunis en commission mixte paritaire ce lundi, les sept députés et sept sénateurs se sont mis d’accord sur l’interdiction de tous les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Elle s’applique à toutes les plateformes, sans opérer de distinction comme le souhaitait initialement le Sénat. Emmanuel Macron veut appliquer le texte dès la rentrée, mais sa portée pourrait être limitée puisque la Commission européenne cherche à reprendre la main sur le sujet.

Le

Paris: Deputes dans la salle des quatre colonnes
7min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : dénonçant sa place sur la liste de Renaud Muselier, Valérie Boyer se lance de son côté

La sénatrice LR sortante, qui avait obtenu l’investiture à la troisième place d’une liste d’union UDI-Renaissance-LR, demandait la première place. Après avoir dénoncé un accord déséquilibré et se sentant « en décalage politique », Valérie Boyer décide de lancer sa liste dissidente. Renaud Muselier « regrette qu’elle ait cassé l’accord ». De quoi amener une dose d’incertitude de plus dans le scrutin.

Le

Tribute to Edgar Morin
7min

Politique

Présidentielle 2027 : « La candidature de Bernard Cazeneuve traduit la difficulté de notre personnel politique à se renouveler », selon Bruno Cautrès

Bernard Cazeneuve s'avance un peu plus sur le chemin déjà bien embouteillé de la présidentielle. Sans se déclarer officiellement candidat, l'ancien Premier ministre vient de publier une « Lettre aux Français » aux allures de programme, couplée à une interview dans Le Parisien dans laquelle il réaffirme son positionnement social-démocrate. Un espace déjà convoité par François Hollande et Raphaël Glucksmann.

Le