Portrait de la Corse économique et sociale
Les dernières statistiques sur la Corse publiées par l'Insee à la mi-décembre montrent des tendances nettes: essor du tourisme, des transports...

Portrait de la Corse économique et sociale

Les dernières statistiques sur la Corse publiées par l'Insee à la mi-décembre montrent des tendances nettes: essor du tourisme, des transports...
Public Sénat

Par Maureen COFFLARD

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Les dernières statistiques sur la Corse publiées par l'Insee à la mi-décembre montrent des tendances nettes: essor du tourisme, des transports et de la population, majorité écrasante de petites entreprises, forte densité artisanale et forte pauvreté.

- Peu peuplée mais population en hausse -

Quatrième île de la Méditerranée de par sa superficie, la Corse est "la moins densément peuplée avec 37 habitants au km²".

Au 1er janvier 2015, la Corse comptait 326.950 habitants. Depuis 2009, elle enregistre une "forte hausse démographique, deux fois supérieure à la moyenne nationale", note l'Insee qui précise que ce dynamisme "est dû uniquement à l'excédent migratoire".

La population insulaire est largement concentrée sur le littoral et "43% résident dans les communautés d’agglomération du Pays ajaccien et de Bastia", les deux villes principales de l'île.

La population y est "plus âgée et moins diplômée qu'en métropole". Elle comprend davantage de familles monoparentales. Son parc de logements se caractérise par une "surreprésentation des résidences secondaires et une faible offre en logement social".

La Collectivité territoriale unique corse
Composition de la Collectivité territoriale unique corse, qui s'installe ce mardi
AFP

L'île, "sous-équipée pour l'accueil en établissements des personnes âgées", est généralement bien pourvue en professionnels de santé, avance l'Institut national de la statistique. Avec 61 places pour 1.000 personnes de 75 ans ou plus, l'offre d'accueil en établissements pour personnes âgées est "deux fois plus faible qu'en moyenne métropolitaine".

- Economie tertiaire, tourisme et artisanat -

En Corse, après une phase de forte hausse, le Produit intérieur brut (PIB) "stagne à partir de 2011". En 2014, le PIB de la Corse s'élève à 8,59 milliards d'euros. A 26.432 euros, le PIB par habitant reste 5% "en deçà de la moyenne de province, mais l'écart se réduit", souligne l'Insee qui rappelle que l'écart était de 15% en 2004.

L'institut note "la prépondérance du tertiaire marchand" -48% de la richesse de la région- et notamment des "activités liées au tourisme". Une activité touristique qui progresse. La hausse concerne aussi bien les passagers accueillis dans les ports et aéroports insulaires (croisiéristes compris) -qui s'établit en 2016 à 8,9 millions de personnes accueillies- que la fréquentation des hébergements marchands. "Les trafics croisières augmentent très fortement et dépassent pour la première année le million de passagers", souligne l'Insee.

L'activité touristique progresse en Corse
L'activité touristique progresse en Corse
AFP/Archives

Les petits établissements dominent le tissu économique régional : 96 % ont moins de 10 salariés. En 2016, 3.770 entreprises ont été créées dans la région, 36% sous forme de micro-entreprises soit une part plus faible qu'en 2009 (52%), à l'image du paysage national. Avec 12.860 entreprises artisanales en 2016, soit 389 entreprises pour 10.000 habitants, "l'île enregistre la densité artisanale la plus forte de France".

En 2016, les énergies renouvelables représentaient "près du tiers de la production d'électricité de l'île" grâce à quatre barrages hydroélectriques.

La construction de logements neufs "retourne à la normale après une forte hausse en Corse-du-Sud en 2015".

L'agriculture se caractérise par une surface agricole utile peu étendue : elle couvre "un cinquième du territoire régional contre la moitié du territoire national".

Le parc naturel marin du Cap Corse, créé en 2016, est "le plus vaste de métropole" avec 683.000 hectares.

- Chômage et pauvreté -

La Corse comptait 122.400 emplois fin 2015. Le secteur tertiaire est le principal employeur de l'île.

Fin 2016, le taux de chômage régional s'établit à 10,5% de la population active. Il est "en repli mais demeure supérieur au taux national" de 9,7%. Les femmes sont plus nombreuses dans la demande d'emploi, contrairement au reste du territoire français.

Avec "un ménage sur cinq vivant sous le seuil de pauvreté", "la Corse est la région la plus touchée par la pauvreté monétaire". Les familles monoparentales et les jeunes sont particulièrement concernés.

Partager cet article

Dans la même thématique

Portrait de la Corse économique et sociale
4min

Politique

Nouvelle-Calédonie : devant le Sénat, la ministre des Outre-mer détaille les avancées de l’accord Élysée-Oudinot 

Cet accord, soutenu par les principales formations politiques néo-calédoniennes, à l’exception du FLNKS, prévoit l'adoption d'un projet de loi constitutionnelle au printemps et le déploiement d’un plan de relance de 2,2 milliards d’euros sur quatre ans. Naïma Moutchou, la ministre des Outre-mer, était auditionnée au Sénat ce 22 janvier.

Le

Portrait de la Corse économique et sociale
4min

Politique

Fin de vie : le Sénat vote un texte vidé de sa substance, la gauche dénonce un « sabotage » de la droite

Dans la nuit, le Sénat a adopté la proposition de loi relative à l’aide à mourir mais en supprimant les deux articles phares, le principe de l’assistance à mourir et ses modalités, rendant le texte inopérant. La majorité sénatoriale s’est divisée sur la version rédigée par la commission des affaires sociales qui préconisait une version de compromis. Le patron de LR, Bruno Retailleau avait indiqué qu’il rejetterait le texte quelle que soit sa rédaction.

Le

Portrait de la Corse économique et sociale
3min

Politique

Fin de vie : le Sénat vote le principe « du droit opposable au soulagement » 

Le Sénat a voté en faveur « d’un droit opposable au soulagement » lors de l’examen de la proposition de loi relative à l’aide à mourir. Après avoir rejeté l’article qui fixait les conditions, le Sénat est donc également revenu sur le principe de « l’assistance médicale à mourir », défendue par la commission des affaires sociales ». 

Le