Pour Guillaume Peltier, « LR est devenu une auberge espagnole idéologique »
Invité vendredi de Public Sénat, l’ancien LR Guillaume Peltier a défendu le positionnement d’Éric Zemmour « pour réconcilier la France avec la grandeur et la prospérité. » Il estime que la campagne de Valérie Pécresse sera progressivement vampirisée par le polémiste d’un côté, et Emmanuel Macron de l’autre.

Pour Guillaume Peltier, « LR est devenu une auberge espagnole idéologique »

Invité vendredi de Public Sénat, l’ancien LR Guillaume Peltier a défendu le positionnement d’Éric Zemmour « pour réconcilier la France avec la grandeur et la prospérité. » Il estime que la campagne de Valérie Pécresse sera progressivement vampirisée par le polémiste d’un côté, et Emmanuel Macron de l’autre.
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Sitôt Éric Zemmour rallié pour sa campagne présidentielle, le député Guillaume Peltier, ancien numéro deux des Républicains, s’est vu nommer porte-parole du candidat et vice-président de son nouveau parti, Reconquête. Une défection que ses anciens camarades de droite ont tenté de minimiser en évoquant notamment le louvoiement d’un parcours politique commencé au Front national, avant un passage chez Bruno Mégret et Philippe de Villiers, puis un ralliement à Nicolas Sarkozy à la fin des années 2000. Invité vendredi d’« Extra Local » sur Public Sénat, Guillaume Peltier leur a renvoyé la critique : « Je suis parti de LR parce que c’était devenu l’auberge espagnole sur le plan idéologique », a-t-il expliqué.

« Les Républicains oubliant le général de Gaulle, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, et finissant pour tout dire et ne plus rien dire, il est légitime que leurs responsables partent », tacle l’élu. « Les gens ne pensent plus du tout la même chose », explique Guillaume Peltier qui cite notamment ses différences de vues avec Éric Woerth, ce dernier ayant annoncé mercredi qu’il apportait son soutien à Emmanuel Macron.

« Cette élection sera celle de la clarification et de la recomposition »

« On voit dans quelle situation est le PS, qui est devenu un petit parti d’élus, ce sera la même chose pour LR. La plupart des adhérents et des électeurs vont quitter Valérie Pécresse », prédit Guillaume Peltier, qui décrit une candidate prise entre le marteau et l’enclume, c’est-à-dire entre le discours très identitaire d’Éric Zemmour et la ligne libérale d’Emmanuel Macron. Ceux qui considèrent que la mondialisation est heureuse, que les classes moyennes ne servent pas à grand-chose vont chez Macron, et ceux qui considèrent que la patrie est en danger, que l’immigration et l’école sont des sujets essentiels, viennent chez Zemmour », résume-t-il. Et d’ajouter : « Cette élection sera celle de la clarification et de la recomposition. »

« Éric Zemmour est tout sauf un politicien »

Concernant son ralliement au polémiste, Guillaume Peltier confie avoir reçu « extrêmement de menaces ». « Il faut que chacun comprenne que la démocratie, c’est le choix de ne pas être d’accord », défend-il. « Cela fait 20 ans que je suis engagé en politique, j’ai fait plusieurs partis », admet l’ancien porte-parole de Nicolas Sarkozy. « Je ne suis ni à gauche ni centriste, mais profondément de droite. Je cherche depuis longtemps celui qui pourra rassembler les droites », explique-t-il. « Éric Zemmour est tout sauf un politicien », estime encore Guillaume Peltier. « C’est un Français juif berbère venu d’Algérie qui propose, sur l’immigration, le logement et l’école, une transformation profonde pour réconcilier la France avec la grandeur et la prospérité. »

Partager cet article

Dans la même thématique

FRA – BOOK – CONSENTEMENT
2min

Politique

Crise chez Grasset : la sénatrice Sylvie Robert (PS) propose de créer une clause de conscience pour les auteurs

Alors que plus de 150 écrivains annoncent quitter la maison d’édition Grasset pour protester contre le renvoi du PDG Olivier Nora, la sénatrice socialiste Sylvie Robert propose une « loi d’urgence » pour « protéger les auteurs ». Le but : permettre aux auteurs d’activer une clause de conscience en cas de changement radical de la ligne éditoriale de leur éditeur.

Le

FRA – ELECTIONS MUNICIPALES – LR RETAILLEAU
10min

Politique

« Il faut qu’il abatte son jeu et rentre sur le terrain » : Bruno Retailleau pourrait être candidat officiel des LR pour 2027 dès dimanche

Les militants LR sont appelés à choisir le mode de désignation de leur candidat ce week-end. Mais entre primaire fermée, primaire semi-ouverte et président du parti propulsé candidat, c’est la troisième option qui tient la corde. De quoi permettre au président des LR de lancer le second étage de la fusée et dévoiler son programme « de rupture ». Un meeting est en préparation avant l’été. Il pourrait se faire au Parc floral de Paris, le 20 juin.

Le

Pour Guillaume Peltier, « LR est devenu une auberge espagnole idéologique »
4min

Politique

Loi-cadre sur les transports : « Nous allons donner des moyens supplémentaires pour investir dans les transports », promet le ministre Philippe Tabarot

Alors que le projet de loi-cadre sur les transports est examiné en séance au Sénat, Philippe Tabarot a égrené les grandes lignes de « son » texte, jeudi 16 avril, au micro de Public Sénat. Le ministre des transports veut assurer la pérennité des financements du secteur, notamment via les recettes des péages autoroutiers et un nouveau contrat avec SNCF Réseau.

Le

Marine Le Pen and Jordan Bardella Hold Campaign Rally in Chalons-en-Champagne
6min

Politique

Présidentielle : « Une inclinaison libérale plus prononcée au RN, incarnée par Jordan Bardella, ne sera pas forcément de nature à rebuter son électorat »

Jeudi et vendredi, les cadres du RN se retrouvent dans un lieu secret pour « un séminaire présidentiel ». Le parti, qui est toujours suspendu à la décision de la Cour d’appel sur l’inéligibilité de Marine Le Pen, n’est pas encore tout à fait en ordre de marche. Au fil des mois, Jordan Bardella semble s’éloigner de la ligne souverainiste et étatiste prônée lors des précédentes campagnes présidentielles. Faut-il y voir un antagonisme ou une manière d'accéder à un dernier territoire de conquête électorale ?

Le