Pour Hamon, le futur devient « possible »
Benoît Hamon a effectué vendredi son premier déplacement de campagne présidentielle en Moselle, où, porté par une dynamique depuis sa victoire à...

Pour Hamon, le futur devient « possible »

Benoît Hamon a effectué vendredi son premier déplacement de campagne présidentielle en Moselle, où, porté par une dynamique depuis sa victoire à...
Public Sénat

Par Jérémy MAROT

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Benoît Hamon a effectué vendredi son premier déplacement de campagne présidentielle en Moselle, où, porté par une dynamique depuis sa victoire à la primaire, il a opéré un glissement d'un futur "désirable" vers un avenir désormais "possible".

Six jours après avoir remporté la primaire socialiste élargie, M. Hamon a arpenté des terres bien connues de son ancien rival (re)devenu allié, Arnaud Montebourg, qui avait fait de l'industrie mosellane, notamment l'usine Arcelor Mittal de Florange, son cheval de bataille.

Aux côtés de la députée de Moselle, Aurélie Filippetti, compagne de M. Montebourg, M. Hamon a répété l'un de ses slogans de campagne ("proposer un futur désirable") mais cette fois complété de l'adjectif "possible".

Signe que les critiques de son propre camp sur le manque supposé de "crédibilité" de son projet ont été d'une certaine manière intégrées et que son programme était effectivement prêt à s'ouvrir à d'autres contributions, comme il l'a promis dans une optique de rassemblement. Marque aussi de la confiance qui habite M. Hamon, en nette hausse dans plusieurs sondages réalisées depuis sa victoire.

"Les relocalisations, la notion de Made in France, ce sont des idées qu'Arnaud a développées durant la campagne et que je reprends à mon compte", a ainsi glissé M. Hamon lors de son passage à Forbach, ville où Florian Philippot, n°2 du FN, avait obtenu des scores élevés lors de ses défaites aux législatives, puis aux municipales.

Dans cet ancien bassin houiller, où le Front national prospère, Mme Filippetti a d'ailleurs estimé que "la reconquête des classes populaires par la gauche" était une "priorité". "Benoît Hamon peut toucher cet électorat", a-t-elle assuré.

Le candidat à la présidentielle Benoît Hamon à Metz, dans l'est de la France, le 3 février 2017
Le candidat à la présidentielle Benoît Hamon à Metz, dans l'est de la France, le 3 février 2017
AFP

Plusieurs fois, le député des Yvelines a ainsi attaqué le Front national qui "ne règlera rien" et "crée du désordre", ainsi que la droite de François Fillon.

"Ce sont des projets totalement sinistres, qui postulent que tout était mieux avant, moi je pense que tout sera mieux demain, à condition que l'on s'en donne les moyens et que l'on soit volontaire", a affirmé M. Hamon.

"C'est pour cela qu'il faut aussi regarder la réalité en face", a-t-il insisté, en prenant l'exemple de la restructuration qui menace 370 postes, dont 259 en Moselle, chez le boulanger industriel Neuhauser.

- Attaque sur le CICE -

M. Hamon s'est rendu sur l'un des sites de production près de Folschviller, reçu par une délégation de salariés, dont il a jugé la situation "symbolique de territoires dans lesquels on a connu la désindustrialisation".

"Tout ça, c'est l'histoire assez classique de grands groupes qui décident, pour consolider leur marge, de se débarrasser d'une activité, en organisant le désinvestissement". "Sauf qu'il y a des femmes et des hommes qui sont sur ses lignes", a-t-il déploré.

L'ancien ministre de l'Éducation, qui a quitté le gouvernement fin août 2014 pour rejoindre les frondeurs sur les bancs de l'Assemblée nationale, en a profité pour épingler le Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE), une des principales mesures du quinquennat de François Hollande.

"On ne peut plus avoir une politique de soutien à l'économie, qui se fasse sans contrepartie", a-t-il rappelé.

"Remarquez l'année dernière l'explosion de la distribution de dividendes, au moment où l'on fait du CICE", a-t-il poursuivi. "Ça veut donc dire qu'une grande partie des aides apportées aux entreprises a servi à augmenter la rémunération des actionnaires, pas les salaires, et pas aux créations d'emploi. Moi, je juge qu'une politique comme celle-là n'est pas bonne pour le pays".

Dans cette journée marquée par une agression à caractère terroriste au Louvre, M. Hamon a également assuré qu'il ne se livrerait pas "à une surenchère électorale" sur les mesures en matière de sécurité. Tout en égrénant certaines de ses propositions, comme la "reconstruction du renseignement territorial", la nécessité d'une "coopération au niveau européen" ou la création d'un budget conjoint sécurité-défense à hauteur de 3% du PIB.

Partager cet article

Dans la même thématique

Mirecourt: French president Emmanuel Macron
6min

Politique

Macron veut interdire les portables au lycée : mesure qui « va dans le bon sens » ou « peine perdue » ?

Le chef de l’Etat a annoncé que les téléphones portables allaient « sans doute » être interdits dès la rentrée prochaine dans les lycées. C’est « faisable », soutient le sénateur Renaissance Martin Lévrier. « Il est incorrigible. C’est une annonce par jour pour exister », raille le sénateur LR Max Brisson, opposé à l’interdiction au lycée. « Une annonce un peu surréaliste » qui élude les vrais problèmes, dénonce la sénatrice PS Colombe Brossel.

Le

France Marseille vs Newcastle: Pre-Match Security Highlights
3min

Politique

« Violences policières » : la gauche du Sénat demande une commission d’enquête sur de « potentiels dysfonctionnements » au sein de l’IGPN et l’IGGN

Suite aux récentes révélations mettant en cause les forces de l’ordre dans des affaires de violences au sein des personnes dépositaires de l’autorité publique, la gauche du Sénat demande à la commission des lois de se doter des prérogatives d’une commission d’enquête visant à examiner les conditions dans lesquelles l’IGPN et l’IGGN exercent leurs prérogatives.

Le

Paris : Debate session on the draft budget law for 2026
4min

Politique

Budget de la Sécu : la règle de l’entonnoir peut-elle faciliter un compromis ?

Mercredi, députés et sénateurs ne sont pas parvenus à trouver une un accord en commission mixte paritaire sur le projet de loi de la Sécurité sociale. Le texte repart donc pour une nouvelle lecture en séance publique à partir de mardi, à l’Assemblée nationale. Les députés vont plancher sur le texte sorti du Sénat et conformément à la règle dite de l’entonnoir, leur droit d’amendement est limité. Ce qui va accélérer les débats mais sera-t-il suffisant pour arriver à un compromis ? Explications.

Le

Paris : session of questions to the government at the Senate
4min

Politique

Décentralisation : un rapport du Sénat remis au Premier ministre

Afin d’accompagner Sébastien Lecornu vers son engagement d’un grand acte de décentralisation, Gérard Larcher avait fait parvenir le 31 octobre la contribution du Sénat. Le document que Public Sénat a pu consulter appelle à consacrer un principe de différentiation et d’autonomie fiscale des collectivités.

Le