ALBANIA-FRANCE-POLITICS
Albanian Prime Minister Edi Rama addresses the floor during the Future Investment Initiative (FII) Priority Europe Summit, at the National Theater, in Tirana on May 17, 2025. (Photo by Ludovic MARIN / AFP)

Pour le nouveau Premier ministre albanais : « L’histoire nous a enseigné qu’il n’y a rien de mieux que l’UE » 

Les élections en Roumanie, en Pologne ou au Portugal ont montré une poussée des forces eurosceptiques ou anti-establishment. Pourtant, une autre élection en Albanie, qui a eu lieu le 11 mai 2025, a envoyé un signal fort d’adhésion des Balkans à l’Union européenne. Le socialiste Edi Rama, Premier ministre réélu de l’Albanie, est l’invité de l’émission Ici L’Europe avec Caroline de Camaret.
Mathieu Terzaghi

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Ce pays de 2,4 millions d’habitants, anciennement communiste, voit son Premier ministre rempiler pour un quatrième mandat après 10 ans au pouvoir. Réélu le 11 mai dernier, Edi Rama a fait campagne sur le thème de l’intégration à l’Union européenne, qu’il espère pour 2030.

« L’Albanie est européanisée et l’Europe est balkanisée »

Est-ce que cette promesse d’adhésion à l’UE à l’horizon 2030, un des principaux thèmes de sa campagne, a permis de l’emporter sur la droite ? « C’est un pays assez optimiste. Dans tous les baromètres de l’Union européenne, les Albanais sont toujours à la première place sur la question de l’Europe. Ils aiment l’Europe, ils veulent l’Europe. L’histoire nous a donné tout ce qu’il fallait pour comprendre qu’il n’y a rien de mieux que l’UE. Pour nous, c’est un espace de paix et de sécurité avant tout. Les nouvelles générations de l’Europe elles-mêmes ont perdu ce sens, et ont perdu les liens avec l’Histoire qui pour nous sont encore très forts ».

Avec 83 sièges sur 140, le parti socialiste albanais d’Edi Rama détient la majorité au Parlement, avec une campagne tendue entre gauche et droite : « Il y a des interprétations différentes que l’on peut faire. Moi je trouve que c’est plus violent en France où il y a eu une fracture ces dernières années dans la société et dans la politique. C’est plus violent au Royaume-Uni, par exemple. (…) L’Albanie était seule il y a 20 ans, elle n’est plus seule. Nous on est européanisé et l’Europe est plus balkanisée. »

Une influence russe dans les Balkans ?

Interrogé sur l’influence de Vladimir Poutine dans les Balkans, le Premier ministre albanais tempère : « Ce sont les stéréotypes occidentaux faciles. Ce n’est pas comme ça. (…) La Serbie est entre l’Europe et la Russie. En Albanie ou au Monténégro, ce n’est pas la même chose. Nous en Albanie, ce n’est rien. La popularité de Vladimir Poutine est entre 1,5 et 2,2%, au Monténégro, peut-être un peu plus, mais ce n’est pas une région où la Russie a une influence énorme », selon Edi Rama.

Un accord bilatéral avec l’Italie controversé

Enfin, questionné sur l’accord bilatéral sur l’immigration signé entre l’Albanie et l’Italie, et dénoncé par certaines ONG, et qui prévoit d’externaliser la demande d’asile sur le territoire albanais, Edi Rama botte en touche : « Ce ne sont pas nos centres, ce n’est pas notre projet, ce n’est pas à moi de répondre, on a seulement donné à l’Italie, qui est un pays très spécial, avec qui on a un rapport complétement particulier, la juridiction sur un terrain. Juridiquement, ce sont des terrains italiens et tout ce qui est lié à la gestion de ces centres, c’est la responsabilité de l’Italie », estime t-il.

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Assemblee Nationale – Questions au Gouvernement
4min

Politique

Sénatoriales 2026 : La France insoumise lance ses troupes à l’assaut d’un Sénat qui lui échappe encore

À deux mois des élections sénatoriales du 27 septembre, La France insoumise dévoile ses 90 têtes de liste dans les départements concernés par le renouvellement de la moitié de la Haute Assemblée. Sans aucun sénateur à ce jour, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon espère transformer sa percée aux municipales en premiers sièges au Palais du Luxembourg.

Le

L Assemblee adopte l’interdiction des reseaux sociaux aux moins de 15 ans
5min

Politique

Réseaux sociaux : députés et sénateurs s’accordent sur une interdiction totale aux moins de 15 ans

Réunis en commission mixte paritaire ce lundi, les sept députés et sept sénateurs se sont mis d’accord sur l’interdiction de tous les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Elle s’applique à toutes les plateformes, sans opérer de distinction comme le souhaitait initialement le Sénat. Emmanuel Macron veut appliquer le texte dès la rentrée, mais sa portée pourrait être limitée puisque la Commission européenne cherche à reprendre la main sur le sujet.

Le

Paris: Deputes dans la salle des quatre colonnes
7min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : dénonçant sa place sur la liste de Renaud Muselier, Valérie Boyer se lance de son côté

La sénatrice LR sortante, qui avait obtenu l’investiture à la troisième place d’une liste d’union UDI-Renaissance-LR, demandait la première place. Après avoir dénoncé un accord déséquilibré et se sentant « en décalage politique », Valérie Boyer décide de lancer sa liste dissidente. Renaud Muselier « regrette qu’elle ait cassé l’accord ». De quoi amener une dose d’incertitude de plus dans le scrutin.

Le

Tribute to Edgar Morin
7min

Politique

Présidentielle 2027 : « La candidature de Bernard Cazeneuve traduit la difficulté de notre personnel politique à se renouveler », selon Bruno Cautrès

Bernard Cazeneuve s'avance un peu plus sur le chemin déjà bien embouteillé de la présidentielle. Sans se déclarer officiellement candidat, l'ancien Premier ministre vient de publier une « Lettre aux Français » aux allures de programme, couplée à une interview dans Le Parisien dans laquelle il réaffirme son positionnement social-démocrate. Un espace déjà convoité par François Hollande et Raphaël Glucksmann.

Le