« Pour moi, il n’y a pas un signe égal entre LFI et le RN », assure Carole Delga 

Invitée de la matinale de Public Sénat, la présidente de Régions de France, Carole Delga, est revenue sur les liens entre LFI et le reste de la gauche. Si Carole Delga refuse de renvoyer LFI et le RN dos-à-dos, cette dernière prône néanmoins une séparation claire avec LFI.
Henri Clavier

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Si Carole Delga n’hésite pas à reprendre le slogan du Parti socialiste de François Mitterrand en voulant « changer la vie », elle ne compte cependant pas adopter la même stratégie politique. Pour la présidente de la région Occitanie, « LFI ne peut pas être dans une union de la gauche avec le parti socialiste ». Déjà opposée aux accords électoraux avec LFI en 2022 et 2024, Carole Delga considère que les événements liés à la mort de Quentin Deranque ont confirmé l’idée d’une séparation nette avec LFI. Néanmoins, la présidente de Régions de France a tenu à « rappeler que le combat premier, il est contre l’extrême droite ». 

« Nous devons faire en sorte que le RN ne gagne pas, sans faire l’union avec LFI »

Pour ces raisons, Carole Delga refuse de renvoyer dos-à-dos LFI et le RN. « Pour moi il n’y a pas un signe égal entre LFI et le RN », affirme la présidente de la région Occitanie. L’ancienne députée PS de la Haute-Garonne exclut ainsi le RN de « l’arc républicain » considérant qu’il s’agit d’un « parti raciste » prônant la préférence nationale. A quelques semaines des élections municipales, Carole Delga appelle à faire battre le RN partout, y compris en se désistant au profit d’une liste LFI si ces derniers sont en tête à gauche. « Nous devons faire en sorte que le RN ne gagne pas, sans faire l’union avec LFI », explique-t-elle. 

La direction du Parti socialiste n’a cependant pas exclu la possibilité de fusionner certaines listes avec LFI au second tour des municipales en cas de clarification des élus insoumis sur leur rapport à la violence politique. « Je pense qu’il est toujours nécessaire que la direction du PS clarifie ses positions », lâche Carole Delga, hostile aux rapprochements avec les insoumis. 

« Jean-Luc Mélenchon est l’homme le plus détesté de France » 

Selon cette dernière, un rapprochement avec les insoumis menacerait les espoirs de victoire pour la gauche en 2027. « Jean-Luc Mélenchon est l’homme le plus détesté de France. Il faut être conscient qu’il ne sera pas un vote refuge comme il a pu l’être à de précédentes élections », considère Carole Delga. Défendant un programme de gauche radicale, Jean-Luc Mélenchon avait écrasé ses adversaires de gauche lors de l’élection présidentielle de 2022. Quatre ans plus tard, la présidente de la région Occitanie croit au retour en force d’une ligne sociale-démocrate : « Nous avons une gauche universaliste, qui soutient le peuple ukrainien, qui combat l’antisémitisme, une gauche qui aime l’entreprise ». 

Alors que les candidatures de Raphaël Glucksmann, François Hollande ou Bernard Cazeneuve sont fréquemment évoquées, Carole Delga écarte la possibilité d’une candidature. « Je ne rajouterai pas mon nom à la liste de [candidatures] », assure-t-elle. « Il faut travailler pour faire une proposition de gauche qui rassemble », continue la présidente de la région Occitanie qui fait du rassemblement une condition de la victoire face au RN.

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