Pour succéder à Ferrand à la tête des députés LREM, pas d’évidence
A la recherche du "mouton à cinq pattes" : les candidatures risquent de se bousculer sans qu'aucune ne s'impose vraiment à la...

Pour succéder à Ferrand à la tête des députés LREM, pas d’évidence

A la recherche du "mouton à cinq pattes" : les candidatures risquent de se bousculer sans qu'aucune ne s'impose vraiment à la...
Public Sénat

Par Anne Pascale REBOUL, Jérémy MAROT

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

A la recherche du "mouton à cinq pattes" : les candidatures risquent de se bousculer sans qu'aucune ne s'impose vraiment à la tête des députés macronistes, après le départ mercredi de Richard Ferrand pour le perchoir de l'Assemblée.

"Le job est compliqué, avec un gros volet RH, et une dimension sacrificielle aussi", d'après Jean-Baptiste Djebbari, à l'unisson de ses collègues qui évoquent une fonction "ingrate" de "gestion des ambitions et des conflits", comme sous toutes les législatures.

Pourtant, l'enjeu est de taille. Le président du groupe majoritaire est un rouage essentiel pour le pouvoir : il doit garantir le vote des textes dans l'hémicycle, éviter les dissonances, et donner de l'impulsion en phase avec le gouvernement.

Il s'agit aussi ici d'animer un collectif d'un an d'âge et de 312 membres, tantôt perçus comme "godillots", tantôt traversés par des débuts de fronde.

"Jamais nous n'avons fait défaut, jamais nous ne ferons défaut", a lancé mardi Richard Ferrand au Premier ministre, invité avec plusieurs membres du gouvernement du séminaire de rentrée parlementaire LREM à Tours.

Officiellement, l'exécutif ne se mêle pas de cette élection interne, conséquence du jeu de chaises musicales depuis l'entrée de l'ex-président de l'Assemblée François de Rugy au gouvernement. Les députés "marcheurs" choisiront "librement" en fonction "des "compétences et de l'engagement", assure le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, évacuant la question d'un homme ou d'une femme, sur l'échiquier très masculin de la macronie.

"Il faut quelqu'un capable de rassembler un groupe susceptible de se fracturer, de mobiliser les troupes, et aussi qui connaisse bien les mécanismes de l'Assemblée et ait de la surface médiatique", énumère une source parlementaire.

C'est pourquoi "il n'y a pas de profil qui s'impose à tous", reconnaît la députée Marie Guévenoux, issue de la droite. "Difficile de succéder à Richard (Ferrand) qui avait une légitimité et une autorité supérieures à qui que ce soit", renchérit son collègue Pierre Person, de sensibilité de gauche.

Après l'investiture haut la main lundi du député du Finistère pour la présidence du Palais Bourbon, les modalités du prochain vote des députés LREM ont été tranchées dès mardi matin.

- "Autorégulation" -

Le dépôt des candidatures sera ouvert à partir de mercredi 20H00 et pour 24 heures. Il n'y a pas de parrainages nécessaires, et les binômes sont proscrits. Le vote aura lieu mardi prochain.

Alors que de nombreux noms circulent depuis plusieurs jours, la députée de Paris Laetitia Avia a été la première à se déclarer mardi. "Etant ni de gauche ni de droite, et issue de la société civile, mon positionnement est avant tout celui d’une +marcheuse+", fait valoir celle qui est également cadre dirigeante du parti LREM.

Parmi les autres prétendants possibles : les porte-parole du groupe Aurore Bergé (ex-LR) et Gabriel Attal, la présidente de la commission des Affaires sociales Brigitte Bourguignon (ex-PS) et encore celui des Affaires économiques Roland Lescure.

Défaits lundi dans la compétition pour le perchoir, Barbara Pompili, Cendra Motin et Philippe Folliot n'ont pas l'intention de concourir à nouveau.

En réunion à huis clos mardi matin, les députés sont convenus d'une "autorégulation" pour éviter "pléthore de candidatures", selon plusieurs participants.

"C'est l'intérêt du groupe" dans un contexte de rentrée compliqué, et "il faudra bien retravailler demain ensemble", explique une de ses figures.

Avant l'examen à l'Assemblée d'un série de textes aux enjeux économiques et sociaux (Pacte sur les entreprises, lutte contre la fraude, budgets...), Edouard Philippe a exhorté les parlementaires à sortir du "tourbillon de l'actualité" pour se "consacrer à l'essentiel", le programme des réformes.

Le chef du gouvernement leur a aussi demandé de "rester" eux-mêmes en vue d'"une année de bagarre", notamment avec les élections européennes. Richard Ferrand a promis que "l'an II sera un grand cru".

Partager cet article

Dans la même thématique

Pour succéder à Ferrand à la tête des députés LREM, pas d’évidence
4min

Politique

Au Sénat, l’acteur Bruno Solo appelle à la mobilisation face à la montée des masculinismes

Face à la menace grandissante des discours masculinistes, l’acteur Bruno Solo appelle les hommes à s'engager « concrètement » pour inverser la tendance. Lors d’une table ronde organisée au Sénat, plusieurs intervenants ont lancé l’alerte sur une jeunesse livrée à la misogynie en ligne, et rappellent l'urgence d'appliquer enfin l’arsenal législatif contre les violences sexistes et sexuelles.

Le

Documentaire De Gaulle, histoire d’un géant de Jean-Pierre Cottet
4min

Politique

Comment de Gaulle a construit l’image de la France dans le monde

États-Unis, Allemagne mais aussi Sénégal quand le monde apprend la démission du président de Gaulle en avril 1969, c’est une onde de choc politique. Celui qui était au pouvoir depuis 1958 avait en effet tissé des liens avec le monde entier. Construction d’une politique européenne pour se préserver notamment de l’influence de l’Amérique, décolonisation… Charles de Gaulle avait imprimé sa marque, ses opinions en matière de politique étrangère, laissant ainsi son héritage. C’est l’un des chapitres que nous propose de feuilleter le réalisateur Jean-Pierre Cottet dans le documentaire De Gaulle, histoire d’un géant diffusé sur Public Sénat.

Le

Capture d’écran du documentaire « Les Rosenberg, des espions au cœur de l’Amérique » de Julia Bracher
6min

Politique

Les « docus de l’été » : Les époux Rosenberg, les espions qui ont divisé l’Amérique

C’est l’un des procès pour espionnage les plus retentissants de l’Histoire des États-Unis. Celui des époux Rosenberg, accusés d’avoir travaillé pour le compte des Soviétiques en pleine Guerre froide et alors que l’Amérique apprend avec stupeur que les Russes détiennent l’arme atomique. Le documentaire "Les Rosenberg, des espions au cœur de l’Amérique", réalisé par Julia Bracher, diffusé cet été sur Public Sénat, raconte leur histoire et les tumultes provoqués par leur procès jusqu’au jour de leur exécution, le 19 juin 1953. L’élan populaire international n’aura pas suffi à les sauver de la chaise électrique.

Le

Pour succéder à Ferrand à la tête des députés LREM, pas d’évidence
5min

Politique

« On m’a posé douze implants le même jour, une souffrance qu’on ne peut pas décrire » raconte cette victime d’un centre dentaire « low-cost »

En 2015, pour son passage à la retraite, Christine Teilhol, souhaite s’offrir un nouveau sourire. Éblouie par des tarifs attractifs d’un centre dentaire qui vient d’ouvrir, cette ancienne technicienne de laboratoire va tomber dans le piège d’un escroc et découvrir les limites de la médecine « low-cost ».

Le