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Pourquoi commémore-t-on l’abolition de l’esclavage le 10 mai en Métropole ?

Depuis 2006, le 10 mai est la date de la journée nationale officielle de commémoration des mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions. Une cérémonie à laquelle participe le président de la République ou le Premier ministre. Dans les territoires d’Outre-mer, les commémorations ont lieu à d’autres dates. Explications.
Rédaction Public Sénat

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Comme les deux dernières années, Emmanuel Macron ne présidera pas la cérémonie officielle de commémoration de l’abolition de l’esclavage. C’est le Premier ministre, François Bayrou qui présidera la cérémonie à Brest à partir de 15 heures. Celle-ci ne se tiendra pas au Jardon du Luxembourg comme c’était le cas jusqu’en 2023. L’année dernière, le Premier ministre Gabriel Attal avait présidé la cérémonie à la Rochelle.

Le choix du 10 mai

Le 10 mai est la date de la journée nationale officielle de commémoration des mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions, choisie par Jacques Chirac en 2006 alors président de la République. « Cette date ne se substituera pas aux dates qui existent déjà dans chaque département d’Outre-mer. Mais dès le 10 mai de cette année, des commémorations seront organisées dans les lieux de mémoire de la traite et de l’esclavage en métropole, en outre-mer, et sur le continent africain », avait déclaré Jacques Chirac lors d’une allocution télévisée le 30 janvier 2006.

Pour le choix du 10 mai, Jacques Chirac s’était appuyé sur une proposition du Comité pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage, aujourd’hui remplacé par la Fondation pour la mémoire de l’esclavage, présidée par l’ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault.

La « loi Taubira » du nom de l’ancienne garde des Sceaux qui en 2001 était rapporteure du texte, prévoit, en plus de la reconnaissance comme crime contre l’humanité, qu’une place importante soit accordée dans les programmes scolaires et universitaires en sciences sociales à la traite et à l’esclavage. Mais la particularité de cette date réside dans le fait qu’elle n’est pas la seule à célébrer l’abolition de l’esclavage sur le territoire français. Ainsi, à Mayotte, c’est le 27 avril que l’abolition est célébrée, le 22 mai pour la Martinique, le 27 mai pour la Guadeloupe, le 10 juin pour la Guyane et le 20 décembre pour la Réunion.

Des cérémonies dans chaque département

Pour certains historiens, le 10 mai, noyé au milieu d’autres dates plus locales, ne permettait pas de mettre en place un grand rendez-vous national et populaire sur la question. D’autant qu’une autre date nationale existe, celle du 23 mai, qui commémore, elle, les victimes de l’esclavage, et fait référence à la grande marche organisée le 23 mai 1998 à Paris en hommage à ces dernières. En 2021, le Comité marche du 23 mai 1998 (CM98) avait claqué la porte de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage, estimant que la circulaire transmise le 16 avril par le Premier ministre Jean Castex aux préfets, en vue de la préparation des cérémonies, ne donnait à la journée du 23 mai qu’une place mineure comparée aux cérémonies prévues pour le 10 mai. Alors que depuis 2017, une loi place les deux dates à égalité.

Le 21 mars dernier, François Bayrou a signé une circulaire interministérielle qui précise les modalités d’organisation des cérémonies. La circulaire demande à tous les préfets d’organiser dans leur département une cérémonie, soit le 10 mai, journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions, soit le 23 mai, journée nationale en hommage aux victimes de l’esclavage, en fonction des demandes locales, et d’inviter tous les maires de leur département à organiser une cérémonie dans le cadre du Temps des Mémoires, en s’appuyant sur les dates du calendrier officiel.

Cette année la thématique porte sur la résistance des femmes en esclavage et sur le bicentenaire de l’indemnité imposée par Charles X à Haïti, appelée la « double dette ».

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