Pouvoir d’achat : ce que contient le projet de loi de finances rectificative transmis au Sénat
Le volet financement des mesures en faveur du pouvoir d’achat a été adopté dans la nuit du 26 au 27 juillet à l’Assemblée nationale. Les sénateurs vont débattre du texte en commission dès ce jeudi.

Pouvoir d’achat : ce que contient le projet de loi de finances rectificative transmis au Sénat

Le volet financement des mesures en faveur du pouvoir d’achat a été adopté dans la nuit du 26 au 27 juillet à l’Assemblée nationale. Les sénateurs vont débattre du texte en commission dès ce jeudi.
Guillaume Jacquot

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Après des débats parfois houleux, et prolongés, l’Assemblée nationale a achevé dans la nuit du 26 au 27 juillet ses débats sur le projet de loi de finances rectificative (PLFR), le texte de financement des mesures en faveur du pouvoir d’achat. Au total, 20 milliards d’euros ont été budgétés pour soutenir le pouvoir d’achat des ménages face à la hausse de l’inflation. Après quatre jours d’examen par les députés, les débats budgétaires vont désormais se poursuivre au Sénat. Compte tenu de la présentation tardive du projet de loi, le passage en commission des finances, qui devait avoir lieu ce matin, a été repoussé au jour suivant. Voici les principaux points à retenir du projet de loi, tel qu’il ressort des travaux de l’Assemblée nationale.

Augmentation de la remise à la pompe

Sur le soutien au pouvoir d’achat des automobilistes, le gouvernement a décroché un compromis avec les députés LR, avec une augmentation de la remise généralisée sur le litre de carburant. La ristourne passera de 18 à 30 centimes en septembre et en octobre, avant de retomber à 10 centimes en novembre et décembre. Cette mesure s’additionne, selon le ministre de l’Économie, à la réduction supplémentaire de 20 centimes d’euros promis par le groupe TotalEnergies. Le projet de loi finance également la prolongation du bouclier tarifaire jusqu’au 31 décembre, ce dispositif a été introduit à l’automne 2021 pour plafonner les prix du gaz et de l’électricité. Les députés ont également voté un doublement de l’aide défiscalisée que peuvent verser les entreprises aux salariés pour couvrir leurs frais de carburant. Le plafond passe de 200 à 400 euros.

Au cours de la discussion parlementaire, les députés ont également fléché 230 millions d’euros à destination des foyers qui se chauffent au fioul. L’amendement d’un député LR, adopté grâce au renfort des voix de la Nupes et du RN, doit être « travaillé » au Sénat, a prévenu le rapporteur général de la commission des finances, Jean-François Husson (LR).

Davantage d’heures supplémentaires défiscalisées et rachat des RTT

Autre mesure emblématique du texte : l’Assemblée nationale a voté en faveur d’une hausse du plafond de défiscalisation des heures supplémentaires pour 2022. Fixé à 5 000 euros actuellement, il a été relevé à 7 000 euros. Les députés ont donné par ailleurs leur feu vert à la possibilité pour les entreprises de racheter aux salariés leurs jours de RTT, une demande de la droite portée durant la présidentielle par leur candidate Valérie Pécresse. Toujours au chapitre des entreprises, les parlementaires ont voté en faveur d’une revalorisation de 4 %, dès le 1er septembre, des exonérations fiscales et sociales destinées aux employeurs finançant des titres-restaurants, ce qui pourrait stimuler une hausse du montant du montant de ces chèques.

Suppression de la redevance audiovisuelle

Le budget rectificatif adopté comprend surtout la suppression de la contribution à l’audiovisuelle publique, cette taxe assise sur la possession d’un téléviseur qui finance France Télévisions, Radio France, France Médias Monde (RFI et France 24), l’INA et Arte. Promise par Emmanuel Macron durant sa campagne, cette mesure devrait permettre aux foyers qui s’en acquittaient une économie de 138 euros par an. Plusieurs députés ont exprimé leurs inquiétudes sur la pérennité du financement du service public audiovisuel. Par voie d’amendement, les députés de la majorité présidentielle et les LR ont choisi d’affecter en remplacement une fraction des recettes de TVA, pour un montant de 3,7 milliards d’euros. Ce choix a été très critiqué au Sénat, le rapporteur général n’hésitant pas à parler de « copie bâclée ».

Près de dix milliards d’euros pour financer la nationalisation complète d’EDF

Le rachat des 16 % de parts d’EDF manquant à l’Etat est aussi financé dans le budget rectificatif. L’Assemblée nationale a voté une enveloppe de 9,7 milliards d’euros pour financer l’offre publique d’achat (OPA) que l’Etat doit lancer à l’automne. Au total, l’Assemblée a voté une enveloppe de 12,7 milliards d’euros pour d’éventuelles opérations de soutien à des entreprises stratégiques françaises. Au total, l’Assemblée a voté une enveloppe de 12,7 milliards d’euros pour d’éventuelles opérations de soutien à des entreprises stratégiques françaises.

Une série d’amendements vient enfin au secours des collectivités locales. Une enveloppe de 120 millions d’euros va être versée aux départements, pour compenser intégralement la hausse de 4 % du RSA (revenu de solidarité active), dont ils ont la responsabilité. 180 millions d’euros ont été alloués aux communes, pour compenser le dégel du point d’indice des fonctionnaires municipaux.

Reçu par la Première ministre Élisabeth Borne ce lundi, le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau avait prévenu que le Sénat serait « attaché à une mesure de soutien aux collectivités territoriales ». Selon le sénateur de Vendée, la majorité sénatoriale sera attachée à deux lignes durant l’examen : « D’une part le pouvoir d’achat, c’est le travail » et « le quoi qu’il en coûte, c’est terminé ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Pouvoir d’achat : ce que contient le projet de loi de finances rectificative transmis au Sénat
3min

Politique

Crise énergétique : Sébastien Lecornu annonce l’interdiction des chaudières à gaz dans les logements neufs

Quelques jours après le cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l’Iran, Sébastien Lecornu a annoncé, ce vendredi, une série de mesures destinées à tirer les leçons » de la crise énergétique. Afin de dépendre moins des énergies fossiles, l’installation de chauffages au gaz serait interdite « dès la fin de cette année » dans les constructions neuves. Le gouvernement va aussi doubler son soutien à l’électrification des usages de 5,5 milliards à 10 milliards d’euros par an d’ici 2030.

Le

Philippe TABAROT visite du technicentre SNCF
6min

Politique

Sénatoriales : candidat dans les Bouches-du-Rhône, Renaud Muselier entend faire une liste commune avec LR

Le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, parti chez Renaissance en 2022, a annoncé par surprise sa candidature aux sénatoriales de septembre prochain, entendant jouer un rôle au plan national, pour la présidentielle. Il veut mener une liste d’union avec la droite. Du côté de la sénatrice LR sortante, Valérie Boyer, on confirme que les discussions sont engagées.

Le

Hungary US Vance
7min

Politique

Elections en Hongrie : « Orban est comblement bousculé dans cette campagne »

Dimanche, les élections législatives en Hongrie s’annoncent à haut risque pour Viktor Orban. Le Premier ministre nationaliste, proche du Kremlin, est distancé dans les sondages par son principal opposant, Péter Magyar. L’eurodéputé a choisi de mener une campagne de terrain sur des thèmes de politique intérieure, en mettant en exergue les dérives du régime en place depuis 16 ans.

Le

illustration: petite Mairie et son drapeau francais.
3min

Politique

Une tribune signée Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christine Taubira appelle les femmes à « prendre le pouvoir » dans les intercommunalités

Avec seulement 12 % de femmes à la tête d’une intercommunalité, ces dernières restent exclues de ces postes clefs, en dépit de la parité. Une tribune, signée par Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christiane Taubira, dénonce la situation et appelle à changer la donne.

Le