France 2 ouvre jeudi soir le bal des débats télévisés en vue des élections européennes du 26 mai, avec neuf des têtes de liste invitées dans "L'Emission politique", ainsi que trois autres candidats qu'elle a été contrainte par la justice d'ajouter à la dernière minute. Voici leurs principales propositions en vue du scrutin.
- Manon Aubry (LFI)
La France Insoumise entend réviser les traités, donner l'initiative des actes législatifs européens au Parlement européen, et aussi créer un droit de révoquer les députés et responsables publics européens par référendum. En matière environnementale, le parti veut mettre en place une "planification écologique" européenne, une "Agence de la règle verte", et un "tribunal international de justice climatique". Il se prononce pour une fiscalité carbone et kérosène.
LFI souhaite en outre abolir la directive travailleurs détachés, créer un Smic européen à 75% du salaire médian de chaque pays, élargir la liste noire des paradis fiscaux, et refuse "la militarisation du contrôle des frontières".
- Jordan Bardella (RN)
Priorité à moins d'immigration, avec une sortie de l'espace Schengen, l'expulsion des étrangers en situation illégale et la réduction de l'immigration légale à un solde annuel de 10.000.
Le Rassemblement national promeut par ailleurs le localisme: les circuits courts de la production à la consommation, la taxation des super-cargos qui importent des produits chinois, le patriotisme économique en faveur des produits français, et encore le refus des traités de libre-échange. Il se prononce pour un moratoire sur l’éolien et la modernisation de la filière nucléaire.
- François-Xavier Bellamy (LR)
Pour "changer l'Europe", Les Républicains veulent réformer le "code frontières" pour une meilleure protection, mettre fin à l’accès automatique aux prestations sociales pour les étrangers extra-européens, adopter un "bouclier européen anti-islamiste", refuser tout nouvel élargissement de l'UE, et stopper l’extension de l’espace Schengen.
François-Xavier Bellamy, le 28 janvier 2019 à Paris
AFP
Le parti appelle de ses voeux une "initiative juridique européenne pour protéger la dignité humaine, en interdisant la GPA". Il veut également instaurer une "barrière écologique" avec des droits de douane anti-pollution, et rejette une baisse du budget de la PAC. Face aux produits étrangers, il souhaite une "double préférence" européenne et française.
- Ian Brossat (PCF)
Les communistes désirent renforcer l’implication des citoyens dans les décisions européennes, et promeuvent une UE en forme d'"union de nations et de peuples souverains et associés". Plan d'urgence pour les services publics, harmonisation des droits des travailleurs par le haut et lutte accrue contre l’évasion fiscale sont également au programme. Le PCF en appelle encore à un accueil digne des migrants et à une stratégie industrielle écologiquement soutenable.
- Nicolas Dupont-Aignan (DLF)
Supprimer les accords de Schengen, "stopper la submersion migratoire"; refuser tout nouvel élargissement de l'UE; supprimer "abus et gaspillages"; annuler la directive des travailleurs détachés, harmonisation sociale et fiscale, instaurer une "préférence économique européenne"; "valoriser les cultures européennes".
- Raphaël Glucksmann (Place publique-PS)
"Dix combats" sont annoncés, au premier rang desquels celui pour "faire passer l'écologie avant l'austérité": les dépenses liées à la transition écologique seraient sorties du calcul des 3% de déficit public autorisés.
Suspendre le CETA et les nouveaux accords de libre-échange, "bâtir une société respectueuse du vivant", "rendre le pouvoir aux citoyens et aux parlements", établir "une solidarité européenne dans l'accueil des réfugiés" et encore "une fiscalité européenne juste" sont au menu. Place publique et Parti socialiste s'élèvent en outre contre "les grandes coalitions avec la droite dans la direction des institutions européennes".
- Yannick Jadot (EELV)
Adoption d'un traité environnemental et protectionnisme vert pour faire de l'écologie la priorité de l'Europe; création d'une banque européenne du climat et de la biodiversité; paradis fiscaux hors de l'Europe; Constituante européenne pour redistribuer les pouvoirs en Europe et renforcer le pouvoir des citoyens.
- Jean-Christophe Lagarde (UDI)
Affirmation de l’euro comme monnaie d’échange internationale et convergence progressive des normes fiscales et sociales; création d’un parquet européen et d’une police fédérale, d'un ministère européen de l’immigration doté d’un corps de garde-côtes et d’une police des frontières, ainsi que d'une agence de développement de l'Afrique; lancement d’une nouvelle PAC.
- Nathalie Loiseau (LREM-MoDem et alliés)
La tête de liste pour la majorité parlementaire aux élections européennes, Nathalie Loiseau (LREM), le 30 mars 2019 à Aubervilliers
AFP
Le programme, qui doit être dévoilé durant la deuxième quinzaine d’avril, devrait développer les idées d'Emmanuel Macron dans sa tribune parue début mars dans la presse européenne. Il s'agit de "remettre à plat" l’espace Schengen, avec des "obligations de responsabilité" et de "solidarité" de la part des Etats, une "police des frontières commune" ainsi qu'un "office européen de l’asile".
L'Europe devrait par ailleurs établir un "bouclier social", avec une "même rémunération sur le même lieu de travail et un salaire minimum européen, adapté à chaque pays". Ecologie et protection des démocraties figurent parmi les autres priorités.
France 2 a été contrainte mardi d'accueillir trois autres candidats, qui l'avaient attaquée en justice : Benoît Hamon (Générations), au projet "écologiste de gauche" et "fédéraliste", Florian Philippot (Les Patriotes) et François Asselineau (UPR), les deux seuls qui poussent pour une sortie de la France de l'Union européenne (Frexit).
Dans les colonnes du Figaro, le candidat LR à la présidentielle Bruno Retailleau fait de la révision de la Constitution une condition sine qua non pour « rendre la parole » au peuple français, en élargissant le champ du référendum « à toute question législative ». des juristes relèvent une volonté de la part du candidat d’encadrer les thèmes des référendums qu’il compte développer, mais également « un projet qui vise à dégrader l’impératif de protection des droits fondamentaux et des principes républicains ».
Avec un mélange de « nouveaux visages » et de fidèles pour former son équipe, Gabriel Attal entend enclencher une « nouvelle phase » de sa campagne présidentielle. Il continue de marquer sa différence avec Edouard Philippe et compte créer la dynamique cet automne. « Les Français ne supporteraient pas d’élire un Président par défaut », soutient le candidat Renaissance.
S’il est élu président de la République en 2027, Bruno Retailleau veut faire de la réforme constitutionnelle sa première grande réforme. Le président des Républicains entend engager, dès le début de son mandat, une refonte des institutions destinée à renforcer le pouvoir des citoyens, réaffirmer la primauté du droit français et donner davantage de marges de manœuvre au Parlement, notamment sur l’immigration et la sécurité.
Alors que l’équipe de Raphaël Glucksmann prône l’organisation d’un seul débat, sur le service public, dans le cadre de la primaire PS/Place Publique, les autres candidats en veulent trois. « Les bras m’en tombent. Je ne comprends pas le raisonnement », pointe le sénateur Rémi Cardon, soutien d’Olivier Faure, lui aussi candidat. « Ça ne pose aucun problème à Raphaël Glucksmann qu’il y ait deux ou trois débats », assure pourtant le sénateur Place Publique Bernard Jomier, qui pointe des polémiques « pas à la hauteur », y compris de la part de soutiens socialistes de son candidat…