Premier feu vert des députés à la taxe Gafa après des retouches
Les députés ont donné mercredi leur feu vert en commission au projet de loi de taxation des géants du numérique, après quelques...

Premier feu vert des députés à la taxe Gafa après des retouches

Les députés ont donné mercredi leur feu vert en commission au projet de loi de taxation des géants du numérique, après quelques...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Les députés ont donné mercredi leur feu vert en commission au projet de loi de taxation des géants du numérique, après quelques retouches, Bruno Le Maire défendant une taxe "indispensable" qui servira de "levier" dans les négociations internationales.

Présent en commission des Finances depuis le début d'examen mardi, le ministre de l'Economie a vu dans ce texte, qui sera examiné dans l'hémicycle à partir de lundi, "un élément" qui "doit nous amener à construire une nouvelle fiscalité" du XXIe siècle.

La taxe Gafa (acronyme pour Google, Amazon, Facebook et Apple) doit concerner les entreprises qui font un chiffre d'affaires sur leurs activités numériques de 750 millions d'euros dans le monde et de plus de 25 millions d'euros en France. L'idée est de les imposer à hauteur de 3% du chiffre d'affaires réalisé en France sur les publicités en ligne, la vente à des tiers des données personnelles et l'"intermédiation" (mise en relation, par des plateformes, entre entreprises et clients).

La taxe est similaire à un projet européen qui n'a pas abouti, en raison des réticences de quatre pays (Irlande, Suède, Danemark et Finlande).

L'instauration de la taxe française donnera "un effet de levier" au niveau international, a assuré Bruno Le Maire, ajoutant que "lorsque la France montre sa volonté, les choses bougent".

Alors que certains élus, notamment LR, se sont inquiétés d'une répercussion sur les consommateurs, il y a vu un "mauvais argument", arguant notamment que les publicités consultées "bon gré mal gré" sur les smartphones ne requièrent aucun paiement. Il a aussi récusé l'idée qu'une taxe nationale ne serve à rien ou puisse nuire aux startup hexagonales.

Selon le rapporteur Joël Giraud (LREM), la taxe, annoncée en décembre en réponse au mouvement des "gilets jaunes", devrait rapporter 400 millions d'euros en 2019, puis 650 millions en 2020-2022.

Certains élus, à l'instar d'Eric Coquerel (LFI) ont jugé la taxe "trop peu ambitieuse", le communiste Fabien Roussel critiquant son assiette "pas très large" assimilable à une "soucoupe" voire "un sous-bock en carton".

M. Le Maire a répondu que son champ devait être "cohérent" et concerner les activités numériques qui "créent de la valeur grâce aux internautes français" sans que pour autant ces entreprises acquittent les impôts traditionnels.

Les députés ont adopté plusieurs amendements qui "consolident les bases juridiques" de la taxe, selon le rapporteur.

Ils ont détaillé les services exclus, comme certains services financiers ou pour la fourniture de contenus numériques, tel Netflix. Ils ont aussi prévu une taxation d'office en cas d'absence totale de réponse des entreprises, ou supprimé la possibilité que la taxe soit déductible de la taxe "Youtube" (taxe vidéo imposée aux plateformes), le rapporteur expliquant que son rendement est affecté au Centre national du cinéma (CNC).

Pour marquer le caractère provisoire de la taxe en attendant un accord international, ils ont également prévu un rapport annuel sur l'avancée des négociations.

Par ailleurs, plusieurs élus LR ont tenté en vain de supprimer l'article 2, qui prévoit que les grandes entreprises continueront à être taxées à 33,33% sur leurs bénéfices en 2019 via l'impôt sur les sociétés, dénonçant un "revirement" du gouvernement et invoquant le "besoin de stabilité" fiscale. Bruno Le Maire a réaffirmé que l'IS devait être progressivement réduit à 25% d'ici à 2022.

Partager cet article

Dans la même thématique

Bruno Retailleau Presents AI Proposal for Presidential Campaign
9min

Politique

Présidentielle 2027 : « Bruno Retailleau propose une révolution copernicienne » dans laquelle « la Constitution ne serait plus le bouclier » qui protège les institutions, relèvent les juristes

Dans les colonnes du Figaro, le candidat LR à la présidentielle Bruno Retailleau fait de la révision de la Constitution une condition sine qua non pour « rendre la parole » au peuple français, en élargissant le champ du référendum « à toute question législative ». des juristes relèvent une volonté de la part du candidat d’encadrer les thèmes des référendums qu’il compte développer, mais également « un projet qui vise à dégrader l’impératif de protection des droits fondamentaux et des principes républicains ».

Le

Attal porte parole
9min

Politique

« Ce n’est pas la saison 3 du macronisme, ni un retour à l’UMP » : Gabriel Attal joue la carte des « nouveaux visages » pour marquer sa différence avec Edouard Philippe

Avec un mélange de « nouveaux visages » et de fidèles pour former son équipe, Gabriel Attal entend enclencher une « nouvelle phase » de sa campagne présidentielle. Il continue de marquer sa différence avec Edouard Philippe et compte créer la dynamique cet automne. « Les Français ne supporteraient pas d’élire un Président par défaut », soutient le candidat Renaissance.

Le

Paris : Présidentielle 2027 Bruno Retailleau
6min

Politique

Présidentielle 2027 : Bruno Retailleau veut « renverser la table » avec une profonde réforme constitutionnelle

S’il est élu président de la République en 2027, Bruno Retailleau veut faire de la réforme constitutionnelle sa première grande réforme. Le président des Républicains entend engager, dès le début de son mandat, une refonte des institutions destinée à renforcer le pouvoir des citoyens, réaffirmer la primauté du droit français et donner davantage de marges de manœuvre au Parlement, notamment sur l’immigration et la sécurité.

Le