Marine Le Pen, candidate Front national à la présidentielle, a été longuement questionnée jeudi soir sur son programme pour son premier grand...
Premier grand oral pour Marine Le Pen, questionnée sur son programme
Marine Le Pen, candidate Front national à la présidentielle, a été longuement questionnée jeudi soir sur son programme pour son premier grand...
Par Guillaume DAUDIN et Lina TRABELSI
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Mis à jour le
Marine Le Pen, candidate Front national à la présidentielle, a été longuement questionnée jeudi soir sur son programme pour son premier grand oral sur France 2, où elle a débattu avec Najat Vallaud-Belkacem et Patrick Buisson.
En deux heures d'émission, Mme Le Pen a eu des mots durs contre ses deux plus sérieux adversaires pour la présidentielle, selon les sondages: "Que ce soit pour M. Fillon ou que ce soit pour M. Macron", a-t-elle attaqué, "il y a derrière tout ça une sale odeur de trafic d'influence peut-être, de conflit d'intérêts à tout le moins."
"Quand je vois que M. Fillon a été payé par Axa, je demande si, dans son programme, la suppression de la Sécurité sociale qui va évidemment bénéficier aux compagnies d'assurances, ça n'est pas aussi la contrepartie des sommes qui lui ont été versées", a-t-elle lancé.
Une référence à l'ancien Premier ministre qui a confirmé lundi que "l'assureur Axa", jusqu'à peu dirigé par son soutien Henri de Castries, "la société Fimalac", dont son ami Marc Ladreit de Lacharrière est le PDG, et "la banque Oddo" figuraient parmi les clients de sa société de conseil "2F Conseil".
Mais Marine Le Pen a eu l'occasion d'aborder de nombreux sujets: elle a parlé de sa "compassion" pour Theo, jeune homme victime d'un viol présumé lors d'une interpellation la semaine dernière à Aulnay-sous-Bois, tout en s'en prenant aux "racailles" qui "profitent de cet événement".
Marine Le Pen (D) avec les journalistes de "L'Émission politique" sur France 2, David Pujadas (C) et Léa Salamé (G) le 9 février 2017 à Saint-Cloud
AFP
Elle a défendu le "travail" réel de sa secrétaire et de son garde du corps, employés comme assistants parlementaires au Parlement européen, ce que cette institution juge indu et qui lui a demandé par conséquent le remboursement de 300.000€ de salaires.
En débat avec le maire PCF de Montreuil Patrice Bessac, Mme Le Pen a aussi rendu certains maires "lâches" responsables du "communautarisme, vivier de l'islam radical" en France, les accusant d'avoir voulu "acheter la paix civile".
Elle a été confrontée, lors d'un reportage, aux conséquences éventuelles de sa politique: une mère de famille étrangère, dont les trois enfants sont de nationalité française, qui pourrait connaître des difficultés à garder son emploi avec la taxe souhaitée par Mme Le Pen sur les emplois des étrangers.
- "Baguette magique" -
"L'Emission politique", qui a pris le relais à l'automne du programme "Des Paroles et des Actes", était en effet l'occasion pour la candidate FN d'expliquer la philosophie de son programme dévoilé samedi à Lyon lors d'"Assises présidentielles".
Avec la ministre de l'Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, le débat a été âpre, parfois haché autour de la composition des heures d'enseignement, du collège unique, de la politique vis-à-vis de l'enseignement privé... avec des accusations nombreuses de "mensonges".
"Vous empêchez les élèves étrangers d'accéder à l'école laïque, publique et gratuite, vous les jetez dans les bras de l'obscurantisme ou des ennemis de la république" a accusé Mme Vallaud-Belkacem. Marine Le Pen lui a renvoyé son "bilan dramatique", selon elle, et la "situation déplorable" de la France.
Invité surprise et retentissant de l'émission: Patrick Buisson, conseiller spécial déchu de Nicolas Sarkozy et avocat autoproclamé de "La Cause du peuple" dans un livre récent, qui l'a interrogée sur son positionnement politique sur le spectre droite gauche.
Des membres du FN assistent à "L'Émission politique" sur France 2 le 9 février 2017 dont Nicolas Bay (2eG), Marion Marechal-Le Pen (C), Franck De Lapersonne (2eD) et Huguette Fatna (D)
AFP
L'émission avait une grande importance pour Marine Le Pen, engagée dans une bataille de la "crédibilité" alors que les sondages lui prédisent une qualification au premier tour et un échec au second, elle qui suscite encore le rejet d'un large pan de la population française.
Sur l'économie, point faible de son programme avec notamment une sortie de l'euro rejetée par les Français, Mme Le Pen a défendu son "protectionnisme intelligent" et son "patriotisme économique". Elle a reproché aux journalistes leur "vision comptable".
"Vous spéculez sur des recettes hypothétiques", lui a lancé François Lenglet, évoquant des "baguettes magiques". Marine Le Pen a défendu un "projet équilibré" et le "cercle vertueux" qu'elle compte créer.
Les frontistes auront l’œil rivé sur les audiences. L’Émission politique a jusqu'ici attiré de 1,7 à 2,7 millions de téléspectateurs.
A travers une proposition de loi, le député Renaissance Paul Midy souhaite encadrer le temps de parole sur les réseaux sociaux durant les périodes électorales et leur appliquer des règles similaires à celles que respectent les médias audiovisuels. Le texte suscite un certain scepticisme, tant sur le plan juridique que sur le plan technique.
Le candidat à la présidentielle réunit les cadres d’Horizons, ce dimanche, à Reims, pour montrer qu’il est prêt, avec la mise en « place d’une architecture de campagne ». Mais il s’agit aussi de « passer à une autre phase » et « ne plus être simplement le candidat Horizons et le président d’Horizons », décrypte un proche, pour mieux s’adresser à l’ensemble des Français, dans la perspective de 2027, mais aussi accueillir de futurs soutiens…
A quelques jours de l’examen, au Sénat, du projet de loi habilitant le gouvernement à transposer par ordonnances le Pacte sur la migration, la commission des affaires européennes a remis plusieurs recommandations, ce jeudi 7 mai. L’occasion pour les élus de rappeler à l’exécutif son insatisfaction sur la méthode employée.
« Déclarer sa candidature aujourd’hui et figer les choses ne me paraît pas être le bon principe », met en garde le patron des sénateurs Renaissance, alors que Gabriel Attal devrait annoncer bientôt sa candidature pour 2027.