Signature du financement de la Gigafactory de Verkor.
Eric lombard, directeur general de la Caisse des depots, lors de la signature du financement de la Gigafactory de Verkor, a l hotel Matignon.//04SIPA_SIPA0935/Credit:Eric Tschaen/POOL/SIPA/2405241849

Premier ministre : Éric Lombard, Jean-Dominique Senard… Les noms qui circulent pour diriger un gouvernement technique

Après avoir écarté la possibilité d’une nomination de Lucie Castets à Matignon, Emmanuel Macron poursuit ses consultations à l’Élysée. La désignation d’une personnalité technique, haut fonctionnaire ou issue du monde économique, est toujours sur la table pour sortir de l’impasse.
Rose-Amélie Bécel

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Depuis mardi 27 août, les consultations se poursuivent à l’Élysée en vue de la nomination d’un nouveau Premier ministre. À la recherche d’une figure suffisamment consensuelle pour ne pas susciter l’opposition immédiate d’une majorité de députés, Emmanuel Macron pourrait-il jeter son dévolu sur une personnalité « technique » ? L’hypothèse fait son chemin et quelques noms circulent déjà.

Didier Migaud, le président de la HATVP, entendu à l’Élysée ?

Selon les informations du Monde, Didier Migaud pourrait faire partie des personnalités reçues par le président de la République lors de ce second round de consultations. Aujourd’hui haut-fonctionnaire, Matignon ne serait toutefois pas la première expérience politique de l’actuel président de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). Maire d’une commune de l’Isère pendant près de 15 ans, il a également une longue expérience de député au sein du groupe socialiste, où il a siégé de 1988 à 2010.

Nommé en mars 2010 par Nicolas Sarkozy à la tête de la Cour des comptes, Didier Migaud s’est retiré de la vie politique et a quitté le PS. Il préside depuis janvier 2020 la HATVP. Issu des rangs socialistes, ancienne personnalité politique et fin connaisseur des questions économiques, sa candidature pourrait ainsi mettre d’accord une partie de la gauche et de la droite.

C’est en tout cas pour un profil de ce type que la présidente de l’Assemblée nationale dit avoir plaidé, lors de sa rencontre avec le chef de l’État lundi 26 août. Yaël Braun-Pivet préconise ainsi la nomination d’une personnalité « non politique, qui soit aujourd’hui à la tête d’une institution ou d’une autorité administrative, qui ait une bonne connaissance du milieu politique, afin d’inspirer suffisamment d’assurance pour permettre l’adoption du budget, et plutôt d’origine socialiste ou sociale-démocrate ».

La candidature de Jean-Dominique Senard poussée par les milieux économiques

Impatients que cette période d’incertitude prenne fin, certains chefs d’entreprises profitent de la tenue des universités d’été du Medef pour avancer de leur côté l’idée d’un patron à Matignon. Le nom de Jean-Dominique Senard, président de Renault et ancien patron de Michelin, est notamment sur la table. C’est Michel Picon, président de l’Union des entreprises de proximité (U2P), qui a évoqué le premier cette hypothèse, vantant au micro de RMC ses qualités de « patron social ».

À ce stade, le président de Renault n’a pas confirmé avoir été approché, mais Jean-Dominique Senard a déjà l’oreille des politiques. Courant 2023, il avait co-écrit avec Sophie Thiéry – présidente de la commission travail-emploi du Conseil économique, social et environnemental – un rapport remis au ministre Olivier Dussopt, à l’occasion des Assises du Travail. Le ministre avait salué le travail des deux personnalités, estimant que leur rapport constituait une « première pierre » de sa loi pour le plein emploi.

Éric Lombard, Pascal Demurger, Olivier Blanchard… Une liste de noms qui s’allonge

Dans un article publié ce 28 août, L’Express ajoute aussi un nouveau nom à la liste des potentiels candidats pour Matignon : Éric Lombard, actuel directeur général de la Caisse des dépôts et consignations. Dans un portrait publié par Les Echos en 2022, l’ancien PDG des compagnies d’assurance BNP Paribas Cardif et Generali France était décrit comme « compatible avec la macronie et apprécié par la gauche ».

Le nom de Pascal Demurger, directeur général de la Maif, circule également parmi les prétendants à Matignon. Sur le plateau de BFM Business, le premier intéressé s’est dit « surpris » mais « honoré » de faire partie des personnalités citées. Pascal Demurger se distingue par ailleurs par ses prises de position politique régulières dans la presse. Dans une tribune publiée par L’Express le 26 août, il dénonçait un « hiatus entre la conduite des dirigeants et les aspirations des Français » et appelait à « diriger autrement ».

Olivier Blanchard, ancien économiste en chef du Fonds monétaire international entre 2008 et 2015, fait également parti des personnalités évoquées. Un profil qui rappelle celui des gouvernements techniques « à l’italienne », où quatre économistes – dont l’ancien président de la Banque centrale européenne Mario Draghi – ont déjà pris la tête de gouvernements d’« union nationale », pour assurer la gestion du pays en période de blocage politique. Une solution dont Emmanuel Macron pourrait bien finir par s’inspirer.

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