Municipales : « Il y a l’ombre de la présidentielle dans l’entre-deux-tours », relève le politologue Bruno Cautrès

Invité de la matinale de Public Sénat, « Bonjour chez vous » Bruno Cautrès, chercheur au Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof), a tiré un bilan du premier tour des élections municipales et distingue les différents gagnants du scrutin.
Rédaction Public Sénat

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Au lendemain du premier tour des élections municipales, 33 000 communes ont déjà élu leurs maires. Ce sont donc logiquement les premiers « gagnants » du scrutin, en particulier les sortants « qui ont fait un bon boulot dans de toutes petites communes », « beaucoup ont été récompensés le premier tour des élections », a d’abord rappelé, Bruno Cautrès, chercheur au Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof), invité de la matinale de Public Sénat, « Bonjour chez vous ».

« Les vainqueurs politiques sont incontestablement La France Insoumise et le Rassemblement national »

Le politologue distingue ensuite les autres gagnants. D’un point de vue numérique, « les socialistes et les Républicains retrouvent leur vitesse de croisière qu’ils ont perdue dans la politique nationale […] Ils sont arrivés en tête au premier tour dans pas mal de municipalités de plus de 9 000 habitants. Ils conservent leur ancrage », révèle-t-il avant d’ajouter : « Mais il y a des vainqueurs politiques. Les vainqueurs politiques sont incontestablement La France Insoumise et le Rassemblement national. Ils ont montré qu’ils étaient durablement installés dans le paysage politique. La France Insoumise a montré aux socialistes qu’il fallait compter avec eux. Ils ont obligé les socialistes à mettre un genou à terre entre les deux tours ».

Bruno Cautrès précise toutefois que La France Insoumise et le Rassemblement national sont toujours dans une phase de consolidation locale des performances qu’ils ont dans les grandes élections ». Sur ce point, il note que le RN réalise de bons scores dans ses bastions, « dans le pourtour méditerranéen, notamment.

Il invite enfin à ne pas comparer les scores du RN et de LFI avec les dernières élections, présidentielle et européennes. « Aux européennes et à la présidentielle, il n’y a qu’une seule circonscription, la France, et l’offre politique n’est pas la même ».

En conclusion, le politologue considère « qu’on a vu l’ombre de la présidentielle dans l’entre-deux-tours. Ces rapports de force vont obliger les acteurs à se repositionner. Il sera plus difficile pour le PS d’avoir une ligne : jamais plus avec Mélenchon […] du côté des Républicains la pression va continuer à s’exercer sur eux. Ils ont très souvent été en lice avec Renaissance et Horizons. Par contre sur le terrain, ils sont en concurrence avec le Rassemblement national ».

 

 

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