Premières questions au gouvernement à l’Assemblée, en round d’observation
Certains députés et ministres lisant leurs fiches, des huissiers peinant à reconnaître les nouveaux élus, une opposition pas trop...

Premières questions au gouvernement à l’Assemblée, en round d’observation

Certains députés et ministres lisant leurs fiches, des huissiers peinant à reconnaître les nouveaux élus, une opposition pas trop...
Public Sénat

Par Anne Pascale REBOUL

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4 min

Publié le

Certains députés et ministres lisant leurs fiches, des huissiers peinant à reconnaître les nouveaux élus, une opposition pas trop dure et un lapsus d’Édouard Philippe: l’Assemblée est apparue encore en "rodage" mardi pour la première séance de questions au nouveau gouvernement.

"Concentré, serein": le Premier ministre traverse, peu avant 15H00, la salle des Quatre-Colonnes pleine de journalistes pour se rendre dans l'hémicycle.

Les élus La République en marche dominent les rangs. Marine Le Pen fait face à Jean-Luc Mélenchon, chacun en hauteur à une extrémité.

Pour les huissiers, point de salut sans trombinoscopes pour identifier les nouveaux et leur porter des messages. Le député REM Gabriel Attal, 28 ans, teste son micro avant sa première question.

Le brouhaha cesse lorsque François de Rugy gagne le perchoir. Damien Abad, vice-président du groupe LR, ouvre le bal en saluant la décision d'Emmanuel Macron de faire entrer Simone Veil au Panthéon, dont la mémoire sera un fil rouge de ces premières QAG.

"Entre une opposition spectacle et une opposition sectaire, nous voulons incarner une opposition libre et responsable", enchaîne le député de l'Ain.

Le locataire de Matignon, issu de LR, promet: "Je travaillerai avec toutes les oppositions". "Les vraies et les fausses!", entend-on fuser à droite, où une dizaine de LR ont rejoint les UDI dans un groupe de "constructifs".

"Vous craignez que je sois le présid...", poursuit Édouard Philippe avant de s'interrompre, sous les rires. "Le Premier ministre!", se reprend-il, sourire aux lèvres.

- "Brosse à reluire" -

Puis la parole est au député REM de la Creuse et agriculteur Jean-Baptiste Moreau, pour s'inquiéter de "la pérennité de l'activité" de GM&S Industry, basé dans son département. La réponse du ministre de l’Économie Bruno Le Maire, issu de LR, provoque des "aaah" à droite et des protestations des Insoumis lorsqu'il appelle les salariés à lever leur blocage d'un site de PSA.

C'est au ministre des Comptes publics Gérald Darmanin -"au cœur du parti" selon un élu- que des LR réservent le plus de chahut. Ils sont rejoints par des élus de gauche après une question de la socialiste Valérie Rabault dénonçant "8 millions de retraités transformés en variable d'ajustement" par la hausse de la CSG.

Ces ministres rompus aux joutes parlementaires semblent à l'aise, là où Marlène Schiappa, secrétaire d'État à l’Égalité entre les femmes et les hommes, ne détache pas le regard de ses notes et est interrompue pour cause de temps dépassé.

En revanche, selon plusieurs députés, Jean-Michel Blanquer, à l’Éducation, se tire plutôt bien d'un exercice redouté des novices.

C'est que des parlementaires, de droite mais aussi certains à gauche, crient leurs commentaires: "blablabla" ou "affligeant". "Vous allez nous parler de Business France?", lancent-ils à la ministre du Travail Muriel Pénicaud, allusion à l'enquête en cours.

A son tour, Éric Coquerel (LFI), en jean et sans cravate, interpelle Bruno Le Maire sur GM&S pour lui donner "une deuxième chance" de soutenir les salariés. Le communiste Fabien Roussel, qui alerte sur "les grands oubliés de la République" dans les Hauts-de-France, cite le pape François sur le "travail pour tous", suscitant quelques remous à droite.

L'attention faiblit peu à peu, les élus REM applaudissent comme mécaniquement et les conversations vont bon train autour de Jean-Luc Mélenchon.

Marine Le Pen, qui aura avec les FN et autres non inscrits une question tous les deux mois, part peu avant la fin.

Les 15 QAG sont bouclées en un peu plus d'une heure. "Calme plat, même pas de bizutage!", sourit à la sortie Philippe Gosselin (LR), déplorant le côté "brosse à reluire" et "téléphoné" des questions REM. Bruno Le Maire fait la bise à Damien Abad.

"C'était un test pour LR", avec l'idée d'"arrêter de passer pour les bourrins du coin", selon un collègue. "On est encore dans la phase d'observation", relativise Éric Ciotti.

Selon Olivier Faure (Nouvelle Gauche), "l'écoute globale était supérieure" par rapport à avant, "c'était du rodage, espérons que ça ne change pas..."

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