Présence du RN à la panthéonisation de Manouchian : « Je regrette le rôle d’agitateur du président de la République », tance Laurent Jacobelli

Invité de l’émission Bonjour chez vous, sur Public Sénat, le député du RN, Laurent Jacobelli est revenu sur la polémique qui entoure la venue des élus de son parti à la cérémonie d’entrée au Panthéon de Missak et Mélinée Manouchian.
Rédaction Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

« Bien sûr, nous y serons ». Le député RN, Laurent Jacobelli a confirmé la venue des élus de son parti à la cérémonie d’entrée au Panthéon du résistant communiste apatride Missak Manouchian, symboles de la résistance étrangère à l’occupant nazi et adhérent du Parti Communiste. « L’arrivée au Panthéon d’un résistant, c’est l’union nationale qui se fait autour des valeurs, la défense de la souveraineté, l’indépendance de la France contre l’occupant nazi. C’est un moment qui d’unité nationale et pas de divisions », a-t-il déploré.

Une référence à l’interview d’Emmanuel Macron dans le journal l’Humanité, ce week-end, dans laquelle il estime que « les forces d’extrême droite seraient inspirées de ne pas être présentes ». Le comité de soutien à la panthéonisation du résistant d’origine arménienne s’y est également opposé.

« Je regrette le rôle joué par le président de la République dans cette histoire, un rôle d’agitateur, de diviseur, il devrait être le premier des Français à vouloir unir l’ensemble de la Nation. Le Rassemblement national a toute sa place en tant que premier parti d’opposition », estime Laurent Jacobelli.

« Il y a eu des collabos de toutes tendances politiques »

Et le fait que Pierre Bousquet, ancien de la Waffen SS soit l’un des fondateurs du FN, n’est pas rédhibitoire pour le député. « J’imagine que vous poserez la même question à un élu socialiste en lui disant que François Mitterrand a eu la francisque et qu’il était un fidèle collaborateur du Maréchal Pétain […] Vous vous rappelez aussi que M. Papon a été ministre de droite […] Il y a eu des résistants de toutes tendances politiques, il y a eu des collabos de toutes tendances politiques ».

Les cadres du RN ont également peu goûté les mots du président de la République à leur égard dans le journal l’Humanité, qui a déclaré n’avoir jamais « considéré que le RN ou Reconquête s’inscrivaient dans l’arc républicain ». « Des propos outrageants » a tancé Marine Le Pen.

« Evidement que le président de la République insulte nos électeurs ou ceux qui s’apprêtent à voter pour nous, comme si ça allait les dissuader. Le président de la République doit être le garant de la démocratie et de la République, celui qui parle à tous les Français et pas un chef de clan en pleine panique », estime Laurent Jacobelli.

« On est face à une caste qui est en train de perdre le pouvoir »

Les propos du chef de l’Etat tranchent avec ceux tenus par son Premier ministre, Gabriel Attal, qui dans un entretien au Monde, le 6 février, ne faisait guère preuve de la même subtilité en déclarant : « Certains disaient qu’il ne fallait travailler qu’avec l’arc républicain. Moi, je considère que l’arc républicain, c’est l’Hémicycle ».

« Ils sont paumés. Ils courent comme un poulet sans tête. Ils ne savent plus quoi faire avec nous. On est face à une caste qui est en train de perdre le pouvoir […] Le président de la République fait cette déclaration à un journal d’extrême gauche, donc il sait à qui il parle. Mais à un moment donné, être président de la République, c’est avoir une vision politique, ce n’est pas tourner comme une girouette », analyse le député RN.

 

 

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Le Havre: Debat le canape des JDE EELV 2023
5min

Politique

[Info Public Sénat] Le groupe écologiste du Sénat ferme la porte au sénateur LFI Gabriel Amard et élit Mélanie Vogel présidente

Sans surprise, la sénatrice Les Ecologistes des Français établis hors de France, Mélanie Vogel, prend la tête du groupe écologiste du Sénat. Connue pour son combat pour la constitutionnalisation du droit à l’IVG, elle succède à Guillaume Gontard, en poste depuis 2020. Le groupe a refusé d’accueillir le nouveau sénateur LFI, Gabriel Amard, qui demandait à l’intégrer, à la différence de Marc Péré, soutenu par Les Ecologistes et LFI, mais divers gauche.

Le

Paris : Emergency closed-door meeting political party leaders organised by Macron
5min

Politique

Retraites : Édouard Philippe sort du bois et propose un âge de départ à 65 ans

Après des mois de suspense, le candidat Horizons à la présidentielle a dévoilé mardi 29 septembre sa réforme des retraites dans une vidéo d'une vingtaine de minutes. Il propose de reprendre le calendrier de 2023, puis de relever l'âge légal à 65 ans en moins de dix ans, avec un volet de capitalisation. Une position qui le distingue de Gabriel Attal, partisan de supprimer l'âge légal.

Le

Présence du RN à la panthéonisation de Manouchian : « Je regrette le rôle d’agitateur du président de la République », tance Laurent Jacobelli
3min

Politique

Propos antisémites révélés par Mediapart : « L’objectif, c’est de tuer ma carrière politique », dénonce Jordan Bardella

Mis en cause, lundi, dans un article de Mediapart qui a révélé des écrits antisémites de Jordan Bardella datant de 2013, le président du RN a annoncé dans la foulée le dépôt d’une plainte pour diffamation. Avant d’accueillir les nouveaux sénateurs RN élus dimanche pour une réunion de groupe à l’Assemblée, l’eurodéputé a dénoncé une opération menée « par des fanatiques d’extrême gauche » avec pour « objectif » de le « tuer politiquement ».

Le