Présidence de LR : Aurélien Pradié refuse « la guerre des chefs » et annoncera sa décision « dans quelques jours »
Alors que le match Ciotti – Retailleau s’est installé ce week-end, Aurélien Pradié, pressenti pour jouer le rôle de troisième homme, ne déclare toujours pas officiellement sa candidature. En creux, il en appelle tout de même à un renouveau du parti, sur la forme comme sur le fond.

Présidence de LR : Aurélien Pradié refuse « la guerre des chefs » et annoncera sa décision « dans quelques jours »

Alors que le match Ciotti – Retailleau s’est installé ce week-end, Aurélien Pradié, pressenti pour jouer le rôle de troisième homme, ne déclare toujours pas officiellement sa candidature. En creux, il en appelle tout de même à un renouveau du parti, sur la forme comme sur le fond.
Louis Mollier-Sabet

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Alors qu’Éric Ciotti et Bruno Retailleau ont commencé leur duel au campus des jeunes LR ce week-end, Aurélien Pradié devrait être celui qui jouera le rôle de « troisième homme » dans la course à la présidence des Républicains. Enfin, il ne l’annonce toujours pas officiellement, expliquant s’en tenir au « calendrier » qu’il s’était fixé « depuis un petit bout de temps. » « Je vais laisser l’été se finir pour mûrir ma décision pour l’annoncer dans quelques jours », ajoute-t-il, invoquant « un choix très important » : « On n’est pas candidat à la présidence de LR pour le seul plaisir d’occuper un poste, mais pour reconstruire toute une machine. » Si le secrétaire général des Républicains a bien « une âme de combattant », il refuse « l’OPA sur LR » sous la forme d’un « concours de celui qui fait pipi le plus loin. »

« La droite française sera populaire ou ne sera plus »

Et ce concours d’un genre particulier semble bien être « la guerre des chefs » qui s’installe d’après le député du Lot entre Éric Ciotti et Bruno Retailleau : « Est-ce que vous croyez vraiment que ce match-là c’est celui que les adhérents veulent ? Plus les jours passent, plus nos adhérents se disent que l’on ne veut pas recommencer les matchs d’hier ou d’avant-hier. Je suis celui qui ne s’est pas abîmé dans des matchs passés. Au moment où tous les autres partis sont en train de changer, si LR est le seul à ne pas changer, nous n’y arriverons pas. » Aurélien Pradié n’est pas encore candidat, mais est déjà en campagne sur le thème du renouveau : « Le seul risque, c’est de ne pas prendre de risque dans ce champ de ruines qu’est notre famille politique. On n’est pas candidat à la présidence de LR pour parler à un clan. Je n’accepte pas qu’à droite on ait désormais une culture de l’échec. »

D’après le secrétaire général de LR, c’est bien cette question qui sera centrale dans cette élection, et pas celle de la « ligne » : « La ligne, c’est de la littérature. Éric Ciotti et Bruno Retailleau ne sont pas trop à droite et je ne crois pas une droite sociale mais à une droite populaire, qui parle à tout le monde. » D’après Aurélien Pradié, « la droite française sera populaire ou ne sera plus » : « La droite française ne parle plus aux jeunes. Il faut replacer la valeur du travail au cœur de la vie de chacun. Je souhaite pouvoir m’adresser à la caissière du coin de la rue pour lui dire ce que la droite républicaine peut faire pour elle, et même en termes de salaires. » De même, le député du Lot ne veut pas laisser l’écologie aux « extrémistes » ou aux « écolo-dingos. »

« Est-ce qu’on doit prendre les mêmes pour occuper les mêmes postes ? »

Au-delà des différences dans les sujets à mettre en avant, Aurélien Pradié estime que les « grandes responsabilités » qu’occupent Bruno Retailleau et Éric Ciotti, respectivement au Sénat et à l’Assemblée nationale pourraient affaiblir leur légitimité à la tête du parti : « Éric Ciotti est questeur à l’Assemblée nationale et président de notre commission d’investiture. Bruno Retailleau est président de notre groupe au Sénat et nous avons un besoin essentiel d’avoir un groupe parlementaire qui tient la barre. Est-ce qu’on doit prendre les mêmes pour occuper les mêmes postes ? Je sais que Bruno a les capacités de travail, mais notre famille politique de la droite doit savoir faire confiance aux uns et aux autres. »

Et la fin du cumul, pour le secrétaire-général du parti, c’est aussi celle de la fin entre les responsabilités partisanes et la candidature à la présidentielle : « Celui qui présidera le parti ne sera pas le candidat à l’élection présidentielle, à l’évidence, puisqu’aujourd’hui, c’est Laurent Wauquiez qui est le mieux placé dans sa préparation à aller devant les Français. » Toutefois, Aurélien Pradié avertit : « LR ne doit pas devenir une machine pour chauffer la place à la présidentielle. Il ne faut pas que le président de LR soit un exécutant, mais quelqu’un qui trace l’avenir, potentiellement pour nos candidats à 2027. Nos adhérents ne veulent pas faire de cette élection celle d’un intérim de plus, cela doit être un investissement pour l’avenir. »

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