Présidence de LR : Aurélien Pradié refuse « la guerre des chefs » et annoncera sa décision « dans quelques jours »
Alors que le match Ciotti – Retailleau s’est installé ce week-end, Aurélien Pradié, pressenti pour jouer le rôle de troisième homme, ne déclare toujours pas officiellement sa candidature. En creux, il en appelle tout de même à un renouveau du parti, sur la forme comme sur le fond.

Présidence de LR : Aurélien Pradié refuse « la guerre des chefs » et annoncera sa décision « dans quelques jours »

Alors que le match Ciotti – Retailleau s’est installé ce week-end, Aurélien Pradié, pressenti pour jouer le rôle de troisième homme, ne déclare toujours pas officiellement sa candidature. En creux, il en appelle tout de même à un renouveau du parti, sur la forme comme sur le fond.
Louis Mollier-Sabet

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Alors qu’Éric Ciotti et Bruno Retailleau ont commencé leur duel au campus des jeunes LR ce week-end, Aurélien Pradié devrait être celui qui jouera le rôle de « troisième homme » dans la course à la présidence des Républicains. Enfin, il ne l’annonce toujours pas officiellement, expliquant s’en tenir au « calendrier » qu’il s’était fixé « depuis un petit bout de temps. » « Je vais laisser l’été se finir pour mûrir ma décision pour l’annoncer dans quelques jours », ajoute-t-il, invoquant « un choix très important » : « On n’est pas candidat à la présidence de LR pour le seul plaisir d’occuper un poste, mais pour reconstruire toute une machine. » Si le secrétaire général des Républicains a bien « une âme de combattant », il refuse « l’OPA sur LR » sous la forme d’un « concours de celui qui fait pipi le plus loin. »

« La droite française sera populaire ou ne sera plus »

Et ce concours d’un genre particulier semble bien être « la guerre des chefs » qui s’installe d’après le député du Lot entre Éric Ciotti et Bruno Retailleau : « Est-ce que vous croyez vraiment que ce match-là c’est celui que les adhérents veulent ? Plus les jours passent, plus nos adhérents se disent que l’on ne veut pas recommencer les matchs d’hier ou d’avant-hier. Je suis celui qui ne s’est pas abîmé dans des matchs passés. Au moment où tous les autres partis sont en train de changer, si LR est le seul à ne pas changer, nous n’y arriverons pas. » Aurélien Pradié n’est pas encore candidat, mais est déjà en campagne sur le thème du renouveau : « Le seul risque, c’est de ne pas prendre de risque dans ce champ de ruines qu’est notre famille politique. On n’est pas candidat à la présidence de LR pour parler à un clan. Je n’accepte pas qu’à droite on ait désormais une culture de l’échec. »

D’après le secrétaire général de LR, c’est bien cette question qui sera centrale dans cette élection, et pas celle de la « ligne » : « La ligne, c’est de la littérature. Éric Ciotti et Bruno Retailleau ne sont pas trop à droite et je ne crois pas une droite sociale mais à une droite populaire, qui parle à tout le monde. » D’après Aurélien Pradié, « la droite française sera populaire ou ne sera plus » : « La droite française ne parle plus aux jeunes. Il faut replacer la valeur du travail au cœur de la vie de chacun. Je souhaite pouvoir m’adresser à la caissière du coin de la rue pour lui dire ce que la droite républicaine peut faire pour elle, et même en termes de salaires. » De même, le député du Lot ne veut pas laisser l’écologie aux « extrémistes » ou aux « écolo-dingos. »

« Est-ce qu’on doit prendre les mêmes pour occuper les mêmes postes ? »

Au-delà des différences dans les sujets à mettre en avant, Aurélien Pradié estime que les « grandes responsabilités » qu’occupent Bruno Retailleau et Éric Ciotti, respectivement au Sénat et à l’Assemblée nationale pourraient affaiblir leur légitimité à la tête du parti : « Éric Ciotti est questeur à l’Assemblée nationale et président de notre commission d’investiture. Bruno Retailleau est président de notre groupe au Sénat et nous avons un besoin essentiel d’avoir un groupe parlementaire qui tient la barre. Est-ce qu’on doit prendre les mêmes pour occuper les mêmes postes ? Je sais que Bruno a les capacités de travail, mais notre famille politique de la droite doit savoir faire confiance aux uns et aux autres. »

Et la fin du cumul, pour le secrétaire-général du parti, c’est aussi celle de la fin entre les responsabilités partisanes et la candidature à la présidentielle : « Celui qui présidera le parti ne sera pas le candidat à l’élection présidentielle, à l’évidence, puisqu’aujourd’hui, c’est Laurent Wauquiez qui est le mieux placé dans sa préparation à aller devant les Français. » Toutefois, Aurélien Pradié avertit : « LR ne doit pas devenir une machine pour chauffer la place à la présidentielle. Il ne faut pas que le président de LR soit un exécutant, mais quelqu’un qui trace l’avenir, potentiellement pour nos candidats à 2027. Nos adhérents ne veulent pas faire de cette élection celle d’un intérim de plus, cela doit être un investissement pour l’avenir. »

Partager cet article

Dans la même thématique

Présidence de LR : Aurélien Pradié refuse « la guerre des chefs » et annoncera sa décision « dans quelques jours »
3min

Politique

Lycéens, carburant, agriculteurs : Sébastien Lecornu appelle à l'apaisement sans annoncer de moyens supplémentaires

Dans une allocution de 15 minutes enregistrée depuis Matignon, Sébastien Lecornu a assuré que le gouvernement avait pris conscience des crises que traverse le pays tout en réaffirmant sa volonté de ramener le déficit à 5 % du produit intérieur brut en 2027. S'il affirme ne pas être indifférent aux angoisses des lycéens, il renvoie leurs revendications au débat budgétaire. Il a toutefois annoncé la libération de 10 millions de barils de gazole afin de faire baisser le prix du litre de gazole à la pompe de 12 à 18 centimes.

Le

FRA – ASSEMBLEE – QUESTIONS AU GOUVERNEMENT
7min

Politique

Manifestations lycéennes : mis en cause sur sa gestion du maintien de l’ordre, Laurent Nuñez pressé de trouver la voie de l’apaisement

Les mutilations de plusieurs élèves lors des manifestations lycéennes ont remis brutalement sur le devant de la scène la doctrine du maintien de l’ordre. Un rapport du Sénat sur ce sujet sera présenté dans les prochains jours. En attendant, faisant face aux demandes de démission des oppositions de gauche, le ministre de l’Intérieur a annoncé la suspension de l’usage des grenades assourdissantes et a longuement justifié l’action des forces de l’ordre, lors de son audition devant la commission des lois de l’Assemblée nationale.

Le

Memorial Site Honors Victims of the Hamas Attack at the Nova Music Festival
5min

Politique

7-Octobre : Trois ans après l’attaque du Hamas, les juifs de France continuent de vivre un « traumatisme »

L’émotion se fait ressentir en ce 7 octobre 2026. Trois ans après l’attaque du Hamas en Israël, plusieurs commémorations sont prévues en Israël, notamment à Réïm où certains politiques français se sont rendus. En France, le président du Crif explique que les Français juifs continuent de vivre ce « traumatisme » et regrette qu’ils soient « associés à un conflit » dont ils « ne sont pas responsables ».

Le

FRANCE-PARIS-MANIFESTATION ÉTUDIANTE-ÉDUCATION
5min

Politique

Blocus des lycées : dix-huit enquêtes IGPN ouvertes, l’usage des grenades assourdissantes suspendu

Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a annoncé ce mercredi 7 octobre la suspension provisoire de l’usage des grenades assourdissantes dans le cadre des manifestations lycéennes. Cette décision intervient après qu’un adolescent de 15 ans a eu la main arrachée lundi à Lens. Dix-huit enquêtes ont par ailleurs été confiées à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) depuis le début du mouvement.

Le