Le renouveau, c’est Bruno. Qui aurait pu croire il y a encore un an que Bruno Retailleau serait président des Républicains en 2025 ? Bruno Retailleau vient de boucler une séquence riche en rebondissements qui l’ont vu, malgré la défaite cuisante de son parti aux législatives, devenir ministre de l’Intérieur et désormais chef de la droite. Le locataire de Beauvau n’a pas fait mentir les sondages et a été largement élu avec 74,31 % des voix face au chef de file de la droite républicaine à l’Assemblée nationale, Laurent Wauquiez, qui récolte seulement 25,7 %. La douche froide pour le député qui n’avait pas ménagé sa peine, se ventant d’avoir mené une campagne de terrain « à la Chirac ». 80 % des adhérents ont participé. «Une nouvelle page s’ouvre pour les Républicains » et « l’unité est plus que jamais nécessaire », a souligné Annie Genevard, la secrétaire générale de LR, lors de l’annonce des résultats au siège du parti.
Il y a encore 10 mois, ce dénouement n’était pas envisageable puisqu’il restait encore trois ans de mandat à Éric Ciotti. La dissolution et le choix d’Éric Ciotti de s’allier au RN ont ouvert des opportunités jusque-là inespérées pour le Vendéen. Malgré deux échecs cuisants aux européennes et aux législatives, les LR sont arrivés en force au gouvernement en septembre. Nommé ministre de l’Intérieur du gouvernement Barnier, puis de celui de François Bayrou, Bruno Retailleau a bénéficié d’une exposition médiatique sans précédente pour lui.
C’est une belle revanche pour ce catholique conservateur qui aura regardé passer les trains plusieurs fois ces dernières années. Fin 2016, après la victoire de François Fillon à la primaire LR, en tant que fidèle lieutenant il aurait pu espérer une place de choix au gouvernement. Le « Pénélopegate » et l’ascension fulgurante du jeune Emmanuel Macron l’ont cantonné au rôle d’opposant pendant sept ans où il n’a eu de cesse de dénoncer « le laxisme » sur les sujets gérés par son ministère, l’immigration, la sécurité, ou le respect de la laïcité. Une ligne de fermeté qui ne l’a pas empêché de fédérer l’ensemble des sensibilités des sénateurs LR lorsqu’il était à la tête du groupe UMP puis LR du Sénat pendant 10 ans. La très grande majorité des sénateurs LR, Gérard Larcher en tête, lui ont apporté son soutien lors de cette campagne interne.
Désormais aux manettes sur ses sujets de prédilection, il n’a pas manqué de tirer un bilan positif de son action ces 6 derniers mois. Souvent en dissonance avec les ministres macronistes et le groupe Ensemble pour la République, Bruno Retailleau a pris soin de rappeler aux adhérents LR ces derniers jours qu’il n’était « toujours pas macroniste ». Une réponse à l’angle d’attaque de son adversaire Laurent Wauquiez qui s’est présenté en candidat « de rupture » avec le pouvoir en place en opposition à Bruno Retailleau qu’il a accusé de « diluer la droite dans le macronisme ».
Le premier défi de Bruno Retailleau sera de rassembler sa famille politique jusqu’en 2027. Car cette défaite ne signe pas la fin des ambitions présidentielles de Laurent Wauquiez.