Présidence de LR: Wauquiez grand favori face à deux trentenaires combatifs
A un mois de l'élection pour la présidence du parti Les Républicains, le grand favori Laurent Wauquiez et ses concurrents Florence Portelli et...

Présidence de LR: Wauquiez grand favori face à deux trentenaires combatifs

A un mois de l'élection pour la présidence du parti Les Républicains, le grand favori Laurent Wauquiez et ses concurrents Florence Portelli et...
Public Sénat

Par Nadège PULJAK

Temps de lecture :

4 min

Publié le

A un mois de l'élection pour la présidence du parti Les Républicains, le grand favori Laurent Wauquiez et ses concurrents Florence Portelli et Maël de Calan mènent une campagne active sur le terrain, le premier espérant une victoire dès le premier tour, les deux autres bien décidés à lui tenir tête.

L'élection aura lieu le 10 décembre, avec un éventuel second tour le 17. Un vote électronique, sans possibilité de procuration, afin d'éviter les problèmes de l'élection de fin 2012, avec la guerre Copé/Fillon qui avait failli faire imploser l'UMP d'alors.

Grand favori d'une compétition qui doit permettre de trouver un successeur à Nicolas Sarkozy, dernier président en date d'un parti traumatisé par les défaites présidentielle et législatives du printemps, M. Wauquiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, 42 ans, concentre les critiques de ses deux challengers, de la gauche et des macronistes mais aussi de ténors LR.

Florence Portelli, le 2 septembre 2017 à La Baule
Florence Portelli, le 2 septembre 2017 à La Baule
AFP/Archives

A ceux qui lui reprochent une "dérive droitière", voire de flirter avec les idées du FN, tels Xavier Bertrand et Valérie Pécresse, ses homologues des Hauts-de-France et de l'Ile-de-France, M. Wauquiez rétorque que "soit on est candidat, soit on se tait".

Il martèle qu'il ne fera "jamais" d'alliance avec le FN et regrette que le mot "identitaire", une étiquette que lui collent ses détracteurs, soit devenue "la pire insulte". "Wauquiez est l'antonyme du FN", assure son porte-parole Geoffroy Didier, un proche de Pécresse.

D'interviews en réunions publiques, le candidat esquisse son projet politique: rendre la droite "vraiment de droite", "rassembler" son camp, en faire la première force d'opposition. "La droite est de retour", lance-t-il lors de ses meetings.

Il ne se prive pas de décocher des flèches acérées contre le pouvoir, notamment le président Emmanuel Macron dont il dénonce, dans un portrait sans nuances, "le désert de l'âme", le manque d'"amour charnel pour la France", une "haine de la province".

- "Trump à la française" -

Le candidat à la présidence du parti Les Républicains lors d'un meeting à Morlaix, le 30 mai 2017
Le candidat à la présidence du parti Les Républicains lors d'un meeting à Morlaix, le 30 mai 2017
AFP/Archives

Ce vocabulaire est -timidement- dénoncé par ses proches -"je n'emploierais pas ces mots", dit Eric Woerth, "on a des vraies différences de verbes, ce n'est pas ma façon d'être", abonde Virginie Calmels- mais beaucoup plus énergiquement dans le camp Macron: "Wauquiez fait du Trump à la française", l'accuse François de Rugy, président LREM de l'Assemblée nationale.

Face à un Wauquiez donné gagnant dès le premier tour à une écrasante majorité (78%), selon un sondage Odoxa du 13 octobre, Mme Portelli, 39 ans, parcourt elle aussi l'Hexagone, en jouant sa carte à fond.

"Laurent Wauquiez ne gagnera pas", promet la maire de Taverny (Val d'Oise), qui soupçonne son rival de vouloir utiliser la présidence de LR comme un "tremplin" vers l'Elysée en 2022. Elle affirme se situer "au milieu" de la droite, "c'est-à-dire à droite", dénonce une "grande confusion idéologique" à LR et les "combinazione électorales".

Elle n'épargne pas non plus le benjamin de la compétition, M. de Calan, accusé de ne chercher qu'à combler "un déficit de notoriété". Cet élu du Finistère, 36 ans, est toutefois lui aussi très offensif. Wauquiez "s'éloigne" de "l'ADN libéral" de la droite en matière économique et sociale pour "reprendre les arguments de la gauche", estime-t-il.

Il reproche à M. Wauquiez d'avoir prôné, dans une interview aux Echos, "une règle d'or" pour la droite (pas d'augmentation d'impôts et baisse de la dépense publique) et d'avoir dénoncé "le culte au veau d'or du libre-échange". "Du Mélenchon dans le texte!", lâche Maël de Calan.

Le trentenaire vient toutefois d'accepter la contre-proposition de M. Wauquiez d'un "débat militant ouvert à la presse", au lieu du débat télévisé que Mme Portelli et lui réclamaient en vain au favori. Florence Portelli continue, elle, à juger "incompéhensible" le refus du favori de débattre à la télévision, parlant même d'"un sentiment de honte" pour la droite.

Partager cet article

Dans la même thématique

Dette publique : la piste d’une annulation partielle, défendue par Jean-Luc Mélenchon, se heurte à de nombreuses difficultés
7min

Politique

Dette publique : la piste d’une annulation partielle, défendue par Jean-Luc Mélenchon, se heurte à de nombreuses difficultés

Le candidat de la France insoumise à l’élection présidentielle remet dans le débat sa proposition d’effacement des 20 % de la dette publique logée dans la Banque de France. Une solution en apparence miracle, qui en réalité rencontrerait plusieurs difficultés. Risques inflationnistes, mise au ban de l’Europe, perte de confiance : des obstacles comme des dangers barrent la route.

Le

SIPA_01234434_000029
6min

Politique

Présidentielle 2027 : Philippe et Attal font de l’école un nouveau terrain de bataille, au risque d’éreinter le bilan Macron

À quelques jours de la rentrée scolaire, Édouard Philippe et Gabriel Attal font de l’éducation l’un des premiers terrains de la présidentielle de 2027. Les deux anciens Premiers ministres d’Emmanuel Macron partagent un constat : niveau scolaire insuffisant, recrutement difficile, rémunération trop faible des enseignants, problèmes d’autorité, mais divergent sur les réponses à apporter. Une bataille programmatique qui les oblige aussi à se confronter à leur propre bilan au sein de la majorité depuis la présidentielle de 2017.

Le

Montreuil: Les rencontres de Montreuil pour rassembler la gauche
4min

Politique

Primaire PS/Place publique : comment va-t-elle se passer ?

Le bloc social-démocrate s’organise pour trouver son candidat à la présidentielle. Le Parti socialiste et Place publique organisent une primaire destinée à leurs adhérents et sympathisants. Ses modalités ont été longuement débattues : la question du prix de la participation ainsi que l’engagement à ne pas s’allier avec LFI aux législatives ont agité les négociateurs. L’accord trouvé doit être validé par les organes décisionnels des deux partis ce mardi soir.

Le

Capture d’écran du documentaire « Montand est à nous » d’Yves Jeuland
5min

Politique

Les « docus de l’été » : Du communisme à l’Aveu de Costa-Gavras, la vie d’Yves Montand racontée par Yves Jeuland

Fasciné depuis son enfance par la vie d’Yves Montand, dans son film Montand est à nous, Yves Jeuland nous propose un voyage dans la vie de la star française. Une forme d’inventaire affectif du réalisateur pour celui qui fut tour à tour un chanteur et un comédien engagé aux côtés du parti communiste avant d’en dénoncer les errements, dans l’un de ses rôles les plus célèbres, dans le film de Costa Gavras l’Aveu. "Montand est à nous", un documentaire d’Yves Jeuland à voir cet été sur Public Sénat.

Le