Paris: Wauquiez Retailleau pacte legislatif
Conference de presse avec Laurent Wauquiez, President du groupe la Droite Republicaine a l Assemblee nationale et Bruno Retailleau, President du groupe Les Republicains au Senat, sur le pacte legislatif, le 22 juillet 2024 a l Assemblee nationale a Paris. Paris, FRANCE - 22/07/2024 Press conference with Laurent Wauquiez, President of the group Droite Republicaine at the National Assembly and Bruno Retailleau, President of Les Republicains group at Senate, on the legislative pact, on 22 July 2024 at the National Assembly in Paris. Paris, FRANCE - 22/07/2024//04HARSIN_WAUQUIEZRETAILLEAUPACTELEGISLATIF015/Credit:ISA HARSIN/SIPA/2407221721

Présidence des LR : qui sont les soutiens de Bruno Retailleau et de Laurent Wauquiez ?

Si Bruno Retailleau peut compter sur une très grande majorité des sénateurs LR derrière lui, à commencer par Gérard Larcher, Laurent Wauquiez devrait pouvoir s’appuyer sur une majorité de députés LR. En revanche, le match des personnalités semble pencher pour l’heure en faveur du ministre de l’Intérieur. Si les soutiens ne font pas l’élection, ils peuvent être autant de relais, en vue du vote des militants.
François Vignal

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La campagne pour la présidence des LR, entre Bruno Retailleau et Laurent Wauquiez, passera aussi par la bataille des soutiens. Si ce sont les adhérents qui élisent leur président, le nombre de troupes affichées par chaque camp sera scruté.

Chez Bruno Retailleau, le camp de base s’appelle le Palais de Marie de Médicis. Le Sénat, ou plus exactement le groupe LR du Sénat, est une terre retailliste. Pas étonnant. Le ministre de l’Intérieur a présidé le groupe des sénateurs LR pendant près de 10 ans. S’il est politiquement marqué très à droite, Bruno Retailleau n’est pas sectaire. Ses ex-collègues ont apprécié ses capacités à rassembler le groupe, tout comme un sens du compromis qu’il a dû mettre en pratique avec les alliés centristes, au sein de la majorité sénatoriale.

Bilan des courses, la grande majorité du groupe est derrière le candidat à la présidence des LR. A commencer par Gérard Larcher. Le président du Sénat soutient l’ancien sénateur de Vendée. « Je voterai pour Bruno Retailleau pour la présidence des Républicains », a-t-il annoncé la semaine dernière au Figaro. « Nous travaillons ensemble depuis dix ans, je connais sa détermination à toute épreuve et sa sincérité. Il a une capacité à rassembler et une vision pour la France. La notoriété du ministre de l’Intérieur ne m’a pas étonné car elle répond aux attentes des Français », salue le sénateur des Yvelines.

Si l’essentiel des sénateurs va se ranger derrière le ministre de l’Intérieur – il va d’ailleurs réunir la semaine prochaine les sénateurs LR qui le soutiennent – dans le détail, il y a des nuances. Sur les 131 membres du groupe, « au moins une bonne trentaine n’est pas membres du parti », souligne déjà un sénateur du groupe. S’ils peuvent soutenir, ils ne voteront pas.

Des sénateurs LR engagés, voire « très engagés pour Bruno Retailleau »

Sur la centaine qui reste, un certain nombre sera engagé, voire « très engagés pour Bruno Retailleau », explique un soutien du ministre. On peut citer un certain nombre de sénateurs LR, dont à peu près tous ceux qui ont des responsabilités : les deux porte-parole du groupe, Max Brisson et Agnès Evren. Cette dernière est par ailleurs à la tête de la fédération LR de Paris, devenue la plus grosse « fédé », depuis que celle des Alpes-Maritimes d’Eric Ciotti, qui a pris le large, est en reconstruction. On peut citer aussi les présidents de commissions Muriel Jourda (lois), Dominique Estrosi Sassone (affaires économiques), Philippe Mouiller (affaires sociales), Cédric Perrin (affaires étrangères), Jean-François Rapin (affaires européennes), Christine Lavarde (délégation à la prospective), ou encore les anciens ministres Marc-Philippe Daubresse et Laurence Garnier, les deux vice-présidents du groupe, Frédérique Puissat et Laurent Somon, Jacqueline Eustache Brinio, Michel Savin ou le premier vice-président du Sénat, Didier Mandelli. Liste non exhaustive. Et quid du président du groupe LR, Mathieu Darnaud, qui a succédé à Bruno Retailleau ? En tant que président de groupe, il reste pour l’heure dans une neutralité, qui peut s’expliquer aussi par sa terre d’élection, l’Ardèche, département de la région Auvergne-Rhône-Alpes, que Laurent Wauquiez a présidé d’une main de fer.

Derrière ces figures plus connues à la Haute assemblée, « il y a aussi ceux qui le soutiennent sans être obligatoirement des militants », explique un membre du groupe. Autrement dit, ce ne sont pas forcément des relais. Et « beaucoup vont s’engager pour Retailleau sans être des militants très actifs », décrypte ce connaisseur du groupe, notamment parce que certains occupent un poste de secrétaire départemental de leur fédération, appelant à la neutralité. Le même ajoute :

 Le sénateur LR moyen a une certaine distance par rapport à la vie partisane. Ça fait quand même un bloc important. 

Un sénateur LR.

Les appuis de Bruno Retailleau ne se limitent pas au Sénat. Les députés se feront rares, mais on peut citer l’ex-ministre Patrick Hetzel. L’ex-secrétaire d’Etat et conseiller régional d’Ile-de-France, Othman Nasrou, est quant à lui directeur de campagne.

Après Xavier Bertrand, David Lisnard et Valérie Pécresse derrière Retailleau ? Avant peut-être Michel Barnier ?

Bruno Retailleau pourra compter sur plusieurs personnalités, qui ont déjà annoncé être derrière lui, à l’image de Xavier Bertrand, président des Hauts-de-France, candidat malheureux à la primaire LR pour 2022. Sans surprise, c’est aussi le cas de François-Xavier Bellamy. Lancé par Laurent Wauquiez, le chef de file des eurodéputés LR s’est ensuite rapproché de Bruno Retailleau. Jean-François Copé, qui en connaît un rayon en matière de guerre des chefs à droite, s’est aussi rangé derrière le ministre de l’Intérieur.

Et d’autres personnalités pourraient arriver. Dans le camp Retailleau, on évoque le soutien probable du maire LR de Cannes, David Lisnard, qui ne cache pas ses ambitions présidentielles, et peut-être aussi de l’ex-candidate à la présidentielle, Valérie Pécresse, à la tête de la région Ile-de-France. Des annonces à distiller en temps voulu. « C’est une campagne de trois mois. Tout ne va pas sortir tout de suite », glisse-t-on, « un soutien doit avoir un intérêt, pour mobiliser les militants. Donc le faire trop tôt n’a pas de sens ». Le nom de l’ex-premier ministre, Michel Barnier, circule aussi pour se rallier à son ancien ministre. Mais à confirmer.

« Une bonne majorité des députés LR sera loyale à notre président de groupe »

Du côté de chez Laurent Wauquiez, les forces sont davantage concentrées à l’Assemblée. Là aussi, pas de surprise pour le président du groupe de la Droite républicaine, qui rassemble les députés LR. « Une bonne majorité sera loyale à notre président de groupe. C’est logique », avance un député qui lui est proche. Dans ce groupe qu’on a souvent comparé à un groupe d’autoentrepreneurs, on peut notamment citer Fabien Di Filippo, Vincent Jeanbrun, Michèle Tabarot, Jean-Didier Berger ou Emilie Bonnivard, pour voter Laurent Wauquiez.

Au groupe LR du Sénat, il faut un peu chercher pour trouver des soutiens de Laurent Wauquiez. Ils sont notamment à trouver du côté de sa région. Il y a bien sûr le fidèle Laurent Duplomb, sénateur de la Haute-Loire, très actif sur les questions agricoles. C’est l’un des relais de la parole du patron des députés LR au Sénat. Selon un bon connaisseur du groupe, « on compte peut-être une dizaine de sénateurs favorables à Laurent Wauquiez ». On cite quelques noms, comme Jean-Marc Boyer (Puy-de-Dôme), Paul Vidal (Rhône), Clément Pernot (Jura), peut-être Damien Michallet (Isère) ou Christine Bonfanti-Dossat (Lot-et-Garonne).

« Les personnalités, ce n’est pas la question. Autour de Laurent, on voit surtout beaucoup de nouveaux visages »

Côté personnalités en revanche, ça ne se bouscule pas pour l’heure, si ce n’est l’ancien président LR, Christian Jacob, ou encore Florence Portelli, vice-présidente de la région Ile-de-France. On peut aussi penser peut-être au ministre de la Santé, Yannick Neuder, qui est un proche de Laurent Wauquiez.

« Les personnalités, ce n’est pas la question. Autour de Laurent, on voit surtout beaucoup de nouveaux visages de droite, des jeunes députés, élus locaux. Il y a une volonté de profond renouvellement », balaie un député LR pro Wauquiez. D’autant que l’ancien président de région pourrait faire d’une faiblesse apparente, une force, ou du moins jouer la carte de la base. Du côté de Bruno Retailleau, on a d’ailleurs conscience du risque de paraître enfermé dans l’image du candidat « des chapeaux à plume ».

Le même soutien de Laurent Wauquiez relaie au passage l’angle d’attaque favori du camp Wauquiez. « On a vraiment besoin que Bruno porte nos couleurs au gouvernement et réussisse sa mission. Le schéma idoine pour nous, c’est que Bruno réussisse au gouvernement et que Laurent réussisse sa mission de refondation complète du parti, et qu’on renvoie la désignation du candidat à la présidentielle au-delà des municipales », avance ce proche.

« Les soutiens qui se mobilisent, ça joue. J’avais vu ça lors de la campagne Fillon »

Si les personnalités penchent pour l’heure du côté de Bruno Retailleau, « c’est une élection d’adhérents », rappelle-t-on opportunément chez les amis de Laurent Wauquiez. Ce sont eux qui votent. Mais quelques soldats, bien répartis sur le territoire, ne font pas de mal non plus. « Les soutiens qui se mobilisent, ça joue bien sûr. J’avais vu ça lors de la campagne Fillon, en interne, si vous vous impliquez dans la campagne. Car là, l’enjeu est de faire des adhésions. Si vous avez un réseau que vous mobilisez, ça apporte un plus », glisse un sénateur LR retailliste, qui assure sentir « un effet Retailleau » avec « un retour des militants », qui reprennent leur carte ou la prennent pour la première fois. Ils ont jusqu’au 17 avril pour verser leur cotisation en vue de l’élection prévue le 17 mai.

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