Présidence des LR : Virginie Calmels va-t-elle obtenir le report du scrutin ?
La candidate à la présidence des LR, réintégrée dans la course sur tapis vert, suite à une décision de justice, demande maintenant le report de décembre à janvier du scrutin, agitant la menace d’une « invalidation du processus électoral ». Malgré les incertitudes juridiques, pour l’heure, « personne n’a envie de changer », confie une source interne au LR.

Présidence des LR : Virginie Calmels va-t-elle obtenir le report du scrutin ?

La candidate à la présidence des LR, réintégrée dans la course sur tapis vert, suite à une décision de justice, demande maintenant le report de décembre à janvier du scrutin, agitant la menace d’une « invalidation du processus électoral ». Malgré les incertitudes juridiques, pour l’heure, « personne n’a envie de changer », confie une source interne au LR.
François Vignal

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Les LR vont-ils devoir repousser l’élection pour la présidence du parti, prévue les 3 et 4 décembre ? La présidente par intérim, Annie Genevard, a réuni hier en visio les trois principaux candidats, Bruno Retailleau, Eric Ciotti et Aurélien Pradié, pour évoquer cette éventualité avec eux, raconte la newsletter Politico, ce que confirment à publicsenat.fr plusieurs sources LR. En cause, le risque juridique lié à la procédure entamée par Virginie Calmels.

Candidate à la tête du parti, avant d’être exclue par la haute autorité des LR, arguant qu’elle n’était pas à jour de cotisation, l’ancienne numéro 2 des LR a finalement eu gain de cause mercredi 21 septembre auprès du tribunal judiciaire de Paris, qui a suspendu la décision d’irrecevabilité de sa candidature. Suite à la réintégration par la justice de Virginie Calmels dans la bataille interne, la haute autorité s’est fendue d’un communiqué pour annoncer le report d’un mois, du 3 octobre au 3 novembre, de la date limite du dépôt des candidatures, « dans un souci d’égalité entre les candidats ». Ils doivent chacun rassembler 10 parrainages de parlementaires et 485 d’adhérents.

Virginie Calmels ne veut pas en rester là

Mais Virginie Calmels, qui entend « bousculer l’entre-soi » des LR pour défendre « une ligne moins extrémiste », ne veut pas en rester là. Ce temps supplémentaire laissé à la collecte des parrainages ne lui suffit pas. Elle demande maintenant un report d’un mois du scrutin, du 3 décembre au 3 janvier. Dans un entretien au Figaro, la candidate renvoie à « l’article 25-1 du règlement intérieur (des LR qui) stipule que la liste des candidats à l’élection du président du mouvement est établie par la haute autorité qui la rend publique 45 jours au moins avant le premier tour du scrutin ». La publication de la liste des candidats étant prévue « le 17 novembre », selon le guide électoral, « la date de scrutin aurait donc dû être décalée au 3 janvier 2023 ». Le maintien de la date au 3 décembre « biaiserait » le scrutin, selon Virginie Calmels, qui affirme que « cette élection vire à la farce ».

Le tribunal ne s’est pour le moment pas prononcé sur le fond, mais l’ancienne dirigeante d’Endemol Monde assure être prête à aller jusqu’au bout. « Eu égard aux attendus du jugement rendu et à la condamnation de LR, il est quasi certain qu’une procédure sur le fond à date fixe, soit dans un délai court, conduira à l’invalidation du processus électoral et permettra de repartir sur des bases saines » soutient, pour ne pas dire menace, la candidate…

« Tout le monde y est opposé »

Reste à voir si le risque juridique est bien avéré. Il semble en tout cas ne pas être nul. « C’est compliqué à apprécier juridiquement. Est-ce qu’il y a un risque d’annulation du scrutin sur le calendrier ? Potentiellement oui », selon un membre des LR, qui pense que les instances « n’avaient pas pensé que certains s’amuseraient à trouver la faille juridique » dans ces règles décidées dans le cadre d’un « accord au bureau politique ». Pas sûr non plus qu’elles aient bien été pensées dans les moindres détails.

Mais à partir du moment où Virginie Calmels aurait gain de cause, n’y aura-t-il pas d’autres effets de bord et conséquences ? On pourrait arguer que le corps électoral ne serait plus le même début janvier, nécessitant de reporter toute la procédure… A partir du moment où le parti mettrait le doigt dans une nouvelle modification de calendrier, certains n’excluent pas que les changements nécessitent d’être plus profonds.

Reste que les candidats ne sont pas très chauds pour revoir le calendrier. Malgré les incertitudes, pour l’heure, « personne n’a envie de changer », selon une source interne. « Ce n’est pas une éventualité », « tout le monde y est opposé », soutient même un proche d’un candidat. D’autant que « c’est déjà très long. C’est comme une présidentielle », regrette le soutien d’un autre. La décision reviendra au parti, mais on l’imagine mal ne pas associer les candidats à la décision.

« C’est sûr que ça n’arrange personne. C’est un peu embêtant… »

Du côté des sénateurs LR croisés ce matin avant leur réunion de groupe hebdomadaire, la détermination jusqu’auboutiste de Virginie Calmels n’est pas comprise. « J’ai toujours soutenu les femmes, quelles qu’elles soient, pour être candidate. Mais là, elle n’avait pas repris sa cotisation », souligne Catherine Procaccia, sénatrice LR du Val-de-Marne. « Je trouvais que sa candidature pouvait être sympathique. Maintenant, je la trouve détestable. On ne se retrouve pas dans un parti pour faire des procès », pointe le sénateur LR Jérôme Bascher, qui soutient Bruno Retailleau. Le sénateur de l’Oise n’exclut pas cependant que la procédure « nous oblige peut-être à reporter, pour être très au clair ».

Les Républicains se seraient certainement bien passés de ce nouvel épisode, surtout s’il perdure et aboutit. Un membre du parti qui suit le sujet de près le reconnaît : « C’est sûr que ça n’arrange personne. C’est un peu embêtant… » Mais un autre relève qu’un report ne changerait, au fond, pas grand-chose au résultat final.

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