FRA : Parti Socialiste : Conseil National : ambiance
Patrick KANNER et Rachid TEMAL.Le PS (Parti Socialiste Francais), a rÃ'uni son conseil national, le 13 Octobre à la Bellevilloise, Paris, France.PS (French Socialist Party), brought together its national council, October 13 at the Bellevilloise, Paris, France.//NICOLASMESSYASZ_2018_10_13a_286a/Credit:NICOLAS MESSYASZ/SIPA/1810131619

Présidence du groupe PS du Sénat : qui va l’emporter entre Patrick Kanner et Eric Kerrouche ?

A peine les sénatoriales terminées, les sénateurs PS vont devoir départager ce mardi Patrick Kanner, actuellement à la tête des sénateurs PS, d’Eric Kerrouche, qui lui conteste le poste. Avec le risque de faire du scrutin « la poursuite du congrès du PS ».
François Vignal

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Mis à jour le

« Les téléphones chauffent partout. Heureusement, on a des forfaits illimités ». Ce sénateur socialiste en sourit. Car les élections sénatoriales tout juste digérées, les sénateurs PS se tournent déjà vers un autre scrutin, interne celui-là. Les 65 sénateurs PS – selon les derniers décomptes – élisent ce mardi, à 15 heures, leur président de groupe. Patrick Kanner, élu à la tête du groupe face à Laurence Rossignol, en 2018, est à nouveau candidat. Mais sa présidence est cette fois contestée par Eric Kerrouche, réélu dimanche dans les Landes. « C’est une campagne un peu particulière, une campagne après l’autre. C’est stimulant », dit ce lundi Eric Kerrouche.

« Politiquement, on pourrait peser plus », soutient Eric Kerrouche

« Je serai candidat, avec un bilan reconnu », nous annonçait vendredi Patrick Kanner, qui « pense avoir placé haut, avec (ses) collègues, les valeurs du groupe, son autorité politique au sein du Sénat et au niveau national ». Eric Kerrouche pense lui « qu’on doit travailler différemment. L’idée, c’est qu’on est en sous régime par rapport à ce qu’on pourrait faire. On peut avoir une visibilité politique plus importante, en étant plus efficace au niveau organisationnel, on pourrait mettre plus en valeur toute la richesse que porte notre groupe », nous expliquait-t-il, avant d’ajouter : « Politiquement, on pourrait peser plus ». Voulant donner « un nouvel élan au groupe », Eric Kerrouche soutient qu’« il y a une volonté de renouvellement, de renouvellement des pratiques ».

Le nom du sénateur PS, Rachid Temal, réélu dans le Val-d’Oise, avait été évoqué depuis un moment. Mais celui qui a été porte-parole du groupe décide finalement de ne pas concourir. La date limite du dépôt des candidatures était ce lundi, 17 heures. Ce sera donc un face à face.

« Ça va se jouer dans un mouchoir de poche »

Que va donner ce duel ? Selon un sénateur du groupe, qui penche du côté d’Eric Kerrouche, « ça va être deux blocs de 25. Ça va se jouer dans un mouchoir de poche. Et il y a une dizaine de sénateurs pour qui c’est plus indécis », pronostique ce sénateur PS, qui pense que « tout le monde va se compter », à l’occasion du vote, qui se fait à bulletin secret. Les discussions pour « les postes à responsabilités », vice-présidence, secrétaire ou dans les commissions, peuvent aussi rentrer dans la balance.

L’écueil du scrutin, c’est de rejouer le congrès fratricide de Marseille. D’un côté, Patrick Kanner a soutenu le maire de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, quand de l’autre, Eric Kerrouche a soutenu le premier secrétaire, Olivier Faure. Il est même membre de la direction en tant que secrétaire national. Mais promis, les deux jurent qu’ils ne sont pas là pour défendre une écurie. Pourtant, selon un sénateur du groupe, le numéro 1 PS s’investit dans la bataille. Cet élu nous glisse qu’« Olivier Faure appelle des sénateurs » pour les convaincre de bien voter…

« On a chacun une proximité politique. Mais un président de groupe est quelqu’un qui doit rassembler tout le monde. En l’espèce, j’ai une proximité avec Olivier Faure, mais on a une autonomie », nous expliquait vendredi Eric Kerrouche, qui ajoute cependant « que retravailler un petit peu plus avec le groupe de l’Assemblée nationale et le parti est aussi une nécessité, mais sans abdiquer notre personnalité ». « Je mets de côté mes engagements avec pour seule boussole le groupe et sa prospérité », soutient de son côté Patrick Kanner.

« Je pense que Patrick Kanner va être réélu, car il fait le job »

L’ancien ministre de François Hollande est-il serein dans ce scrutin ? Est-il menacé ? Selon l’avis d’un membre du groupe, il peut parfaitement encore jouer sa chance. « Je pense que Patrick Kanner va être réélu, car il fait le job. Ce n’est pas hyper confortable comme élection, mais les sénateurs ne sont pas des grands révolutionnaires. Et il ne faut pas que la désignation du président du groupe apparaisse comme la poursuite du congrès du PS », lâche ce sénateur, selon qui « c’est le handicap d’Eric Kerrouche. Il compte ses troupes, et c’est avant tout le TO2 (texte d’orientation 2, celui d’Olivier Faure au congrès, ndlr). Il ne veut pas apparaître comme le candidat de Faure, mais son noyau dur, c’est quand même ça ». Il devrait en effet pouvoir compter sur l’arrivée de nouveaux sénateurs proches de la direction. Au sein du groupe, on reconnaît que « le schéma organisationnel pourrait toujours être mieux. Mais on est 65 face à 240 élus de droite. Je ne vois pas trop la marge ». On saura demain si les sénateurs PS la voient.

Partager cet article

Dans la même thématique

« On est déjà dans le vide, sans parachute » : la grande inquiétude de la majorité sénatoriale sur le budget 2027
7min

Politique

« On est déjà dans le vide, sans parachute » : la grande inquiétude de la majorité sénatoriale sur le budget 2027

Les groupes engagés dans l’ancien socle commun attendent que le gouvernement sorte du bois, s’agissant des pistes pour les prochains textes budgétaires. Cette année, ils n’ont pas adressé de propositions précises au gouvernement mais des grandes orientations, laissant à Matignon le point de départ des discussions. Alors que l’équation budgétaire se complique avec le ralentissement de la croissance, les rapporteurs généraux craignent le pire dans les prochains mois.

Le

Illustration in India.
2min

Politique

Cabinet de conseils : le parquet national financier annonce une saisie de 65 millions d’euros dans l’enquête pour fraude fiscale autour de McKinsey

Le parquet national financier a annoncé vendredi la saisie, avec la justice belge, d’une somme de 65 millions d’euros dans le cadre de l’enquête pour blanchiment aggravé de fraude fiscale autour du cabinet de conseil McKinsey. L’enquête avait été ouverte en mars 2022 dans le prolongement de la commission d’enquête du Sénat sur l’influence des cabinets de conseil privés sur les politiques publiques depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron en 2017.

Le

FRA – GARCHES – HOPITAL RAYMOND-POINCARRE – PMR
6min

Politique

Fauteuils roulants, prestations sociales, école inclusive, accessibilité : quel est le bilan d’Emmanuel Macron en matière de handicap ?

Après deux quinquennats, la situation pour les personnes handicapées est mitigée. Des progrès sont là, avec le remboursement des fauteuils roulants, une hausse des aides sociales ou une présence accrue des élèves en situation de handicap à l’école. Mais les difficultés d’emploi, le manque de places dans le secteur médico-social ou des problèmes d’accessibilité rendent encore la vie des personnes handicapées difficile.

Le

Drought severely weakens maize crops. A lack of rainfall and high temperatures cause water stress, which can slow plant growth and reduce yields. Faced with these weather conditions, farmers must adapt their practices and optimize water use to safeguard th
7min

Politique

Plan d'aide d'1 milliard pour les agriculteurs : « Le gouvernement doit sortir de la perpétuelle urgence », demande Guillaume Gontard

Après un été de canicules, d'incendies et de sécheresse exceptionnels, le gouvernement a annoncé vendredi plus d'1 milliard d'euros d'aides d'urgence pour soutenir une agriculture française durement éprouvée. Insuffisant pour les syndicats qui réclament au moins le double. Le président du groupe écologiste du Sénat, Guillaume Gontard, demande au gouvernement une réponse structurelle à une crise systémique qui passe par une réduction des émissions et l'adaptation au climat.

Le