Paris: Election Of Franc’s National Assembly President
Former French prime minister and newly-elected Member of Parliament (MP) for the French Renaissance ruling party Elisabeth Borne (C) goes to vote during the election of lower house' President at the France's National Assembly in Paris, FRANCE - 18/07/2024. The new MPs meet for the first time to elect the President of the National Assembly, in the deeply fragmented lower house after the leftwing coalition defeated the far-right in general elections with no group winning an absolute majority. This is also the first session at the French parliament after French President Emmanuel Macron accepted the resignation of Prime Minister Gabriel Attal. Election du President ou de la Presidente de l’Assemblee Nationale suite a l’election legislative anticipee apres la dissolution de l’Assemblee par le President de la Republique Emmanuel Macron, Paris, FRANCE - 18/07/2024.//JEE_asspdt.22/Credit:J.E.E/SIPA/2407210158

Présidence du parti Renaissance : les sénateurs perplexes face à la candidature d’Élisabeth Borne

Élisabeth Borne a annoncé ce 21 août briguer la tête du parti Renaissance. Un choix qui étonne au sein de son camp au regard de la situation politique actuelle. Les sénateurs Renaissance souhaitent avant tout assurer l’unité et le soutien du parti au chef de l’Etat.
Henri Clavier

Temps de lecture :

4 min

Publié le

La temporalité a de quoi surprendre. Alors que tous les regards se tournent vers l’Elysée en attendant la nomination d’un nouveau premier ministre, Élisabeth Borne a annoncé, dans un entretien au Parisien, vouloir briguer la tête du parti Renaissance. Actuellement dirigé par Stéphane Séjourné, le parti doit désigner un nouveau chef lors d’un congrès qui se tiendra à l’automne. Pour l’instant, la date et les modalités du congrès ne sont pas encore fixées, les statuts imposent seulement la désignation d’un nouveau président avant la fin du mois de novembre.

L’ancienne Première ministre confie au Parisien vouloir « rassembler de façon très large » et, assurément, jouer un rôle clé dans cette nouvelle législature. Issue de la gauche, Élisabeth Borne envisageait également de prendre la tête du groupe parlementaire, finalement présidé par Gabriel Attal.

Préparer le match face à Gabriel Attal ?

En se positionnant relativement tôt dans la course, l’ancienne locataire de Matignon aurait-elle pour objectif de couper l’herbe sous le pied de son concurrent naturel, Gabriel Attal ? « Honnêtement, je pense qu’à partir du moment où on ne connaît ni les modalités ni les dates du congrès c’est peut-être un peu tôt pour se lancer dans la course. Si Gabriel Attal prend la décision d’y aller ce sera difficile de ne pas le soutenir, il a la faveur des militants et auprès des Français c’est celui qui est préféré », estime Xavier Iacovelli, sénateur renaissance des Hauts-de-Seine.

Pour François Patriat, président du groupe Renaissance au Sénat, ce n’est pas le moment d’ajouter de la division dans le parti. « Élisabeth Borne a fait du bon boulot en tant que Première ministre, elle a montré sa compétence, elle pense que sa tâche n’est pas terminée et elle souhaite aujourd’hui poursuivre son action », juge l’ancien socialiste qui ne formule aucune préférence entre les candidats potentiels.

« Ce que je souhaite, c’est que le parti se structure pour soutenir le Président de la République »

Si le timing est un peu précipité, les sénateurs Renaissance jugent également que les priorités sont ailleurs. Alors qu’Emmanuel Macron commence les consultations politiques ce vendredi 23 août dans l’optique de nommer un Premier ministre, l’heure serait plutôt au soutien du chef de l’Etat. « Ce que je souhaite, c’est que le parti se structure pour soutenir le Président de la République pour les années à venir, il faut que le parti soit uni et soudé derrière Emmanuel Macron, ce n’est pas le moment de créer de la division, le contexte ne s’y prête pas et les priorités sont ailleurs », explique François Patriat. « On a besoin d’un parti fort, uni », abonde Xavier Iacovelli. Dans son entretien au Parisien, l’ancienne Première ministre estime que « le parti […] doit d’abord se concentrer sur la réflexion de fond et la mobilisation militante ».

Préparer la présidentielle de 2027 

Élisabeth Borne affirme également que le parti n’a pas vocation à être une « écurie présidentielle », c’est-à-dire que le futur chef du parti ne sera pas nécessairement le candidat naturel de Renaissance pour la présidentielle en 2027. Une échéance qui reste dans toutes les têtes. « C’est important, pour 2027, d’avoir une personnalité et une incarnation forte à la tête du parti », affirme Xavier Iacovelli. Si rien n’est acté, la présidence du parti, et les moyens que cela implique, offre un avantage certain à son titulaire pour se lancer dans une campagne présidentielle à laquelle Emmanuel Macron ne pourra pas participer. « Si on veut que l’héritage d’Emmanuel Macron perdure, il faut bien que l’on prépare la suite, et actuellement, aux yeux des militants, c’est Gabriel Attal le mieux placé », tranche Xavier Iacovelli.

Partager cet article

Dans la même thématique

Municipal elections in Toulouse : Francois Piquemal and Francois Briancon meeting the people of Toulouse
7min

Politique

Municipales : des fusions entre listes PS et LFI aux succès très limités

Les listes PS/LFI, dont les fusions se sont multipliées pour le second tour, ont connu un certain échec pour les municipales. A l’inverse, les candidats socialistes qui ont gardé leur distance avec LFI s’en sortent bien. De quoi relancer les débats qui travaillent le PS, sur la meilleure stratégie à suivre pour 2027.

Le

Ballot Paper Envelopes Elections France
7min

Politique

Paris reste à gauche, LR s’impose dans les villes moyennes, percée du RN … Les principaux enseignements des municipales 2026

Entre confirmation des ancrages locaux et bascules historiques, le bilan des municipales 2026 révèle une fracture droite-gauche entre les territoires et les grandes villes. Alors que le bloc central et LR s'emparent d’importants trophées comme Bordeaux ou Clermont-Ferrand, à gauche la stratégie d'alliance avec La France insoumise interroge après une série de revers pour le PS et les Écologistes. Néanmoins, Paris, Marseille et Lyon restent aux mains de la gauche.

Le