Présidence LR : comment les sénateurs ont parrainé les candidats
Liste des soutiens, équilibres politiques, signatures litigieuses : Public Sénat a recueilli et étudié à la loupe les parrainages des sénateurs pour l’élection du président des Républicains en décembre.

Présidence LR : comment les sénateurs ont parrainé les candidats

Liste des soutiens, équilibres politiques, signatures litigieuses : Public Sénat a recueilli et étudié à la loupe les parrainages des sénateurs pour l’élection du président des Républicains en décembre.
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Qui a parrainé qui ? Le 11 octobre, quatre candidats ont déposé leurs parrainages pour se présenter à l’élection du prochain président des Républicains les 10 et 17 décembre prochain : Laurent Wauquiez, Florence Portelli, Maël de Calan et Daniel Fasquelle. Deux ont abandonné en cours de route : Julien Aubert et Laurence Sailliet.

La règle était la suivante : chaque prétendant devait réunir le parrainage d’au moins 2.347 adhérents à jour de cotisation. Mais aussi d’au moins 13 parlementaires à jour de cotisation en tant qu’adhérent ET en tant qu’élu. Au total, 283 députés, sénateurs et eurodéputés étaient habilités à fournir un parrainage, selon la dernière liste fournie par la Haute autorité.

Subtilité de cette élection 2017, la campagne de parrainage s’est déroulée pendant les sénatoriales, ce qui signifie que des candidats pouvaient présenter des signatures de sénateurs actuels ou de sénateurs qui siégeaient jusqu’au 1er octobre. 127 sénateurs de l’actuel Sénat étaient en mesure de parrainer un candidat (contre 107 députés), dont 6 chez les « République et territoires – les indépendants », et un au groupe UC. Il s’agit de Nadia Sollogoub. Il faut également ajouter 32 anciens sénateurs, comme Jean-Pierre Raffarin ou Jean-Claude Gaudin.

Voici le détail des parrainages :

Laurent Wauquiez : carton plein avec 60 sénateurs revendiqués

Grand favori du scrutin, le président du conseil régional de Rhône-Alpes-Auvergne Laurent Wauquiez a tenu à faire de ses parrainages une démonstration de force. Au total, il récolte 20.500 signatures d’adhérents et celles de 136 parlementaires, dont 60 sénateurs. Dans le détail, 10 ne siègent plus et 50 sont encore membres du groupe. Parmi eux de nombreux sarkozystes.

Laurent Wauquiez a été parrainé par plusieurs ténors du groupe. C’est par exemple le cas de Jean Bizet (Manche), François-Noël Buffet (Rhône), Pierre Charon (Paris), Marc-Philippe Daubresse (Nord), Alain Houpert (Côte-d’Or), Alain Joyandet (Haute-Saône), Roger Karoutchi (Hauts-de-Seine).

Chez les sénateurs qui ont quitté depuis le Sénat, on relève notamment Jean-Claude Gaudin (Bouches-du-Rhône) et Éric Doligé (Loiret).

Il est à souligner que 15 des sénateurs LR de la région Rhône-Alpes-Auvergne (habilités à parrainer) ont opté en grande majorité pour Laurent Wauquiez : ils sont 12. Un choix de proximité mais peut-être pas seulement. « Des sénateurs de la grande région n’ont pas envie de le prendre de front », commente un proche de l’un des concurrents de Laurent Wauquiez.

Bernard Fournier (Loire) a fait le choix de Julien Aubert (lire plus bas), Élisabeth Lamure (Rhône) et Jean-Pierre Vial (Savoie) n’ont parrainé quant à eux personne.

Dernière précision : selon notre décompte, cinq parrainages de sénateurs devraient être annulés par la Haute autorité, car ces élus ne figurent pas dans la liste des parlementaires habilités. Il s’agit de ceux de Martine Berthet (Savoie), Anne-Marie Bertrand (Bouches-du-Rhône), René Danesi (Haut-Rhin), Henri Leroy (Alpes-Maritimes) et Viviane Malet (La Réunion).

Florence Portelli : 14 parrainages revendiqués au Sénat

Forte de plus de 5.000 parrainages d’adhérents, Florence Portelli, la seule femme encore présente dans l’élection, dispose de 16 signatures de parlementaires. C’est au Sénat que la récolte a été la plus fertile pour la maire de Taverny (Val-d’Oise), avec 14 sénateurs. Parmi eux, l’ancienne sénatrice de l’Oise Caroline Cayeux, qui a quitté le Sénat le 1er octobre pour rester à la tête de la mairie de Beauvais.

C’est le seul nom au Sénat que nous avons obtenu auprès de Florence Portelli. « Suite à différentes mises sous pression, je ne divulgue pas les noms », déclare-t-elle à PublicSenat.fr. Elle nous précise également que quatre parlementaires « ont changé d’avis » en cours de route.

Fille de Hugues Portelli (sénateur du Val d’Oise de 2004 à 2017), Florence Portelli est surtout connue pour avoir été porte-parole de François Fillon durant la présidentielle.

Maël de Calan : 14 parrainages de sénateurs

Se définissant comme « l’alternative à Laurent Wauquiez », Maël de Calan est le benjamin de l’élection (37 ans) et constitue le candidat de l’aile modérée chez LR dans cette élection. Juppéiste, encouragé par le maire de Bordeaux, le conseiller départemental du Finistère a déposé vendredi à la Haute Autorité les parrainages de plus de 3.000 adhérents et ceux de 23 parlementaires, dont 13 au moins au Parlement, en tenant compte des informations du JDD.

C’est un soutien de poids, Maël de Calan a notamment bénéficié du parrainage de l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin. L’ancien sénateur de la Vienne, qui a quitté le Sénat le 4 octobre, a apprécié « l’esprit ouvert et européen » de Maël de Calan » et a tenu à préciser que son parrainage s’est fait « sans hostilité ».

Sans surprise, Maël de Calan a été parrainé en grande partie (mais pas uniquement) par des sénateurs de sensibilité constructive ou juppéiste, comme Fabienne Keller (Bas-Rhin) ou François Grosdidier (Moselle). Il dispose également des parrainages de deux sénateurs siégeant au groupe « République et Territoires / Les Indépendants » : Jérôme Bignon (Somme) et Alain Fouché (Vienne).

Précisons également que Max Brisson ne fait pas partie des parrains de Maël de Calan. Contacté par PublicSenat.fr, le sénateur des Pyrénées-Atlantiques dément l’information du JDD et précise qu’il a parrainé Laurent  Wauquiez.

Enfin, le parrainage parlementaire du sénateur Robert Laufoaulu (Fallis-et-Futuna) pourrait être invalidé, puisqu’il ne figure pas sur la liste des parlementaires autorisés fournie par la Haute autorité.

Daniel Fasquelle : parrainé par 4 sénateurs

Le député du Pas-de-Calais Daniel Fasquelle a davantage concentré sa campagne de parrainage au palais Bourbon, au détriment du palais du Luxembourg. Sur ses 22 parrainages parlementaires, l’ancien maire du Touquet recueille les signatures de seulement quatre sénateurs, dont celui du Pas-de-Calais, Jean-François Rapin.

Daniel Fasquelle nous déclare que Jean-Paul Émorine (Saône-et-Loire), Antoine Lefèvre (Asine) et Charles Revet (Seine-Maritime) forment ses trois autres soutiens déclarés à la Haute assemblée.

Laurence Sailliet : 10 sénateurs l’avaient parrainée

Avant d’annoncer son retrait de la course le 9 octobre, Laurence Sailliet, ancienne candidate aux législatives dans la 5e circonscription des Français de l’étranger, pouvait compter sur le parrainage de 1.800 adhérents (le minimum requis était de 2.347) et de 14 parlementaires, soit un de plus que nécessaire. Parmi ces 14 noms, figuraient 10 sénateurs. Comme Florence Portelli, Laurence Sailliet évite d’ébruiter les noms des sénateurs et sénatrices qui ont acquis sa confiance.

Peu de sénateurs ont voulu rendre public leur parrainage. Il s'agit  notamment de Nicole Duranton, sénatrice de l’Eure, et de Cédric Perrin, sénateur du Territoire de Belfort. La première avait parrainé Bruno Le Maire durant la primaire de l’automne 2016, et le second François Fillon.

Après l’abandon de Laurence Sailliet, Cédric Perrin et Louis Duvernois (ancien sénateur) ont finalement accordé leur parrainage à Laurent Wauquiez, et Philippe Dominati à Julien Aubert.

Julien Aubert : 7 parrainages au Sénat

De son côté, le candidat gaulliste Julien Aubert a échoué de peu à réunir les conditions nécessaires. Il lui manquait une centaine de parrainages d’adhérents, et pouvait compter sur la signature de 13 parlementaires, dont sept sénateurs, selon nos informations. La semaine dernière, il avait même accusé Laurent Wauquiez de lui avoir « piqué » un parrain parlementaire à deux reprises.

Le député du Vaucluse comptait parmi ses soutiens les deux sénateurs LR de son département : le président de la commission des Affaires sociales Alain Milon, ainsi que Alain Dufaut.

Il comptait également deux soutiens de poids dans le groupe LR, Gérard Longuet (Meuse) et Philippe Dominati (Paris), mais aussi celui de Bernard Fournier (Loire) et René-Paul Savary (Marne).

Jean-Claude Lenoir (Orne), qui ne n’est pas représenté aux sénatoriales du 24 septembre, fait aussi partie des signataires.

Ceux qui n’ont parrainé aucun candidat

Sur les 127 sénateurs actuels qui étaient habilités à parrainer pour l’élection du président Les Républicains, une grosse trentaine a fait preuve de neutralité et n’a pas voulu prendre parti dans une élection que beaucoup disent jouée d’avance.

C’est particulièrement le cas au Bureau du Sénat. Sur notre antenne mardi, Gérard Larcher avait souligné qu’il ne parrainerait personne. « Mon rôle est de rassembler », a défendu le président du Sénat.

À la vice-présidence, Philippe Dallier et Catherine Troendlé sont également restés neutres. De même que le questeur Rémy Pointereau. Chez les cinq secrétaires LR qui étaient en capacité de parrainer, seuls Catherine Deroche et Michel Raison n’ont envoyé aucun formulaire, à notre connaissance.

Le président du groupe LR, Bruno Retailleau, ne figure pas sur la liste des parrains de Laurent Wauquiez. Dans l’Épreuve de vérité, ce jeudi, le sénateur de la Vendée a refusé de préciser à qui irait son vote en décembre. Comme Gérard Larcher, « [son] rôle, c’est de rassembler », a-t-il affirmé. Avant de se prononcer publiquement, il a souligné qu’il faudra « vérifier s’il y a menace sur l’unité du groupe ».

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