Présidence LR : quel espace pour la droite humaniste et le centre ?
Avant l’élection pour la présidence des Républicains, les centristes, Jean-Christophe Lagarde et Laurent Hénart mettent la pression sur le grand favori, Laurent Wauquiez. S’il est élu, préviennent-ils, c’est la fin de l’alliance entre l’UDI et Les Républicains.

Présidence LR : quel espace pour la droite humaniste et le centre ?

Avant l’élection pour la présidence des Républicains, les centristes, Jean-Christophe Lagarde et Laurent Hénart mettent la pression sur le grand favori, Laurent Wauquiez. S’il est élu, préviennent-ils, c’est la fin de l’alliance entre l’UDI et Les Républicains.
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« Je suis très étonné que 48H avant l’élection quelqu’un de l’extérieur brandisse ce genre de menace. Est-ce que les Républicains s’occupent de la démocratie interne de l’UDI ? Cette déclaration est basée sur une stratégie personnelle plus que sur un choix politique ». Alain Joyandet, sénateur LR, proche de Laurent Wauquiez, n’a pas vraiment apprécié les déclarations du président de l’UDI dans les colonnes du Parisien, vendredi.

« Des états généraux de la reconstruction du centre et de la droite » en 2018 ?

Pour Jean-Christophe Lagarde, peu importe que le probable prochain président des LR ait tendu la main aux centristes en début de semaine, lors d’un meeting près de Lille. « Les positions qu’il prend depuis des années, et plus encore depuis deux-trois ans, s’éloignent tellement de nos convictions que je ne vois pas quel centriste pourrait (l’) accepter ». Et le patron de l’UDI de l’annoncer clairement, si Laurent Wauquiez est élu, « il n’y aura plus d’alliance avec les Républicains en tant que parti ». Le député UDI propose même à partir de 2018, d’organiser des états généraux de la reconstruction du centre et de la droite » auxquels pourraient participer, selon lui, des élus locaux comme Christian Estrosi, Xavier Bertrand, Valérie Pécresse ou encore Dominique Bussereau. « Des gens aux valeurs compatibles avec nous car leur vision de la droite est gaulliste ou chiraquienne ».

Alain Joyandet dénonce « la caricature » faite de Laurent Wauquiez

Renvoyée au rang de « l’ultradroite », la ligne de Laurent Wauquiez n’aurait plus de républicain que le nom et serait infréquentable pour les dirigeants centristes. Jean-Christophe Lagarde et Laurent Hénart, président du Parti radical, font remonter le péché originel du président de la région Auvergne Rhône-Alpes à l’entre-deux tours de la présidentielle. « Quand il n’a pas appelé à voter pour Macron face à le Pen, c’est pour moi quelque chose d’insurmontable » justifie Laurent Hénart. «Une caricature » répond Alain Joyandet  qui invite à reprendre « mot à mot » le communiqué de son parti datant du 24 avril et qui appelait « à voter contre Marine Le Pen ». Laurent Wauquiez était lui resté silencieux sur son choix.

Fabienne Keller : « Je constate que le discours de Laurent Wauquiez se radicalise »

Mais pour Fabienne Keller, sénatrice membre du groupe LR et déléguée nationale d’Agir, c’est moins le  silence de Laurent Wauquiez entre les deux tours, que ses prises de position actuelles qui importent. « Je constate que son discours se radicalise. Pour cette raison la démarche de Laurent Hénart et de Jean-Christophe Lagarde va dans le bon sens. Je pense qu’il y a un espace entre La République en marche et Les Républicains pour une droite libérale, humaniste et européenne. Nous ne sommes pas dans l’opposition systématique à l’égard du gouvernement. Nous sommes dans une démarche ouverte mais aussi vigilante, par exemple lorsqu’il s’agit de défendre les collectivités territoriales ».

« On est encore sous l’effet de choc de l’élection d’Emmanuel Macron

Emmanuel Capus, membre du groupe Les Indépendants (les Constructifs du Sénat) et d’Agir « ne sait pas quelle forme va prendre cette recomposition finale entre « la droite dure, identitaire et En Marche » « mais il y aura des synergies à trouver » veut-il croire. « Cet espace va se recomposer complètement. On est encore sous l’effet de choc de l’élection d’Emmanuel Macron donc ça prendra du temps ».

Emmanuel Capus sénateur Indépendant: "Il y a un espace entre une droite autoritaire et En Marche'
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Valérie Létard : « lorsqu’Emmanuel Macron fait son discours sur l’Europe, moi je ne trouve rien à redire »

« La droite humaniste et le centre se retrouvent dans leur rejet d’une contestation systématique du gouvernement » abonde Valérie Létard, vice-président du Sénat et membre de l’UDI. « Le centre a son utilité en étant indépendant, bienveillant et force de proposition. C’est ce que nous avons fait au Sénat, cette semaine, lors de l’examen des crédits affectés au logement. Mais, par exemple, lorsqu’Emmanuel Macron fait son discours sur l’Europe, moi je ne trouve rien à redire ».

La nature et la politique ayant horreur du vide, le centre et la droite humaniste devront se chercher un leader pour pouvoir peser lors des prochaines échéances électorales. Une prochaine étape de cette recomposition, que Laurent Wauquiez essayera probablement de contrer par un appel au rassemblement autour de son parti, s’il est élu.

 

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