Un candidat de plus à l’élection suprême. « Je quitte LR parce que le parti n’a pas levé ses ambiguïtés, notamment vis-à-vis de la macronie », a expliqué mardi 31 mars sur France 2 le président de l’Association des maires de France (AMF). Il a indiqué avoir remis sa démission au président du parti, Bruno Retailleau, lors d’un entretien au Sénat. David Lisnard a notamment critiqué le maintien de ministres LR au sein du gouvernement de Sébastien Lecornu, malgré la suspension de la réforme des retraites. Confirmant sa candidature à la présidentielle, il a rejeté l’idée d’une candidature de témoignage et assuré porter « un projet puissant pour que la France soit respectée, indépendante et gagnante ». L’élu a également réitéré sa proposition d’organiser une primaire à droite, allant du centre-droit jusqu’à Sarah Knafo (Reconquête). « S’il n’y en a pas, cela voudra dire que certains suivent des aventures individuelles qui peuvent faire perdre la chance de rétablir l’ordre », a-t-il prévenu. Cette question constitue un point de désaccord majeur avec le parti dirigé par Bruno Retailleau, lui-même candidat déclaré depuis début février. Il y a une semaine, le maire de Cannes s’était insurgé contre les décisions du bureau politique de LR, qui a écarté l’option d’une primaire ouverte. Le parti doit soumettre le 11 avril à ses adhérents trois options : désigner directement Bruno Retailleau comme candidat, organiser une primaire réservée aux adhérents ou ouvrir plus largement cette consultation aux sympathisants.
« Réaction épidermique »
« Je ne suis pas d’accord avec ce qui est proposé », avait-il réagi devant la presse, déplorant que LR, dont il était vice-président, continue de se considérer comme capable d’imposer un candidat au second tour. La menace d’un départ de David Lisnard des Républicains n’est pas nouvelle. Ces dernières années, l’édile l’a évoquée à plusieurs reprises, notamment à l’automne, lorsque les députés du parti avaient refusé de censurer le gouvernement. Après les élections européennes, il avait déjà estimé que LR était « mort ». Au lendemain du bureau politique, il avait également dénoncé sur BFMTV « un vote biaisé » et « truqué » concernant la désignation du candidat à la présidentielle, tout en annonçant son départ prochain. Au sein des Républicains, certains relativisent toutefois la portée de cette décision. « Une réaction épidermique », estime un cadre du parti, qui souligne la proximité entre David Lisnard et Bruno Retailleau. Il rappelle notamment que le maire de Cannes avait soutenu ce dernier il y a un an dans la course à la présidence de LR, face à Laurent Wauquiez. Invité ce mercredi 1er avril sur Europe 1-Cnews, Bruno Retailleau a réagi aux choix de David Lisnard : « David, c’est un ami, donc je ne dirai pas de mal de lui. Simplement, sa décision, je ne la comprends pas. Je pense qu’il l’avait préparé depuis des semaines ou des mois. Il a créé sa boutique, je ne suis pas dupe ». Certains estiment que David Lisnard pourrait prendre ses distances tout en laissant la porte ouverte à une réconciliation. Enfin, cette décision s’inscrit dans un contexte local particulier. Dans les Alpes-Maritimes, David Lisnard bénéficie du soutien d’Éric Ciotti, ancien président de LR désormais allié au Rassemblement national. Celui-ci a salué son départ du « Titanic LR » et l’a invité à le rejoindre. « Si je devais être au RN, j’y serais. Or, je n’y suis pas », a rétorqué David Lisnard.
(Avec AFP)