C’est depuis la place du village de Mur-de-Barrez (Aveyron), en conclusion d’un débat « citoyen » organisé par le maire Renaissance Pierre Ignace, devant une centaine de participants, que l’ancien Premier ministre a franchi l’étape décisive vers la candidature, ce vendredi. « C’est parce que j’aime profondément la France, que j’aime profondément les Français […] que j’ai décidé d’être candidat à la présidence de la République », a-t-il déclaré. Après Edouard Philippe, Bruno Retailleau, Jean-Luc Mélenchon, Jérôme Guedj, David Lisnard, Gabriel Attal rejoint la liste des prétendants officiels à la présidence de la République.
« Faire renouer le pays avec la promesse de l’élévation »
Le secrétaire général de Renaissance dit avoir développé l’« ambition » de faire renouer le pays avec « la promesse de l’élévation », « individuelle » et « collective ». « Et puis je me suis forgé aussi une détermination à agir » pour « apaiser, élever, s’élever, grandir, conquérir, renouer avec un optimisme », a-t-il ajouté.
Déjà en campagne active depuis les municipales, avec la sortie d’un livre et une série de déplacements, dédicaces et réunions publiques, Gabriel Attal installe un peu plus la compétition interne dans le camp d’Emmanuel Macron. Le président d’Horizons, Édouard Philippe, qui s’est lui déclaré candidat à la présidentielle, dès septembre 2024 et toujours favori des enquêtes d’opinion. Une drôle de primaire qui pourrait déboucher sur un ralliement en faveur du mieux placé au début de l’année 2027, face au risque de l’accession à l’Elysée du Rassemblement national, en tête des sondages. Officiellement, les deux hommes assurent qu’ils se retireront si l’un apparaît nettement mieux placé à l’approche de 2027. Mais peu croient à un tel scénario.
Alors qu’Édouard Philippe tiendra un meeting le 5 juillet et ne devrait dévoiler son programme qu’à l’automne, les équipes de Gabriel Attal entendent « ouvrir un nouveau cycle », une campagne printanière puis estivale « permanente », avec de prochains déplacements et prises de position sur le fond. Avec la ferme intention de supplanter le maire du Havre, nettement moins pressé de se lancer dans une campagne tous azimuts. Un grand meeting Renaissance est programmé le 30 mai à Paris, Porte de Versailles.
Désunion dans le parti ?
Un meeting qui tombera le soir même de la finale de la Ligue des champions. Conscient du risque de voir la politique concurrencée par le football, Gabriel Attal a promis, dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, que le match serait diffusé après son discours.
La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a fait savoir qu’elle ne s’y rendrait pas. D’autres figures de la macronie hésitent aussi à y assister. « On verra la désunion dans le parti, on verra ceux qui ne seront pas là », a prévenu une figure du parti interrogé par l’AFP. Car si « plus de 90 % des membres du conseil national ont voté pour que ce soit Gabriel Attal notre candidat », comme l’a rappelé sur Public Sénat Franck Riester, Des fractures internes sont apparues dans le parti. « Je ne me retrouve pas complètement dans la ligne », a déclaré Élisabeth Borne le 6 mai sur France Inter, annonçant sa mise en retrait de Renaissance pour se consacrer à son mouvement, Bâtissons ensemble.
A un an du scrutin, pour lequel Emmanuel Macron ne peut pas concourir, Constitution oblige, celui que l’on présente comme le « clone » d’Emmanuel Macron, Gabriel Attal ambitionne donc de battre son record de plus jeune président élu : il aura 38 ans au moment de l’élection.