Le calme des vieilles troupes. La dernière enquête de l’institut Odoxa, réalisée pour Public Sénat en partenariat pour la presse quotidienne régionale, a de quoi inquiéter la gauche sociale-démocrate. Patrick Kanner, le président du groupe socialiste au Sénat, ne montre aucun signe de fébrilité en apparence. Le bond de quatre points de Jean-Luc Mélenchon dans cette enquête le place aux portes du second tour, un point derrière Edouard-Philippe Philippe (Horizons). C’est toujours moitié moins que Jordan Bardella, qui se situe à 32 %, mais le chef de file des Insoumis creuse l’écart avec son principal concurrent de gauche du moment, Raphaël Glucksmann, qui stagne à 11 %.
« Un bon score, mais il faut tenir dans la durée »
« C’est évident que c’est un bon score pour Jean-Luc Mélenchon à un an de l’élection, après il faut tenir dans la durée », prévient l’ancien ministre des Sports. « Je dis souvent qu’une élection présidentielle, c’est un marathon qui se termine par un 110 mètres haies. On est au tout début du marathon. »
Pour le sénateur, cette avance n’est pas surprenante. Jean-Luc Mélenchon est un candidat déclaré, « avec des militants qui diffusent sur les marchés ». Ce qui n’est pas le cas de Raphaël Glucksmann, qui se donne encore trois mois de réflexion. Et sans doute encore un été pour juger de la solidité de son éventuelle candidature. « Je sais ses compétences, ses qualités, son engagement, il est dans la solution […] Maintenant, il faut démontrer qu’il peut être la solution, en tout cas en tant que socialiste. Permettez-moi de penser que je serais bien triste s’il n’y avait pas un candidat socialiste présent à cette élection », ajoute Patrick Kanner.
« Ce mode de départage devient assez urgent »
Ce qui est certain aux yeux de ce parlementaire hollandais, c’est que Jean-Luc Mélenchon n’a pas les attributs du vote utile à gauche. « J’ai toujours considéré que c’était le vote inutile à gauche. Parce que M. Mélenchon, au second tour, on est sûr du résultat. C’est l’extrême droite qui arrive au pouvoir », explique-t-il. « Et donc la gauche de responsabilité, que j’ai l’honneur avec d’autres de représenter, se doit de choisir un candidat capable de montrer qu’à un second tour, nous puissions battre l’extrême droite. Pour l’instant, aucun sondage ne donne M. Mélenchon gagnant face à Mme Le Pen. »
Filant toujours la métaphore sportive, le parlementaire du Nord estime que François Hollande et Bernard Cazeneuve, deux autres candidats potentiels, disposent aussi d’atouts. Ce sont des « Européens convaincus, des réformistes », qui ont exercé le pouvoir qui plus est. À moins d’un an de l’élection, le parti à la rose n’a toujours pas arrêté sa stratégie sur le processus de sélection des candidats. « Nous débattons, nous discutons et nous aurons des instances nationales qui trancheront ce mode de départage qui maintenant devient assez urgent, je vous le concède », conclut Patrick Kanner.