Conformément aux nouveaux statuts du parti, ce sont les adhérents du parti Les Républicains qui vont voter ce week-end en faveur du mode désignation de leur candidat à l’élection présidentielle. Primaire fermée ? Ouverte ? Ou désignation directe de leur président, Bruno Retailleau ? Voilà les trois choix retenus par le groupe de travail piloté par le président du Sénat, Gérard Larcher, que les adhérents vont devoir trancher.
« Déjà, 80.000 c’est énorme, ça veut dire que dans l’année on sera probablement à 140 000 150 000 adhérents »
S’il y a de fortes chances pour que la dernière option l’emporte, une interrogation subsistait. A combien s’élève le nombre d’adhérents ? L’année dernière, pour la désignation du président du parti, Bruno Retailleau, largement élu avec 75 % des voix, les Républicains s’étaient enorgueillis de compter 120.000 adhérents.
Le corps électoral sera réduit ce week-end comme l’a expliqué le sénateur LR, Roger Karoutchi, au micro de Public Sénat. « Il a été décidé, contre mon avis, qu’on ne prendrait que les adhérents ayant renouvelé (leur adhésion) au 10 avril 2026, c’est-à-dire ceux qui auront réadhéré dans les trois premiers mois de l’année. On en aura aux alentours de 80.000. Déjà, 80.000 c’est énorme, ça veut dire que dans l’année on sera probablement à 140.000/150.000 adhérents » veut-il croire.
« C’est plus que n’importe quel parti politique actuellement »
Si 120.000 militants avaient participé à l’élection du président des LR, dans l’entourage de Bruno Retailleau, on décrit un recul du nombre d’adhérents en trompe-l’œil. « La dernière fois, c’était sur 16 mois d’adhésion et là, c’est 4 mois. Si on a 80.000 c’est un immense succès », soutient-on du côté de la présidence des LR.
Un autre proche du candidat met aussi en perspective ces chiffres. Il rappelle que « l’année qui a suivi l’élection d’Eric Ciotti, on était à 40.000. Donc c’est tout à fait normal. D’autant plus qu’on ne compte que les adhérents 2026. Donc pas ceux qui ont adhéré en 2025, comme on fait d’habitude. On a choisi ça pour inciter les gens à renouveler leurs adhésions. C’est une réussite, on ne s’attendait pas à ce chiffre. C’est plus que n’importe quel parti politique actuellement », soutient ce proche du président des LR, qui ajoute que le « pic, lors des primaires et des élections internes, sont toujours très importants ».
« Bien sûr, qu’on est moins fringants qu’au moment de l’élection de Bruno Retailleau, il y a des militants qui doutent »
« Une élection sur plusieurs candidats, les gens aiment bien. Une élection sur les concepts… S’il y avait un match avec Wauquiez ou Lisnard, il y aurait plus de monde », confirme un sénateur LR.
Mais le même décrit une réalité un peu moins rose, que celle que la direction du parti veut bien nous dire. « Il y a eu un engouement particulier l’année dernière, qui est peut-être retombé. Il faut voir la réalité en face », reconnaît ce sénateur. Il continue : « Bien sûr, qu’on est moins fringants qu’au moment de l’élection de Bruno Retailleau. Il y a des militants qui doutent, qui parlent d’union des droites et qui ne comprennent pas. Ceux qui entendent Copé jouer la carte Philippe et qui disent, « vous faites chier, vous n’avez pas changé », et claquent la porte. D’autres qui sont découragés ».
« Dans la rupture avec le macronisme un champion de droite, c’est bien »
Reste que les options proposées aux adhérents ne font toutefois pas l’unanimité chez les cadres. David Lisnard avait dénoncé « un vote truqué », il y a trois semaines, et avait claqué la porte du parti. Le patron des députés de droite, Laurent Wauquiez a indiqué lui, sur France Inter, qu’il votera blanc « car c’est un choix de dupes qui est proposé », a-t-il considéré.
« Je pense que Laurent, avec toute l’amitié et l’estime que j’ai pour lui, se dit que, comme Bruno a été élu avec 75 % des adhérents en sa faveur il y a 9, 10 mois, que de toute manière entre guillemets le match est plié », observe Roger Karoutchi. Le sénateur ajoute : « C’est bien qu’il y ait un vote des adhérents. Si c’est Bruno, Bruno entame sa campagne et puis nous verrons dans quelques mois où nous en sommes tous. Moi, je ne suis pas hostile à l’idée de dire il faut un seul candidat au bout du bout mais encore faut-il que Les Républicains aient un champion. Dans la rupture avec le macronisme un champion de droite, c’est bien », estime-t-il. Les militants peuvent voter samedi et dimanche. Les résultats sont attendus dimanche, en début de soirée.
(Avec François Vignal)