A quatre jours du second tour de l'élection présidentielle, le débat télévisé mercredi soir entre les deux finalistes monopolise l'attention. Les soutiens continuent d'affluer pour Emmanuel Macron, tandis que Marine Le Pen évolue sur certains points de son programme dont la retraite à 60 ans.
- L'heure du grand débat
Très attendu et inédit avec le FN, le face-à-face entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, à partir de 21H00 sur TF1 et France 2, s'annonce sous haute tension pendant plus de deux heures.
Le plateau sur lequel s'affronteront les deux candidats à la présidentielle lors du débat d'entre-deux tours à La Plaine-Saint-Denis, près de Paris, le 2 mai 2017
POOL/AFP
Le candidat d'En Marche! et sa rivale du Front national s'y sont préparés toute la journée, affûtant répliques et arguments, sur 12 thèmes pré-sélectionnés (impôts, pouvoir d'achat, sécurité, terrorisme, Europe, société, santé, école, questions internationales...). Dernier réglage d'image: des "plans de coupe", interdits lors des précédents débats de ce type, seront, finalement, possibles.
François Hollande, qui a pointé le caractère "très particulier" d'un "premier débat entre un candidat qui représente l'ensemble de la République et une candidate d'extrême droite", a déclaré attendre qu'il "montre que ce n'est pas seulement deux personnalités, deux projets mais deux conceptions de la France, de l'Europe et du monde".
- La retraite à 60 ans version Le Pen repoussée?
Marine Le Pen le 21 avril 2017 à Paris
AFP/Archives
La retraite à 60 ans avec 40 annuités de cotisations nécessitera "le retour à l'emploi" pour la rendre effective "probablement à la fin du quinquennat", a déclaré Marine Le Pen mardi soir. La candidate FN prévoyait jusqu'alors cette réforme presque immédiate.
"Sortie de l'€ (euro, ndlr), retraite à 60 ans... C'est la valse-hésitation au FN", a tweeté mercredi l'ancien Premier ministre Alain Juppé (LR), jugeant que la candidate "se renie" avec "cynisme".
- Hamon: Macron du bout des lèvres
"L'acte sera difficile, mais le choix évident": l'ex-candidat socialiste défait à la présidentielle Benoît Hamon a réaffirmé qu'il voterait pour Emmanuel Macron au second tour.
Benoît Hamon, votant lors du premier tour de la présidentielle, à Trappes près de Paris, le 23 avril 2017
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Il a appelé ses électeurs à faire de même, malgré la campagne "dangereusement maladroite" et "arrogante" du candidat En marche!.
- La France Insoumise pas dans le "ni-ni", ni dans le "sacre de Macron"
"Ce qui nous rassemble tous: pas une voix pour le Front national" et il ne faut pas dire que "notre position c'est le ni-ni car ça participe à aider Marine Le Pen", selon le porte-parole de Jean-Luc Mélenchon, Alexis Corbière.
A ses yeux, les adhérents de La France Insoumise, qui ont aux deux-tiers déclaré qu'ils voteraient blanc ou s'abstiendraient sur 243.000 votants, "n’ont pas envie de sacrer M. Macron", favori des sondages.
- Dupont-Aignan et les "idiots utiles du système"
Nicolas Dupont-Aignan, député-maire de Yerres (g) et Marine Le Pen, au QG du FN à Paris, le 29 avril 2017
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Nicolas Dupont-Aignan, député-maire de Yerres (Essonne), où plusieurs centaines de personnes ont défilé pour protester contre son alliance avec Marine Le Pen, persiste et signe dans son choix.
"Tous ces gauchistes qui viennent en bus protester devant ma mairie feraient mieux de protester contre M. Macron, qui va leur faire une loi Travail bis. Ce sont les idiots utiles du système", considère le président de Debout la France et ancien prétendant à l'Elysée.
- Des cinéastes, sportifs ou cégétistes contre le FN
Bertrand Tavernier, Cédric Klapisch et Jacques Audiard figurent parmi la centaine de cinéastes français à avoir signé une tribune contre le FN, synonyme de "censure" pour la culture.
Nicolas Dupont-Aignan, député-maire de Yerres (g) et Marine Le Pen, au QG du FN à Paris, le 29 avril 2017
AFP
Le footballeur Blaise Matuidi ou les champions olympiques Yannick Agnel, Lucie Decosse, Laura Flessel et David Douillet, ainsi qu'une soixantaine de sportifs, ont appelé à voter Macron "pour que le sport demeure un espace de liberté, d’égalité et de fraternité".
Quelque 42 personnalités, hauts fonctionnaires, chefs d'entreprise et hommes politiques ont appelé à "voter Emmanuel Macron pour battre le Front national et renforcer la social-démocratie". Et une trentaine d'élus, militants et secrétaires nationaux de la CGT ont appelé à glisser le même bulletin "au titre de l'antifascisme".
Pour sa part, le président de la Conférence des évêques de France, Mgr Georges Pontier, a estimé que "le rôle de l'Eglise est, plus que jamais, de ne pas prendre parti pour l'un ou l'autre candidat".
Présentée le 13 octobre à la presse, la proposition de loi déposée par le sénateur écologiste Guillaume Gontard vise à renforcer l’encadrement de la production, de la traçabilité et de la distribution des produits à base de cannabidiol (CBD).
Alors que la présidente de la Commission a annoncé vouloir faire du Canada le premier « membre associé » de l’UE, les 27 s’interrogent : faut-il créer un nouveau statut ? Cette piste est aussi explorée dans le cas de la Grande-Bretagne qui exprime ses regrets et son envie de se rapprocher de l’Union, dix ans après le référendum sur le Brexit. Alors faut-il que l’Europe s’ouvre et jusqu’où ? On en débat dans Ici l’Europe avec les eurodéputés Nicolas Bay (France, ECR) et Javier Moreno Sanchez (Espagne, S&D).
Les parlementaires du RN et de l’UDR ont saisi le Conseil constitutionnel pour demander la « démission d'office » de son président, Richard Ferrand. Celui-ci a estimé publiquement que la révision de la Constitution proposée par Marine Le Pen n’était pas faisable. Interrogés par Public Sénat, plusieurs constitutionnalistes considèrent qu’il a pris parti sur une question de droit toujours en suspens depuis plus de soixante ans. D’autres, comme Dominique Rousseau et Benjamin Morel, dénoncent une tentative de déstabilisation de la part de l’extrême droite, contre une institution susceptible de jouer les garde-fous face à l’application du programme du RN.
Comme d’autres avant lui, Jean-Luc Mélenchon veut ouvrir les urnes aux lycéens, alors que les mobilisations de la jeunesse se multiplient. Raphaël Glucksmann et Marine Tondelier défendent aussi la mesure. Pourtant, malgré des retours réguliers dans le débat présidentiel, le vote à 16 ans reste lettre morte. Plusieurs universitaires analysent les résistances à cette réforme et ses effets possibles sur la participation politique.