Passées au second plan durant le débat des principaux postulants à l'Elysée, qui a attiré plus de 10 millions de téléspectateurs, les affaires...
Présidentielle: après le débat de fond, les affaires refont surface
Passées au second plan durant le débat des principaux postulants à l'Elysée, qui a attiré plus de 10 millions de téléspectateurs, les affaires...
Par Véronique MARTINACHE
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Passées au second plan durant le débat des principaux postulants à l'Elysée, qui a attiré plus de 10 millions de téléspectateurs, les affaires ont refait surface mardi à droite et à gauche, entraînant notamment la démission du ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux.
A 33 jours du premier tour, le candidat de la droite François Fillon, qui a encore ciblé Emmanuel Macron, a lancé dans la soirée en meeting à Courbevoie (Hauts-de-Seine): "Jour après jour, j'ai résisté aux attaques et, depuis hier (lundi) soir, nous voilà enfin dans la vraie confrontation des projets, il est temps!"
L'enquête sur de possibles emplois fictifs de collaborateurs parlementaires familiaux concernant François Fillon a cependant été étendue à des soupçons de d'"escroquerie aggravée, faux et usage de faux", selon une source judiciaire. D'après Le Monde, la justice se demande si "les époux Fillon ont pu produire des faux pour justifier les salaires" versés à l'épouse du candidat, Penelope.
François Fillon à Courbevoie, près de Paris, le 21 mars 2017
AFP
Le Canard Enchaîné a assuré qu'il avait mis en relation en 2015 un des clients de sa société 2F Conseil avec le président russe Vladimir Poutine et le PDG de Total. "Insinuations" "dénuées de tout fondement" selon l'entourage du candidat.
Patrick Devedjian, président LR du conseil départemental des Hauts-de-Seine, a jugé avant le meeting de mardi que "rien ne lui sera épargné, et cela n'est pas fini".
A gauche, moins de 24 heures après la révélation sur des CDD pour ses filles adolescentes à l'Assemblée, le ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux a démissionné, aussitôt remplacé par Matthias Fekl, soutien de Benoît Hamon et membre de la jeune garde PS. La pression était devenue trop forte, notamment après l'ouverture mardi d'une enquête préliminaire par le parquet national financier.
Bruno Le Roux à Bobigny, près de Paris, le 21 mars 2017
AFP
Selon "Quotidien", émission de TMC qui a dévoilé l'information, l'ex-ministre de l'Intérieur, à l'époque député de Seine-Saint-Denis, a employé ses deux filles, alors lycéennes puis étudiantes, cumulant respectivement 14 et 10 CDD entre 2009 et 2016, pour un montant total d'environ 55.000 euros.
"Ces contrats ponctuels et officiels, conformes aux règles juridiques des services de l'Assemblée nationale, correspondaient tous bien sûr à des travaux effectivement réalisés", a assuré M. Le Roux dans sa déclaration lue depuis Bobigny, affirmant son "honnêteté dans les rapports humains comme dans tous (s)es actes politiques".
Sa démission a été saluée par diverses sensibilités à gauche et affichée comme contrepoint à la situation à droite.
"Elle met en lumière la folie de la candidature Fillon au coeur de soupçons bien plus lourds", a tweeté l'écologiste Cécile Duflot. "C'est aussi un cruel camouflet à François Fillon et Marine Le Pen, qui mettaient en avant une espèce de théorie du complot pour leurs propres affaires", selon Christophe Castaner, député PS et porte-parole d'En Marche!
- Macron ciblé -
Sans surprise, les soutiens des candidats se sont félicités mardi des performances de leur champion respectif lors du long débat animé par les questions de laïcité, sécurité, immigation ou défense.
Emmanuel Macron lors du premier débat avant la présidentielle à Aubervilliers, près de Paris, le 20 mars 2017
POOL/AFP
"Il y avait un seul candidat qui avait la stature pour devenir président de la République", a vanté le filloniste Bruno Retailleau, moquant "une Marine Le Pen dans le +y a qu’a, faut qu’on+" et "un Emmanuel Macron un peu insaisissable", "impeccable, jeune, fringant, attrayant", mais qui "sonnait creux".
Le candidat d'En Marche a été la cible de choix durant les échanges, alors qu'avec Marine Le Pen il fait la course en tête dans les sondages, distançant François Fillon et plus encore Benoît Hamon, talonné par Jean-Luc Mélenchon.
Le porte-parole de Benoît Hamon, Jérôme Guedj, a raillé encore mardi "le balancement circonspect" d'Emmanuel Macron, "où il dit tout et un peu son contraire".
L'ex-ministre de l'Economie a néanmoins reçu le soutien de la secrétaire d'Etat à la Biodiversité, l'écologiste Barbara Pompili, premier ralliement officiel au sein du gouvernement. Bernard Poignant, très proche conseiller de François Hollande, l'a aussi rejoint.
Seul le décès d'Henri Emmanuelli, "ours mal léché" mais "hérault des valeurs socialistes", a rassemblé toutes les tendances dans l'hommage, de l'aile gauche aux macronistes.
Sommée de quitter le gouvernement d'ici la fin de la semaine, Rachida Dati accélère sa campagne parisienne. Elle a dévoilé mardi 10 février un programme de rupture pour la capitale, marqué notamment par des mesures sur la propreté, la sécurité et la réduction de la dette de la ville. Derrière le socialiste Emmanuel Grégoire dans les sondages, elle exhorte Pierre-Yves Bournazel, candidat de centre-droit, à l'unité pour mettre fin à l'hégémonie de la gauche dans la capitale.
Emmanuel Macron s’apprête à nommer la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin à la tête de la Cour des comptes. Un choix contesté par les élus de la chambre haute. Si les qualités de la quarantenaire ne sont pas remises en cause, les élus pointent le risque de conflit d’intérêts alors que la Cour des comptes présentera dans les mois à venir un rapport sur l’exécution du budget qu’Amélie de Montchalin a défendu.
La nouvelle étude du Cevipof qui sonde annuellement les Français sur leur rapport à la politique vient d'être publiée. Le constat est sans appel : la défiance envers la politique et les institutions représentatives n'a jamais été aussi grande.
L’extension de la liste des délits constatés par les policiers municipaux et les gardes champêtres s’apprête à être votée ce mardi 10 février au Sénat. Au cœur de ce texte, la possibilité pour les agents de verbaliser un certain nombre de délits pris sur le fait. Le Sénat a étendu le nombre d’infractions de neuf à une quinzaine, telles que l’occupation illicite de halls d’immeuble ou le port d’armes blanches. Le ministre de l’Intérieur, qui se félicite de débats « très constructifs », espère cependant que certains amendements votés par le Sénat, n'engendrent pas une censure du Conseil constitutionnel.