Présidentielle : Arnaud Montebourg jette l’éponge
L’ancien ministre de l’Economie annonce le retrait de sa candidature à la présidentielle, quatre mois après s’être lancé. Dans un paysage où la gauche croule sous les candidats, le défenseur du « Made in France » n’a pas réussi à percer. Il ne se rallie à aucun autre candidat.

Présidentielle : Arnaud Montebourg jette l’éponge

L’ancien ministre de l’Economie annonce le retrait de sa candidature à la présidentielle, quatre mois après s’être lancé. Dans un paysage où la gauche croule sous les candidats, le défenseur du « Made in France » n’a pas réussi à percer. Il ne se rallie à aucun autre candidat.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Sa candidature n’aura pas pris. Arnaud Montebourg annonce dans une vidéo son retrait de la course pour la présidentielle. C’était une question de jour. Lundi, un proche du candidat confiait à publicsenat.fr que l’ancien ministre de l’Economie allait tourner une vidéo et s’exprimer dans la journée. Son entourage a finalement démenti. « On reste maître de notre agenda », disait l’équipe du candidat. Il fallait juste attendre un peu. C’est maintenant bel et bien une réalité. Arnaud Montebourg jette l’éponge.

« Je crois inutile et désespérant d’ajouter du désordre et de la confusion à un trop grand nombre de candidatures »

« Je n’ai pas réussi à unir dans un programme commun ma candidature avec d’autres candidatures », constate Arnaud Montebourg, qui « en homme libre », a « pris la décision de (se) retirer de la course présidentielle ». « Je crois inutile et désespérant d’ajouter du désordre et de la confusion à un trop grand nombre de candidatures », affirme-t-il dans cette vidéo tournée à Bibracte, à la limite de la Saône-et-Loire et de la Nièvre, sa terre natale.

Montebourg ne soutient « aucun candidat » car les « perspectives tracées pour le pays ne sont pas partagées ».

Arnaud Montebourg a décidé de « ne soutenir aucun candidat », car les « perspectives » qu’il a voulu « tracer pour le pays ne sont pas partagées ». L’ex-candidat évoque « le soutien économique et social placé au premier plan », « la hausse des salaires », « la politique du made in France XXL », « la sortie du pétrole en s’appuyant sur le nucléaire pour faire face à la crise énergétique », « le rétablissement d’une part raisonnable de souveraineté nationale face aux intrusions de l’Union européenne », la laïcité ou encore « le retour à la terre pour aider les Français à quitter les métropoles ».

On évoquait un rapprochement avec Christiane Taubira, qui était à la tête de son comité de soutien pour la primaire PS en 2011. D’autres soulignaient les points de rapprochement, sur le fond, avec Fabien Roussel, le candidat communiste, qui semble avoir la cote chez une part des soutiens d’Arnaud Montebourg. Finalement, le désormais ex-candidat ne se rallie à aucune écurie.

Arnaud Montebourg n’a pas réussi à transformer l’essai

En décembre, le chantre du « made in France » avait déjà préparé le terrain en esquissant la possibilité d’un retrait. Il était alors prêt à « offrir sa candidature à un projet commun et à un candidat commun ». Tentative d’union qui, on le sait, a fait pschitt. Sa mise en scène, où on le voit appeler les autres candidats en toute « amitié », n’y a rien fait.

Celui qui avait déjà par deux fois été candidat à la primaire socialiste, en 2011 et 2017, s’était cette fois lancé en dehors du parti à la rose, il y a quatre mois, à Clamecy, dans la Nièvre. Mais Arnaud Montebourg n’a pas réussi à transformer l’essai, alors que ses soutiens espéraient le voir « réconcilier classes populaires et classes moyennes ». Autrement dit, parler à cet électorat qui s’est détourné de la gauche en général et du PS en particulier.

Faibles sondages

Au milieu d’une offre politique pléthorique à gauche, les sondages n’ont pas décollé comme espéré. Cet ancien animateur de l’aile gauche du Parti socialiste, au sein du courant du NPS, était aujourd’hui crédité de 1 % des intentions de vote. Des tensions internes, lors de ses propos polémiques sur le blocage des transferts d’argent en direction du Maghreb, et plus concrètement la difficulté à obtenir les 500 signatures de maires, ont compliqué un peu plus encore les choses, déjà mal engagées.

Son retrait de la course aura au moins, pour la gauche, le mérite de clarifier – un peu – un paysage où les candidats se bousculent. Mais après la déclaration de Christiane Taubira, les électeurs ont toujours l’embarras du choix à gauche. Surtout l’embarras, au regard de la division.

Partager cet article

Dans la même thématique

Philippe TABAROT visite du technicentre SNCF
6min

Politique

Sénatoriales : candidat dans les Bouches-du-Rhône, Renaud Muselier entend faire une liste commune avec LR

Le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, parti chez Renaissance en 2022, a annoncé par surprise sa candidature aux sénatoriales de septembre prochain, entendant jouer un rôle au plan national, pour la présidentielle. Il veut mener une liste d’union avec la droite. Du côté de la sénatrice LR sortante, Valérie Boyer, on confirme que les discussions sont engagées.

Le

Hungary US Vance
7min

Politique

Elections en Hongrie : « Orban est comblement bousculé dans cette campagne »

Dimanche, les élections législatives en Hongrie s’annoncent à haut risque pour Viktor Orban. Le Premier ministre nationaliste, proche du Kremlin, est distancé dans les sondages par son principal opposant, Péter Magyar. L’eurodéputé a choisi de mener une campagne de terrain sur des thèmes de politique intérieure, en mettant en exergue les dérives du régime en place depuis 16 ans.

Le

illustration: petite Mairie et son drapeau francais.
3min

Politique

Une tribune signée Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christine Taubira appelle les femmes à « prendre le pouvoir » dans les intercommunalités

Avec seulement 12 % de femmes à la tête d’une intercommunalité, ces dernières restent exclues de ces postes clefs, en dépit de la parité. Une tribune, signée par Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christiane Taubira, dénonce la situation et appelle à changer la donne.

Le

L’Assemblée nationale valide la suspension de la réforme des retraites
4min

Politique

Travail le 1er mai : après son rejet à l’Assemblée, le texte file en commission mixte paritaire où députés et sénateurs devront s’accorder

Les députes macronistes ont fait rejeter vendredi à l’Assemblée une proposition de loi sénatoriale qu’ils soutenaient visant à autoriser les salariés des boulangeries et fleuristes à travailler le 1er mai. Une manière de s’éviter des débats tendus face à une gauche vent debout contre la mesure. Les députés de la majorité espèrent s’accorder avec les sénateurs en commission mixte paritaire dans les prochains jours.

Le