MUNCIPALES 2026 Edouard Philippe holds final campaign rally ahead of 2026 municipal elections in Le Havre
Crédit : Charles Bury/SIPA

Présidentielle : Edouard Philippe met en place son organigramme pour « élargir au maximum le socle » et dépasser Horizons

Le candidat à la présidentielle réunit les cadres d’Horizons, ce dimanche, à Reims, pour montrer qu’il est prêt, avec la mise en « place d’une architecture de campagne ». Mais il s’agit aussi de « passer à une autre phase » et « ne plus être simplement le candidat Horizons et le président d’Horizons », décrypte un proche, pour mieux s’adresser à l’ensemble des Français, dans la perspective de 2027, mais aussi accueillir de futurs soutiens…
François Vignal

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Edouard Philippe monte d’un cran. Alors que les autres candidats accélèrent, l’ex-premier ministre semblait presser d’attendre, du moins de ne pas se précipiter. Mais ce week-end, il va monter en intensité. Le d’ores et déjà candidat à l’élection présidentielle, depuis le 3 septembre 2024, réunit tous les cadres et élus de son mouvement, Horizons, ce dimanche 10 mai, à Reims. S’il faudra attendre le 5 juillet pour un grand meeting, à Paris, qui pourrait se faire à l’Adidas Arena, cette journée de réunion, ouverte en partie à la presse, va être l’occasion de montrer qu’il est prêt.

Christophe Béchu, Gilles Boyer et Marie Guévenoux à la tête de la campagne

L’organigramme, du moins une partie, va être dévoilé. « C’est la nécessité de s’adresser à ceux qui le soutiennent depuis le début, qui ont adhéré à la démarche havraise. C’est une réunion partisane d’un président de parti, qui a envie d’expliquer pourquoi il est candidat, en mettant en place une architecture de campagne », explique un cadre d’Horizons.

Comme l’a révélé RTL, c’est le maire d’Angers, Christophe Béchu, qui va coordonner la campagne. Il sera accompagné du fidèle Gilles Boyer et, surprise, de Marie Guévenoux. L’ancienne ministre des Outre-mer et ex-députée est conseillère du ministre de la Justice, Gérald Darmanin, et accessoirement toujours membres du bureau exécutif de Renaissance… « Il y a un directeur de campagne principal, Christophe Béchu, et deux adjoints. Gilles Boyer, c’est l’organisateur et il a une bonne expérience. C’est l’homme de confiance de Philippe. Marie Guévenoux a une bonne compétence en matière de recherche de financements, de gestion financière. Car elle a été trésorière de Renaissance, elle s’est occupée du financement de la campagne d’Alain Juppé pendant la primaire. Elle sera sur ces questions », décrypte un lieutenant d’Edouard Philippe. « Après, la direction de campagne, d’un point de vue d’animation politique revient à Béchu. D’autant plus qu’il est chargé de discuter beaucoup au nom de Philippe avec d’autres forces politiques et les autres chapeaux à plumes dans le bloc central ou à droite », ajoute-t-on.

La présidence de l’Assemblée des maires va à l’occasion échoir à Arnaud Robinet, maire de Reims. Il sera nommé à l’occasion de la réunion. La défaite à Nice de Christian Estrosi, qui occupait la fonction, imposait un changement.

« François Mitterrand avait quitté le poste de premier secrétaire du PS quand il a été candidat »

Plus de quatre ans après la création d’Horizons, le 9 octobre 2021, au Havre, par Edouard Philippe, l’opération arrive aujourd’hui à ses fins, un peu dans tous les sens du terme. Car le parti a été conçu dans l’optique de devenir la future machine électorale, ou du moins le port d’attache du Havrais. Mais à un an de la présidentielle, Edouard Philippe compte maintenant, non pas enterrer Horizons, mais la dépasser. De là à dire qu’il cherche un nouvel Horizons…

Horizons devient un cadre nécessaire, mais pas suffisant en somme. « L’expérience nous a appris que pour pouvoir être candidat à la présidentielle, il faut une organisation politique assez forte, notamment un parti. Attal a Renaissance, Retailleau a coiffé tout le monde avec LR, et Philippe pareil : il crée un parti politique pour être candidat », explique un soutien historique.

Mais depuis le Palais des Congrès de Reims, Edouard Philippe réunit ses amis pour leur dire qu’il ne leur appartient plus tout à fait, bientôt. Il est temps aujourd’hui de lancer le second étage de la fusée. « Il faut peut-être passer à une autre phase, ne plus être simplement le candidat Horizons et le président d’Horizons, mais être un candidat qui a vocation à rassembler davantage que son propre camp. Ensuite, la réunion de juillet sera plus dans l’œcuménisme. Ce sera la réunion d’un candidat à la présidence de la République », décrypte un cadre d’Horizons. Il faut donc dépasser Horizons. « Le seul parti Horizons n’est pas suffisant », malgré les « 45.000 adhérents » revendiqués, plus de « 1.300 maires », 35 députés et une quinzaine de sénateurs Horizons, dont 13 au groupe Les Indépendants. « Il faut être soutenu par une force de base, mais élargir au maximum le socle, le plus largement possible et aller vers l’autre », explique un lieutenant, qui rappelle que « François Mitterrand avait quitté le poste de premier secrétaire du PS quand il a été candidat, pareil avec Marine Le Pen et la présidence du RN, ou Jacques Chirac et la présidence du RPR ».

« A terme, Edouard Philippe a vocation à se dégager d’Horizons »

Un autre soutien ne disait pas autre chose, fin avril. « A terme, Edouard Philippe a vocation à se dégager d’Horizons. Ce sera un support principal pour la campagne, mais d’autres gens vont s’agréger », expliquait ce fidèle à publicsenat.fr. « Edouard Philippe a bien conscience qu’il va falloir dépasser Horizons pour gagner », nous confirmait la sénatrice havraise Agnès Canayer, qui lui est proche. Au point de créer une nouvelle entité ? « C’est possible qu’il réfléchisse à ça », confie un parlementaire Horizons, « l’idée, c’est de pouvoir soutenir Edouard Philippe, sans adhérer à Horizons ». Jean-Pierre Chevènement, candidat en 2002 avec le MRC (Mouvement républicain et citoyen), avait ainsi créé le Pôle républicain. En 2012, Marine Le Pen avait lancé le Rassemblement bleu marine, pour dépasser le RN.

Un autre député Horizons voit plutôt la création d’une nouvelle entité dans un second temps. « Pas dans l’immédiat, ce n’est pas à l’ordre du jour tout de suite. Si on a le bonheur de gagner, après la présidentielle, il y aura une réflexion à mener pour élargir encore plus. Et peut-être à travers une structure élargie. Il serait bon d’avoir une formation politique de la droite et du centre, élargie », insiste ce député. E que s’apelerio l’UMP ? « Nous sommes quelques-uns, à Horizons, et pas seulement, à penser que c’est peut-être la meilleure des choses à faire, après la présidentielle, et en vue des législatives. Car le président élu va dissoudre l’Assemblée. Si c’est Philippe, il faudra une offre politique de centre droit. Et peut-être qu’après la présidentielle, il faudra passer en mode créatif, avec la création d’une organisation dédié », imagine ce parlementaire.

« Darmanin ne donne pas de chèque en blanc »

On n’y est pas encore et d’ici là, Edouard Philippe espère engranger d’autres ralliements. Elisabeth Borne qui s’émancipe de Renaissance et crée Bâtissons ensemble ? Pas sûr. « Vue la composition de l’équipe, la difficulté, c’est « est-ce qu’ils seront avec nous ou pas ? » Il y a un monde où ils sont plutôt derrière Glucksmann ou Hollande », imagine un soutien, mais « c’est peut-être une clarification bienvenue ».

Gérald Darmanin alors ? Le ralliement de Marie Guévenoux préfigure-t-il celui du ministre de la Justice ? L’ancien maire de Tourcoing, qui avait créé le mouvement Populaires, a souvent été cité parmi les présidentiables de son camp. Mais « il ne donne pas de chèque en blanc. Il faudra prendre en compte sa personnalité et ses idées », souligne un député Horizons, avec « la nécessité de tinter un peu les propositions de social », alors que Gérald Darmanin a depuis plusieurs mois mis une pincée de social dans son image de droite. De quoi justement s’adresser à plus de monde. « Il faut aussi parler à la France qui rencontre des difficultés », souligne-t-on. Elargir donc.

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